Jam Abracadabar

Putain ! Ce passerait-il quelque chose sur Paname ? Dans le “A nous Paris” de septembre il y a une sublime interview de Nile Rodgers, l’annonce au festival “Jazz à la Villette” d’un hommage à Gill Scott-Heron par le New Midnight Band mené par le rappeur M1 et surtout Brian Jackson flutiste et clavier de ce divin clochard céleste au Cabaret sauvage avec en deuxième partie Grégory Porter. Sinon le concert de Vincent Pérani ?
Bullshit et boules totales de ne pas pouvoir y être allé…Ce mec est un génie… complètement hanté par ce qu’il sort de son accordéon. Sinon donc ce soir je file à la jam au Abracadabar. Je flippe de voir du métro aérien entre Stalingrad et Jaurès qu’un des plus beaux graffs de Paris a disparu. Un portrait de Olric sur un squatt en pleine démolition. Mais la vie est une entreprise de démolition et pour les meilleurs comme Daniel Darc ou Gill Scott-Heron pas besoin de palissades. Ça déborde sur le trottoir et des tripes.
Bon là, je suis à Jaurès. Envie d’une bière. Envie d’un kébab. Et dire que le meilleur de la ville est en bas de chez moi… rue des Batignolles. Putes, flics, livreurs, tax drivers et bobos font la queue pire qu’une armée de bombasses et leurs minets devant un magasin de marques en période de soldes avant l’ouverture.
Un signe !
Pour revenir à la jam de ce soir le Boney je le connais depuis longtemps. Ce mec a un côté Rabelaisien, déborde de partout lui aussi… de swing, de mauvaise foi et de gentillesse. Enrico ? Lui je l’ai déja vu faire rouler ses fûts… un grand cru !
Quand à Jerry ? C’est l’âge ou quoi… pas de souvenirs alors qu’il joue dans Bones Project depuis pas mal d’années.
Enfin j’attends d’y être.. . ça me reviendra surement.
Le métro est bourré et pas que… dans les wagons. Gnôle, clodos, psychos… encore une ligne de pauvres. Les lascars se parlent comme s’ils allaient se sauter à la gorge. D’autres s’embrassent aussi comme ça !
L’Abracadabar se situe au Crossroad de l’avenue Jean Jaurès et de la rue de Crimée. Une pharmacie affiche herboristerie… vu ce qui s’y fume devant, le patron a le sens de l’humour.
J’entre. Super salle mais avec un pilier, éclairage minimum mais bon feeling. Au bar Sabrina à la première conso te fait une marque au feutre sur la main comme ça les autres godets ne seront pas majorés. Sur scène c’est Funky Blues à fond… Give me the night ! Ça y est, je me remets Jerry, le clavier… Et il y a cette bassiste à la beauté étrange et mélancolique qui assure le rythme et le spectacle avec ses tatouages, sa coupe à la Louise Brooks, sa mini en cuir et ses talons hauts. Ça y est je suis amoureux !
Le pied ! Les musiciens se pointent avec leurs étuis et le public aussi. Danny des Mudcats se pointerait peut-être. C’est dingue cette fille a des paluches de karatékas et sa basse s’en prend pleins les dents. Venu en pousser une Eric Camilliari fout le feu à “Got my mojo working” et sur un Blues lent à chialer. Et puis se pointe Ron Smith, un gamin qui s’installe à la batterie, un guitariste que l’on verrait plutôt jouer chez les Météors et un sax rablé, tatoué et bandanané qui dés les premières notes arrache tout. Boney ne le quitte pas des yeux et ça dégénère en une baston de cuivres sévère.
A NEW CAT IS IN THIS TOWN !
Son nom… Pasquale Aprice. Il vient d’Italie et n’est en France que depuis 5 jours. Il ne parle pas un mot de français mais dés qu’il joue tout le monde comprend.
Dans la salle circule un tambourin que tout le monde se passe en se prenant pour Janis Joplin.
Puis sur un “Twist and Shout” couplé à “La Bamba” la jam s’arrête mais bien sur on peut rester s’en vider quelques uns en parlant avec Didier…. le patron je crois.
Super soirée !
Ouais peut-être qu’à Paname il se repasse quelque chose.
That’s all Folks!
Paco

 

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