Henry Gray & Bob Corritore

Les Disques

The Henry Gray & Bob Corritore Sessions vol. 1  • Blues Won’t Let Me Take My Rest • Delta Groove
Bob Corritore n’est pas seulement un merveilleux harmoniciste, sans conteste l’un des plus grand de la planète Blues actuelle, il organise des concerts dans son club The Rhythm Rom et se transforme en producteur ; de nombreux musiciens de passage à Phoenix participent à des séances d’enregistrement, la liste est longue. En cette année 2015, il nous offre la complète session enregistrée avec le pianiste chanteur Henry Gray.

Bien qu’il soit né en Louisiane, c’est à Chicago que Gray se fera connaitre en devenant le pianiste du grand Howlin’ Wolf. Bob Corritore nous offre donc la session complète faite par Henry Gray, le nombre de participants est impressionnant : en dehors de Bob Corritore, on retrouve Robert Jr. Lockwood, John Brim, Willie Smith, Nappy Brown, Taildragger, Dave Riley, Bob Margolin, Johnny Rapp, Kid Ramos, Little Frank, Kirk Fletcher, Chico Chism, Bob Stroger, Chris James, Patrick Rynn, Doug James et Brian Fahey. Excusez du peu, mais cela fait une belle brochette d’invités.

Actuellement, Bob Corritore demeure le seul producteur à pouvoir offrir ce genre de session, la réputation de l’harmoniciste producteur a dépassé toutes les frontières depuis longtemps et l’homme est devenu une sorte d’icône du Blues

Henry Gray joue un blues bien caractéristique se son répertoire, avec un jeu de piano particulier. Sa voix un peu rocailleuse débouche sur un amalgame de Chicago Blues farouche et dur et de Louisiana Blues typique, créant ainsi une musicalité saisissante, explosive et jouissive.

L’album s’ouvre sur « Let’s Get High », un titre entre boogie et rockin’ blues, diffusant une sonorité roots grâce à l’harmonica de Bob Corritore. Avec ce titre on est en plein dans la marque de fabrique d’Henry Gray avec Little Frank à la guitare. « Blues Won’t Let Me Take My Rest », un low down blues terrien, dans lequel Bob Margolin et Johnny Rapp rivalisent à la guitare propose un fascinant mélange de Delta et de Chicago Blues. Le pianiste se lance ensuite dans le New Orleans Sound avec une reprise personnalisée et ragaillardie de « I’m In Love Again » (Fats Domino). Ce répertoire New Orléans lui va comme un gant, Henry Gray s’y connait puisque natif de la Louisiane. Il s’attaque à l’un des plus grands classiques du blues « Ramblin On My Mind » nous plongeant ici dans un Delta Blues rural.

Qui mieux que Robert Jr. Lockwood, présent au chant et à la guitare, pouvait exprimer ce style caractéristique des années 40/50 ? Pour un peu, on croirait réentendre le fameux duo Johnny Shines – Walter Horton. Il poursuit sur le même tempo et dans le même style avec le standard « Worried Life Blues », là encore un excellent downhome blues avec Kid Ramos à la guitare, tandis que Nappy Brown se charge du chant s’exprimant dans le plus pur style des Blues Shouter, conférant au morceau une tonalité spéciale. Henry Gray revient dans son style si particulier avec « They Raided The Joint », là encore le morceau balance un max, avec un Kid Ramos impressionnant à la guitare, tandis qu’ Henry Gray apporte de la hauteur grâce à sa voix puissante et que l’harmonica se montre intimiste. Cette fusion donne un cocktail explosif. Il se lance dans du Frank Frost, ce qui n’est pas une mince affaire, avec « Ride With Your Daddy Tonight » ; encore une fois Henry Gray s’écarte de la copie servile, il s’appuie sur le remarquable jeu d’harmonica de Bob Corritore, alors que son complice Dave Riley se charge du chant et de la guitare.

La voix rocailleuse de Riley apporte un petit plus au morceau. Un pur régal ! Autre grand moment, « I’ m Gonna Miss You » dans lequel viennent se combiner des sonorités rurales et urbaines avec la présence de Chris James à la guitare et un harmonica poisseux pour un tempo saccadé qui fait irrémédiablement mouche. On retrouve un vieux briscard du blues avec John Brim, au chant et à la guitare sur « That’Ain’t Right » avec Johnny Rapp au soutien en seconde guitare. Ce titre émouvant est le dernier à avoir été enregistré par John Brim en studio. Henry Gray est en forme sur « Can’t Afford To Do It », morceau qui balance et swingue un max pour une ambiance blues très roots. « Honey Don’t Let My Go » est sur le même rythme mais avec un tempo légèrement plus posé. La session se termine en beauté avec « She Don’t Move Me No More », un superbe blues lent plein de finesse et de doigté avec Johnny Rapp à la gratte bien épaulé par l’harmonica en second plan

Bob Corritore nous offre un magnifique album avec l’un des derniers pionniers du blues. Le pianiste nous distille un répertoire gorgé de dynamisme qui respire la joie de vivre ; son jeu de piano martèle à merveille le rythme alors que sa voix se fait vive et autoritaire. Les invités de qualité qui viennent lui prêter main forte laissent eux aussi leur empreinte contribuant ainsi à apporter leur pierre à ce remarquable édifice dans lequel la mécanique est bien huilée. Un album sans faille ! Félicitons Bob Corritore pour ce genre d’initiative.

Henri Mayoux

 

 

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