Gary Primich au Tremblay

C’est le quatuor Touchez Pas au Grisbi qui avait l’honneur d’ouvrir pour Gary Primich en ce 21 Octobre 2006. Scéniquement, on a à faire à un mélange de Blues Brothers et d’un assemblage digne des films noirs d’Audiard, le groupe peut aussi exceller sur un répertoire à la Diddley, Berry ou Bob Luman et dégage une certaine sympathie. Mention au batteur Pierre Olivier Lair, irréprochable du début à la fin, à l’humour décalé de l’harmoniciste choriste et danseur Gilles Marsalet (un passage remarquable lorsqu’il imite un DJ). Je termine pour signaler que les TPAG ont enthousiasmé une grosse partie du public…

Touchez pas au Grisbi

Le Centre Caussimon, qui bénéficie souvent d’une programmation judicieuse et audacieuse avait donc choisi de nous présenter l’harmoniciste Gary Primich. Bonne Pioche ! On peut juste être étonné que Primich n’ait eu qu’une seule date en France. Cet harmoniciste né dans l’Illinois, qui a passé son enfance dans l’Indiana puis a choisi de s’installer dans les environs d’Austin, est sans contexte une valeur sure du Blues outre atlantique. D’ailleurs le label canadien Electro-Fi, qui propose depuis quelques temps un catalogue assez impressionnant, a publié le dernier album de Gary. Seconde surprise, ce n’est pas avec ses musiciens attitrés que Gary est venu en Europe (pour une quinzaine de représentations principalement en Angleterre et au Benelux). J’espérais même utopiquement avoir le plaisir d’entendre Jimmy Carl Black, un ancien batteur de Gary (ex Zappa), époque Mannish Boys. A ma grande surprise et pour mon grand plaisir c’était The Wildcards qui accompagnaient Gary. Ce combo anglais, constitué pour moitié de 2 anciens Nightporters (le guitariste Martin Vowles et le batteur Kevin Crowe) ainsi que de Vince Lee (guitare) et du bassiste Al Wallis, bien que méconnu en France, figure parmi les meilleures formations anglaises. Ceux qui ont eu un jour la chance de voir les Nightporters en concert doivent très certainement s’en souvenir.

Gary Primich

Vince Lee

Bon alors de prime abord, cette réunion entre ce combo « rosbeef » et le texan d’adoption avait de quoi surprendre, tant les 2 styles pouvaient paraître peu complémentaires. Cependant, il y a parfois comme en alchimie, des composants qui fusionnent parfaitement, et qui amènent même à l’explosion, quand le talent est réuni.
Si Gary Primich n’est pas un chanteur réputé, il a justement l’intelligence et assez d’expérience pour ne pas en rajouter, c’est son jeu d’harmonica qui mérite le détour. Même si la prestation des 5 musiciens a peut être souffert de l’emploi d’un mid-tempo trop constant, le phrasé des 2 guitaristes, associé à une rythmique infernale, au talent de musicien de Primich, sans oublier quelques bonnes interventions entre chaque titre, ont fait de ce concert une quasi réussite. Parmi les titres joués, on retiendra particulièrement « My Home », « Dollar Dollar », « Route 90 », « Let Me Go Home, Whiskey », « You Came A Long Way From St Louis » tous issus des 3 avant derniers disques de Gary. Mais l’harmoniciste aura réussi à capter l’assistance avec des titres figurants dans son dernier disque : « Hillbilly Blues », le dynamique « Daddy Let Me Hitch A Ride » et l’étonnant « Don’t Tear My Clothers », sans oublier quelques relectures comme « Mean Ole Frisco » accrédité par erreur à Muddy Waters (on lui pardonnera), et un hommage à Clarence Gatemouth Brown. Gary aura aussi l’élégance de reprendre un titre des Wilcards, laissant le chant à Vince Lee. En fin de concert, Gary aura même une pensée pour un monsieur, tranquillement assis au second rang, dont il émanait une bonne jovialité, Papa Primish.
Bref j’ai assisté à une affiche remarquable. Je tiens à souligner également que l’acteur principal de cette soirée est très facilement abordable, comme ses coéquipiers. On ne peut être que surpris qu’une telle tête d’affiche n’ait pas fait Tilt dans la tête de certains programmateurs de l’hexagone, mais on aborde ici un autre débat.

Le Kingbee

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?