Hell’s Kitchen : Mr Fresh aux Nuits de l’Alligator

Chroniques de concert

Hell’s Kitchen : Mr Fresh
Paru à la fin 2009, le quatrième opus de Hell’s Kitchen m’est parvenu entre les mains suite à la soirée d’ouverture parisienne de la cinquième édition des Nuits de l’Alligator, à La Maroquinerie. On ne dira pas suffisamment ce que ces Nuits apportent aux marges de la musique bleue à travers la programmation qui d’année en année amène son lot de découvertes, souvent sans suite, mais c’est toujours un plaisir de revenir se frotter à la peau squameuse du saurien sus-mentionné pour ouïr ces musiques qui dérangent.
Et cette année, le bonheur est grand de constater que Hell’s Kitchen, déjà passés lors de la première édition en 2006, sont toujours sur le pont.


C Monney (photos Miss Béa)


C Taillefert et C Ryser (photos Miss Béa)

Ce trio est au blues déjanté ce que leurs compatriotes de Mama Rosin sont à la musique louisianaise, une véritable claque prise en pleine gueule. Centré autour de ses deux piliers C. Monney aux guitares et C. Taillefert aux percussions en tout genre, ils sont épaulés sur cet album par C. Ryser à la contrebasse Mélange de blues roots avec des percussions (peut-on parler de batterie ?) d’une basse omniprésente et métronomique, la musique distillée par nos cuisiniers est un vrai bonheur que l’on pourrait croire tout droit sortie des fourneaux de l’ancien catalogue du label Fat Possum.

Leur album est dans l’exact prolongement de “The Big Meal” de 2002 et de “Doctor’s Oven“ de 2005. (Je ne parle pas ici de leur première démo “ Blues from the Beancan“ de 2000 qui posait certes les bases de leur arrangements mais était surtout composée de reprises qui étaient pimentées à leur sauce).

Cet album où tous les titres sont des compos baigne dans une atmosphère que ne renierait pas l’équipe de Bulldog Gravy.
“No Guts” “The River” “Right Hand” (qui démarre comme un vieux work song), “Na Mo Bokono” “Welcome Everybody” “Flowers” morceau calme mais où on s’attend à ce que ça explose à tout moment, “Next Flower” morceau final sont les grands moments de cet album.
Certaines références viennent évidemment à l’esprit. Tom Waits a été abondamment écouté, mais aussi les Black Keys ou même Chuck E. Weiss dont nos lascars reprennent sur scène une version endiablée du “Devil With Blue Suede Shoes” qui fut un grand moment de leur trop court concert. Ces références sont précisées uniquement pour celles et ceux pour qui ces quelques noms disent en quoi ces cuisiniers du diable s’apparentent à cette branche “bruitiste et speedée” du blues.
En espérant les voir plus fréquemment sur les scènes hexagonales pour un véritable concert où ils puissent développer sur la durée leur blues survitaminé.

http://www.myspace.com/hellskitchenblues
http://www.lesnuitsdelalligator.com/

Serge Sabatié

 

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