Interview de Damien Lopez

Si vous ne le connaissez pas encore, Damien Lopez est l’étoile montante de la guitare en France. Il a eu la gentillesse de m’envoyer la vidéo d’un de ses concerts… Vu la qualité du set, j’ai eu envie dans savoir un peu plus … une rafalle de questions s’imposée !

Docteur blues : Pour se débarrasser des questions au sujet de ta jeunesse, je sais que tu lis le magazine Crossroad qui est consacré au Rock Old-School… Les lecteurs habituels sont des quadras voire des quincas bien mûrs mais dynamiques ! Alors qui est ton public… et comment appréhendes-tu ces décallages de générations ?
Damien Lopez : j’espère que mon public ne se limitera pas à une question d’âge. Au début quand je jammais avec d’autres musiciens peu de jeunes se trouvaient dans le public. Maintenant j’en trouve beaucoup plus. Je me sens très à l’aise avec tout le monde. Quand le dialogue se produit à travers la musique c’est extraordinaire car les différences entre les générations s’évaporent.

Te rappelles-tu, quand tu as entendu le son de la Strat de Stevie Ray Vaughan pour la première fois ?
Oh oui, cela faisait quelques mois que je m’exerçais à la guitare électrique sur des morceaux de Dire Strait et Clapton après quelques années de musique classique et brésilienne. Mon père qui est toujours à mes cotés et qui est en outre un grand passionné de jazz et de blues m’a fait découvrir Stevie avec une revue Guitar Collector consacrée à Stevie et ses disques. J’ai pris une claque et je me suis mis à travailler ses morceaux.

Le Jazz c’est nouveau ? C’était programmé ? c’est une nouvelle direction ou un passage ?
Non, le jazz c’est pas nouveau. Tout en préparant mon Bac, je me suis inscris au conservatoire de jazz pour approfondir mes connaissances musicales et enrichir mes improvisations. Le jazz et le blues ont toujours résonné dans la maison depuis que je suis né. Je pense que la partie du jazz que j’aime est une continuité du blues. Le live au Jam n’est que le résultat d’une invitation du contrebassiste Jean-Pierre Barreda qui faisait parti du Jury lors de mon concours au conservatoire. J’aime trop la note bleue et mon bonheur est dans le blues.

Le choc des USA… Comment ça c’est passé pour toi là-bas ? les musiciens, le public, les contrats ?
Le choc c’est de les avoir rencontrés en chair et en os “comme en dit”. J’avais passé tellement d’heures à travailler Stevie en m’accompagnant de leurs disques et d’un seul coup je jouais avec eux. Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pensé à un accueil aussi chaleureux et humain. Tommy Shannon est un homme d’une bonté et d’une générosité incroyable. J’ai pu jouer avec tous les grands musiciens d’Austin au “Antones” et “Joe Generic”. Tommy m’a donné beaucoup de conseils. J’ai été accepté avec tous les égards dans le cercle des musiciens. Je n’ai jamais joué là-bas un seul morceau de Stevie. Beverly Howell qui travaille avec Double Trouble et qui a aidé Luther Allison pendant les derniers mois de sa vie a décidé de devenir ma manager au USA avec ce conseil : “Ne porte jamais de bottes ni de chapeau sinon tu ne fais plus partie de la famille”. Quand au public il est très accueillant et très chaleureux. J’ai découvert là-bas un chanteur de blues Malford Mulligan, extraordinaire, mais malheureusement, il a de graves problèmes de santé.

Je pense qu’on se dirige vers un blues plus dur dans les mois à venir, toi, tu prépares ton premier CD… sans trahir le secret, va-t-on retrouver un Damien Bluesrocker ?
Je ne crois pas que je vais me diriger vers un blues plus dur. Du blues rock sûrement mais plutôt teinté de jazz. J’ai vécu une expérience extraordinaire il y a deux ans j’allais voir un concert de Popa Chubby et en première partie un guitariste avec pour seul instrument une guitare acoustique. Drôle de cocktail ! Une chose incroyable s’est produite, ce guitariste, Tommy Emmanuel, nous a fait un de ses shows ! Tout le monde venait voir Popa et c’est la magie de Tommy Emmanuel qui a conquis tout le public. J’ai compris ce soir-là que si tu joues avec ton âme le public le ressent et tu es dans le vrai….

Sans fausse modestie arrives-tu à te projeter dans l’avenir ? J’imagine que tu te destines à une carrière de musicien …
Non, l’avenir est encore flou. Je dois franchir de nombreuses étapes. L’année dernière a été consacrée au Bac tout en continuant la guitare. Cette année, j’ai déjà trouvé les musiciens qui veulent bien faire un bout de chemin avec moi. Je prépare mes compositions afin de les enregistrer et je dois m’habituer à devenir un vrai musicien professionnel en tournant un maximum. Et c’est seulement après, et si tout se passe bien, que je commencerai à voir l’avenir. Je suis bien entouré ici en France avec mon père et aux USA avec Beverly Howell et nous sommes en parfait accord pour avancer progressivement pour que je puisse bâtir un projet solide.

Et le Blues dans tout ça ?
Je n’ai pas fini d’en écouter et d’essayer d’en jouer. Quant tu as écouté Muddy Waters ou Robert Johnson c’est comme “la madeleine de Proust” la douceur te reste au plus profond de toi.

Blues ou pas, qui écoutes-tu en ce moment ?
T-Bone Walker, Storyville et un pianiste de jazz que j’adore T Monk. Il a passé sa vie à épurer et à ciseler sa grande composition “Round About Midnight”

Tu as le mot de la fin … un souvenir, un message, un scoop !!! :
Une soirée passée chez Tommy Shannon à jammer tous les deux à la guitare acoustique. C’est un très grand bassiste mais c’est aussi un excellent guitariste.

Au fait ! quel âge as-tu ?
D’ici un mois, 19 ans.
Bonne route et rendez-vous à la croisée des chemins Doc et comme ils disent au Texas “Big Hugs”

Damien

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