Guitar Slim Green’s

Guitar Slim Green’s • Stone Down Blues
Certains sobriquets, pseudonymes ou surnoms ont été employés à maintes reprises dans le monde du Blues. Si « Guitar Slim » reste principalement accolé au parcours d’Eddie Jones, formidable guitariste créateur des célèbres « Things I Used To Do » (Specialty 482) et « Done Got Over You », d’autres bluesmen moins réputés employèrent le pseudo: George « Guitar Slim » Bedford, guitariste de l’Alabama avait semble t-il ouvert la voie en enregistrant dans les années 30 pour le label Melotone, James « Guitar Slim » Stephens, un guitariste de Caroline du Sud lui avait emboité le pas, Alec « Guitar Slim »Seward, un adepte du Piedmont Blues établi à New York et ancien compagnon de route du duo Sonny Terry/Brownie McGhee, sans oublier Rodney Armstrong, le fils d’Eddie Jones, qui sous le nom de Guitar Slim Jr. fait une remarquable carrière à la Nouvelle Orléans poursuivant le chemin tracé par son paternel.Guitar Slim Green, de son vrai nom Norman G Green, voit le jour le 25 juillet 1907 à Bryan, une bourgade située dans la Vallée du Brazos au Texas, au cœur d’un triangle constitué par Austin (à l’ouest), Waco (au nord) et Beaumont (au sud). Gamin, il suit sa famille dans l’Oklahoma avant de s’installer à Las Vegas à ses vingt ans où il se produit sous le nom de Guitar Slim Green. En 1947, il rejoint la Californie et s’établie à Los Angeles. Il joue dans de nombreux clubs de la ville et est remarqué par le producteur noir JR Fullbright, patron de plusieurs petits labels indépendants qui commencent à fleurir dans la région.

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En 1948, il débute sa discographie en enregistrant en compagnie du pianiste louisianais J.D. Nickelson, un ancien accompagnateur de Jimmy McCracklin et futur sideman de George « Harmonica » Smith, Big Mama Thornton et Joe Turner, pour le label Courtney. L’année 48 s’annonce riche pour le texan avec cinq singles, dont deux gravés sous son nom, pour les labels J&M Fullbright et Murray.

Installé à Fresno, dans la vallée de San Joaquin, le guitariste épaule le guitariste et fiddler texan L.C. Robinson et Jimmy McCracklin avant de revenir à L.A. avec son propre groupe The Cats From Fresno. Entre 1957 et 59, il grave deux singles pour le label Dig de Johnny Otis en compagnie de l’harmoniciste chanteur Sidney Maiden et du batteur Al Simmons et un pour le label Canton. Sa carrière discographique se coupe curieusement par tranches de dix ans. En 1968, le texan réapparait en enregistrant cinq 45 tours pour les micros labels Gee Note et Solid Soul, ce qui le remet sur la route de Johnny Otis. Si le producteur a quelques peu mis de coté ses activités musicales afin de se concentrer sur les projets communautaires de sa ville et à la politique, il milite pour les Démocrates, Otis revient à ses premiers amours, la musique ! Il vient d’enregistrer deux albums avec le Johnny Otis Show « Cold Shot » et « Snatch And The Poontangs » avec Delmar Evans et vient de produire Preston Love pour le compte du label Kent. Johnny Otis dispose à l’époque d’une formidable relève en la personne de son fils Shuggie alors âgé de 17 ans, un formidable multi instrumentiste officiant à la guitare, la basse, l’harmonica, la batterie et au piano, décide d’enregistrer en formule trio avec le vétéran texan.

Guitar Slim Green officie au chant et à la guitare, Johnny Otis à la batterie et au piano au gré des plages

Le label BGP réédite en CD l’album Kent original agrémenté de deux titres inédits en bonus, « My Marie » et « Rock The Nation ». Guitar Slim Green officie au chant et à la guitare, Johnny Otis à la batterie et au piano au gré des plages, Shuggie Otis passant indifféremment de la basse à la guitare (rythmique, lead et slide) tout en officiant à l’harmonica et la la batterie et au piano sur un titre. Le pianiste Roger Spotts (futur compositeur et arrangeur pour Sugarcane Harris et Jefferson Airplane) vient mettre son grain de sel sur « Bumble Bee Blues ». Green met les choses à plat dès le premier morceau, le rockin’ « Shake ‘Em Up » dans lequel il se présente en chantant, contrairement à la version du single Canton qui demeurait instrumentale. « Bumble Bee Blues » s’annonce plus sombre et bien groovy, la basse de Shuggie n’y étant pas étrangère. Si vous êtes amateur de blues hypnotique, « Make Love All Night » (tout un programme !) devrait vous faire rentrer dans la transe. Le blues lent « My Little Angel Child » est marqué par les passages veloutés de piano en contrepoint du phrasé fruste de la guitare de Green, alors que « 5Th Street Alley Boogie » sonne résolument plus urbain avec une guitare qui touche à chaque note. « Old Folks Blues » nous immerge en plein répertoire rockin’ boogie, à mi chemin entre John Lee Hooker et Junior Parker. Petit détour par la case slide avec « You Make Me Feel So Good », mais si Shuggie Otis fait merveilleusement glisser son bottleneck sur ses cordes, c’est bien Guitar Slim Green qui dirige la diligence avec un chant volontaire. Les amateurs de son roots pourront se délecter sur « Big Fine Thing » avec un jeu d’harmonica rappelant Sonny Terry, ici pas de démonstration technique superflue, Shuggie Otis va à l’essentiel. « Play On Little Girl », un slow blues sans surenchère, figure dans la même lignée que « My Little Angel Child ». Les deux inédits apportent deux visages différents : « My Marie » est un shuffle sous forme de blues rockin’, probablement délivré en alternate tandis que « Rock The Nation », un instrumental en solo figurant sur un single Gee Note, est délivré dans une version aussi minimaliste que roots.

Cet opus présente un répertoire captivant voguant entre le Texas Down Blues et le California Blues, région où s’était établi le guitariste. Green ne profitera jamais, ou si peu, de la publication de son album, il tombera malade quelques mois après cette session et décèdera en septembre 1975.

Le Kingbee

 

 

 

 

 

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