Geater Davis, I’ll Play The Blues For You

Geater Davis – The Legendary House Of Orange Sessions – Soulscape
Vernon Davis est natif de Kountze (Texas), une bourgade située au nord de Beaumont, où il voit le jour en janvier 1946. Il hérite du sobriquet « Geater » (cul-terreux) lors de son service militaire, surnom qui va alors lui coller à la peau. Le jeune Vernon débute très jeune, chantant dès ses six ans dans les rues de Beaumont ; sa mère lui offre une guitare payée avec l’assurance décès de son père. Il maîtrise rapidement l’instrument, bénéficiant au passage des conseils de T-Bone Walker qui a pour habitude de rendre visite à un cousin, voisin de Geater.

Pendant deux ans, Davis endosse l’uniforme et sert en Louisiane où il parvient à intégrer le Sonny Boy Holden Band. A sa démobilisation, il s’installe à Shreveport où il débute sa carrière d’accompagnateur avec sérieux et application. Dans un premier temps il rejoint Elgie Brown, puis tourne avec Ted Taylor comme guitariste. C’est à cette période que Spencer Wiggins lui prodigue quelques cours de chant.

Après avoir tourné pendant un an avec Taylor dont il aura beaucoup appris, il rejoint l’orchestre d’Eddie « G » Giles qui connaît quelques bons petits succès dans la région de Shreveport et au Texas voisin.
Geater va ensuite côtoyer la route de son ami Reuben Bell et enregistre en démo une composition de Jerry Beach « I’ll Play the Blues for you ». Le titre sera ensuite adapté par Albert King avec la réussite qu’on connaît. C’est avec ce titre qu’il parvient à intéresser Stewart Madison du label Sound City qui va aussitôt le présenter à Allen Orange, patron producteur du label House of Orange et ancien partenaire d’Allen Toussaint avec le duo Allen & Allen.

Le premier titre enregistré « Sweet Woman’s Love », à l’origine prévu pour figurer en face B connaît un petit succès dans le sud. Mais l’époque se prête mal à ce mélange de blues rural et de soul au texte grivois et sans concession. Geater va ensuite aligner une poignée de singles, mais le label connaît alors des revers de fortune et Allen Orange laisse la main à John Richbourg disc-jockey et patron du label Stage 7 qui avait fortement aider Geater dès le début. La suite du parcours de Davis jalonnera celui de Richbourg et des labels Seventy Seven et Luna. Durant le seconde moitié des seventies, Geater Davis jouera dans le chitlin’ circuit, enregistrant sporadiquement pour Ace, MT, Odds & Ends et Sun Belt. Ironie du sort, en 1983 Davis commencera à connaître un succès relatif à la sortie de son second album « Better Days » publié par le label MT de James Bennett, label qui essaie d’assurer la survie de la soul sudiste. Le succès surprenant de ZZ Hill chez Malaco relancera quelque peu le genre soul blues, mais jamais Geater Davis n’en profitera, il décède à Dallas en septembre 1984 suite à une crise cardiaque, laissant derrière lui une femme et trois petites filles.

Saluons l’excellent travail du label anglais Soulscape qui réédite 16 titres d’un chanteur guitariste pouvant parfois rappeler Bobby Blue Bland. A noter que Geater est épaulé sur de nombreux titres par le guitariste Reuben Bell (décédé en 2004). D’une confortable durée d’environ 65 minutes, ce CD devrait ravir tout amateur de southern soul. Mention également au livret intérieur (12 pages) de Jeff Khun ainsi qu’au travail de recherche de Garry J. Cape.

Le Kingbee

 

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