Ian Siegal, White Trash Hobo Buckster Blues

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Si le Blues est un alcool fort….qu’est ce qu’il pourrait être bien d’autre, ça ne peut être que de la gnole de contrebande.
Brûlante comme ces gouttes du Morvan dans lesquelles on fait macérer une vipère tous crocs dehors.
Hors là dans l’alambic clandestin, goudronné à la diable perle une came bouillante, âcre et serpentine.
Ian Seagal…ce mec est une légende pour moi avec sa voix de buckster et ses tatouages indiens, sa tronche blues-soufflée et ses biceps d’homeboy entre Phillipe Rourke et Mickey Léotard, ces gigs de recouvreur de dettes. Pour lui comme pour moi le combat de trop est celui qu’on a pas les couilles de livrer…quitte à se planter.

Sauf que là c’est aux racines de ce qui a fait, fait et fera cette musique qu’à chaque titre il nous renvoie dans les cordes et pas dans le coin car avec ce qu’il nous rafale…pas le temps de souffler. Donc dans le genre roots pas question de les bouffer mais plutôt de celles qui font craquer et fissurent l’asphalte et le coeur.
On sent que Ian a fait ce disque parce que il ne pouvait pas en être autrement et autre part c’est à dire au Zebra ranch…Coldwater Mississipi.
Jukes Joints reptiliens et Blues tuméfiés ou quand le Mississipi se mélange à la Tamise.
Alcool de grains pour mauvaises graines.
Du brutal!
Dans le chargeur 11 bastos…un vrai peloton d’exécution dont chacune me flingue comme un coup de grace.
“THE SKINNY”: Riffs lancinants. Voix hantée. Comme si un psychopate dansait devant son miroir sous les yeux effrayés de sa victime. Refrain vicelard ou les grattes se mélangent à la voix comme dans une boite à chaussures remplie de serpents. Harry Crew aurait adoré avec en plus ce solo qui te saute au visage pour te mordre là ou c’est le plus tendre…right in the eyes. Comme la peur ou l’amour!
“STUPID SPIDER”: Talking Blues sur guitare et batterie Funky Blues. Une voix d’ambulancier fatigué en fin de nuit. Le genre sur le fil du rasoir…à en envoyer le monde entier dans la black maria une fois la blouse raccrochée. Le solo de gratte joue des coudes au milieu de tout ça…pour arriver au comptoir, mater ou se sortir du carnage. Bestial! Un Blues de camisole!
“MASTER PLAN”: Là c’est le coté ou le morceau monte en puissance comme dans un escalier de bordel. Titubant et torché en s’accrochant aux murs. Blues enjambé comme on enjambe les pochetrons ou les junkies à chaque étage. Une face sauvage et déjantée que peu de mecs savent chanter comme Ian actuellement.
“HOUND DOG IN THE MANGER”: Putain là c’est le Junior Kimbrough qui doit gratter et s’arracher les ongles sur les parois de la boite en entendant ça car fiston est dans le coup à la gratte. Superbe compo! Et ce solo! Une sorte de Blues du bout de la nuit…mais quelle nuit!
“PICNIC JAM”: Un petit coup dans le bayou! En Louisiane ou dans n’importe quel caniveau de la planète. Pluie et raide. Bénitiers urbains pour anges fracassés.
“NATCH’L LOW (COOLIN’BOARD): Blues Mow-Mow. Les fantomes rodent et ils ont faim. Sur un seul riff Ian Seagal se mèle à eux, la voix étrangement noyée tandis que la guitare fait voler la bidoche à la machette. Saignant!
“BETTER THAN MYSELF”: Ballade laid-back, sauvage et trainante que Ian Seagal doublé à la voix s’envoie en s’accompagnant à la slide. Le solo est remarquable. Derrière Robert Kimbrough le lache pas.
