Jenny Lee & The Hoodoomen de retour en ville !

Jenny Lee & The Hoodoomen – Pretty Gritty City – autoproduit
Tout le monde ou presque ramène des photos de ses voyages… Certains, dont je fais partie, ramènent très souvent également une bande son, le genre bande originale de voyage (BOV). Des mélodies, des lyrics qui collent parfaitement à l’ambiance d’un souvenir, d’une sensation ou d’une vision poétique inspirée par un lieu, une ville. C’est bien une raison suffisante pour vous parler du Jenny Lee & the Hoodoomen : Pretty Gritty City !

La bande des Hoodoomen, 3e époque, nous ferait presque oublier que nous sommes en 2012 tant leur interprétation et le choix des titres, compositions originales ou reprises, sont profondément ancrées dans les années 40’s et 50’s.
Frottez juste ce Cd à la manière d’une lampe d’Aladin trouvée au marché aux Puces de Williamsburg à Brooklyn et vous voilà transporté ailleurs avec tant de ressemblances troublantes aux souvenirs d’un voyage dans le temps… tiens… le mien, for exemple : un dimanche à remonter Lenox Avenue du côté de la 125e rue jusqu’au symbole du district, l’Apollo Theater. Un lieu chargé d’histoire a la peau dure qui résiste à toutes tentatives de démolition. D’ailleurs ici, c’est toute la 125e qui est entrée en résistance… Pretty Gritty City résonne comme un feed back d’une époque aujourd’hui révolue ou la musique dite « noire » en véritable institution animait tous les codes et les rites associatifs des grandes villes du pays. (Bon, j’espère avoir été assez précis dans mon évocation…)
Quelque soit notre âge, notre origine, il faudra peut-être un jour nous interroger sur ce qui nous pousse vers le passé quand il s’agit de Blues… Une mythologie, une culture idéalisée ?… Que représentent ces années-là dans notre imaginaire ? Une magie, une joie de vivre, une innocence, la découverte de nouveaux possibles… Moi, je dis : miroir aux alouettes… forcément (on meurt toujours dans le caniveau du côté du Lenox Lounge, la pauvreté, l’exploitation sont malheureusement toujours au menu).

Jenny Lee, le sourire dans la voix, s’ajoute désormais au trio des frenchies. Jenny apporte une légitimité, une certaine légèreté dans son interprétation que les tentatives Ol’Blues livrés ici représentent enfin l’idée dont on se fait de la musique jouée par les Hoodoomen.
Pascal Fouquet qui attend patiemment son heure, vous emballe en quelques riffs bien sentis, les coulés profonds sur le titre de Buddy Johnson et les assonances parfaites mettent du piment dans la sauce chili du Hot dog… Miam : « Baby, Your Always On My Mind »
Eric Lebeau, Francis Marie, respectivement basse et batterie (précision pour les novices : Les Hoodoomen ne sont pas des touristes) sont toujours bien installés au fond du groove, ça traîne des pieds façon Big Easy ; moi ça me va. Jusqu’à La Rumba assumée, re-miam-miam sur Mozelle d’André Williams.

Enfin, il faut saluer Romain Cahu au pupitre du studio « La Souleuvre » dont la science du son restitue l’ambiance vintage d’un blues millésimé, avec cuivres, harmo (Thomas Troussier toujours au service du feeling), voix à la cool et tutti quanti… cela ne manque pas de piqué, bravo.

C’était mieux avant ? On pourra toujours vous dire que c’est l’idée recherchée ! Oui, pour nourrir l’addiction de notre fantasme collectif, le blues de Pretty Gritty City ne décevra pas les pôv’ junkies que nous sommes. Nous avons bien entre les mains et entre les oreilles notre dose de pur 50’s. Cette délicate friandise un peu trop sucrée fera le bonheur (le fix) de tous… Ce sera ici, mon seul grief…

www.jennyleehoodoomen.com

Jérôme Travers

 

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