“DEVIL’S IN THE DETAIL”: Putain mais comment ce mec fait pour avoir tant de feeling dans la voix? On a dut lui greffer un jeu de cordes vocales faisants le tour de tous les coins ou le Blues existe. Quelquesoient les noms qu’on lui donne.
A cappela quasi et à vif il se la joue en tête du corbillard. Derrière les choeurs, la flute et les percus carburent façon brasssband jusqu’à la slide inatendu tout en retenue. Quand tu vois passer ça pas question de rester planté sur le trottoir…ou alors c’est que c’est toi qui est dans la boite et qu’on emmène.
“MOONSHINE MINNIE”: Titre qui aurait put figurer sur “SWAGGER” ou “BROADSIDE”. De facture plus classique mais bon comme disait ce vieux bulldog de Churchill “j’ai des gouts simples, j’aime que le meilleur” Pas moins bon mais en retrait de ce qui fait l’originalité du reste.
“CARRY’S NITE OUT”: Renvoi pour ce qui est de la voix au N°8. Une voix de tête ou plutôt du haut de gosier à la…mais ok c’est pas lui qui chante. Aux grattes accoustiques c’est à qui aura le plus de doigts dans les cordes façon alligators se fritants pour une carcasse bien saignante. Du méchant!
“HOPPER (BLUES FOR DENNIS)”: Trés belle chanson en hommage à Dennis Hopper. Un mec qui aimait le Blues. Remember “HOT SPOT” avec Miles et John Lee en bande son…à l’époque les puristes en avaient avalés leurs anthologies. Solo rageur. Un coté seventies voulu.
Voilà…that’s all Folks!
Sur les photos Ian a l’air heureux. Un coté…”Ca y est les mecs j’y suis arrivé. Je l’ai fait mon album de Blues!”
Mais bonhomme tu ne sais faire que ça.
Et puis c’est quoi le bonheur dans cette socièté?
Une autre saloperie que l’on essaye de nous fourguer en nous faisant croire qu’on l’a choisie à longueur d’écrans.
Mais quand on y regarde à deux fois…double shot…on sent que le mec a morflé mais que de tout façon il préfèrera toujours ça plutôt que de laisser tomber ou se laisser tomber.
Ou alors comme Chet à Amsterdam.
Il ne sait faire que ça!
Du Blues…du Blues…du BLUES!
Mais là ou certains se contentent de carbones lui c’est au diamant qu’il carbure.
On va attendre qu’il crève ou quoi?
Comme SEAN COSTELLO?
Le même genre de mecs qui tout en me foutants les foies me la fait retrouver aussi sec.
Question de vécu!
PS: Il y a encore de l’espoir puisque cet album est au Awards. En plus le nouveau qui s’appelle “CANDY STORE KID” sort bientôt et qu’il est en concert le 17 novembre à Cléon.
Ha oui au fait l’album s’appelle “THE SKINNY”, est sorti chez NUGENE RECORDS et le gang formé pour l’occasion porte le blaze de “YOUNGEST SONS” ce qui est logique vu le casting…Cody Dickinson, Garry Burnside, Robert Kimbrough et Rodd Bland. En guests André Turner,Alvin Youngblood Hart et Duwayne Burnside.

 

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2 Commentaires
  1. Jipes 7 ans Il y a

    Sûrement qu’a l’écoute on peut penser que Ian ne sait faire que ça mais pour l’avoir vu dans un groupe de JAzz moderne comme vocaliste invité je peux te dire qu’il sait ce faufiler dans le costume d’un Tom Waits se baladant avec bonheur sur des harmonies jazz ;o)

  2. Auteur
    paco 7 ans Il y a

    C’est pour cela que je cite certains de ses autres albums…et comme paroliers il ne faut pas non plus passer à coté. Quand je parle de Blues je dis aussi quelquesoient les noms qu’on lui donne car qu’il se frotte au Jazz, à la musique irlandaise ou à la country…ce mec le respire et le transpire de partout.

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