Entre la poire et le fromage… (interview Quart de Bleu)

La bande des « Quart de Bleu » a sorti en février 2004 leur premier CD « Thérapie Blues » sur lequel ont peu écouter des compositions personnelles en français et des grands standards… Grâce à un enregistrement de qualité et à une bonne dose de volonté et d’enthousiasme, ce recueil est agréable à écouter dans son salon. N’ayant pas encore eu l’occasion de les croiser en Live, je me suis souvenu que quelques questions au déboulé nous en apprendrait plus sur ce combo angevin qui n’arrête pas de se faire remarquer… C’est Anthony “Moreno” Lefeuvre, le guitariste, qui a bien voulu se prêter au jeu du Net-interview.

Docteur Blues : D’où venez-vous musicalement parlant ? Pour certains d’entre vous vous avez déjà pas mal bourlingué… Pouvez-vous présenter brièvement…
À la base du groupe, il y avait JC et Maurice, ce sont les 2 fondateurs, ensuite je suis arrivé dans le groupe et je me suis mis à travailler sérieusement cette musique. De fil en aiguille on en est venu à jouer avec Pascal et Bernard qui sont tous les 2 intermittents et qui assurent une rythmique sans faille. Bernard Doucin a tenu les baguettes dans un paquet de groupes de blues, rock ou jazz de la région, il a également tenté sa chance aux USA en allant jouer à New-York pendant un moment. Pendant une période, il se produisait derrière Arnold Baker (pianiste de Rock n’ Roll) et avec lui il y avait son copain bassiste Pascal Stalin. Aujourd’hui Pascal vit une belle carrière musicale aux côtés de Thierry Robin, superbe guitariste de musique arabo-andalouse, il tourne beaucoup et à côté de ça il vient jouer avec Quart de bleu ! Evidemment il n’est pas tout le temps dispo mais heureusement on a quelques remplaçants de grande valeur, cela permet de faire de nouvelles rencontres, de jouer différemment.

Pourquoi sortir un cd aujourd’hui ? avez-vous trouvé une distribution ? comment peut-on se le procurer ?
On voulait faire plus qu’une simple démo, on a répertoire assez large (on le change assez souvent) et quelques compos en français qui retiennent l’attention du public. En fin de concert on avait rien à vendre alors qu’il y avait de la demande, on a donc décidé de faire un CD complet. C’était une super expérience, on a appris un tas de choses (à nos dépends parfois), et maintenant on a encore plus envie d’en refaire un !
Il n’est pas distribué, on va voir s’il y a des possibilités à ce niveau, sinon on peut le commander sur notre site, www.quartdebleu.fr.st
On espère en tous cas qu’il va nous ouvrir quelques portes, notamment dans les festivals d’été, ça nous plairait bien.

Avec de l’humour, que diriez-vous aux septiques pour qu’ils achètent votre album…
Qu’il y a une belle pochette, et du fromage livré avec, sur la rondelle… Et puis y’en a que 300, alors si vous voulez l’avoir faut se magner !!

La région angevine est un bon terrain pour le blues ? Parlez-nous de vos voisins, des endroits où vous vous produisez ?
Non, on ne peut pas dire que c’est un bon terrain. Comme partout il y a de moins en moins d’endroits pour jouer. Il y a 4, 5 ans on faisait plus de dates sur Angers qu’aujourd’hui, alors que notre musique était quand même moins présentable. De plus il n’y a pas beaucoup de groupes de blues, quelques groupes amateurs mais si on compare avec Nantes, c’est un peu le désert. Il y avait bien “The Big blue frog” avec Fabrice Froggy au chant, mais c’est terminé maintenant. Enfin il y a quand même pas mal de musiciens dans ce style (dont deux supers harmonicistes) ce qui nous permet de se faire des soirées boeufs de temps en temps dans la campagne angevine avec barbecue et vin à volonté !
On a cru pendant un moment tenir notre lieu blues avec le “Layon Blues café” mais il n’a pas résisté aux plaintes des voisins…

Connaissez vous un certain Patrick, cafetier programmateur à Villaines-les-Rochers en Touraine ? Que vous inspire ce genre de personnages, qui vivent leur passion à fond au cœur d’un petit village et qui rassemblent 100 à 200 personnes par concert ?…
C’était parti comme cela au “Layon blues café”, un patron sympa et motivé, un vrai public d’amateurs de la note bleue, et un bonne programmation : Xavier Pillac, Scratch my back, Rosebud Blue Sauce, on y est passé 2 fois avec Quart de bleu… et puis il commençait à pêcher du ricain avec Big Ed Sullivan par exemple. C’est vraiment trop con car c’était le pied pour nous les passionnés. Pour revenir à ta question, j’étais passé une fois à Villaines-les-Rochers, c’était au début lorsqu’il se lançait dans les concerts, ça a l’air de marcher du tonnerre son truc maintenant, tant mieux. C’est ce genre d’endroits où l’on a envie d’aller jouer du blues ! C’est le juke-joint d’aujourd’hui, en plus j’ai l’impression que ce genre d’endroits attire des générations différentes, ce qui évidemment n’est pas plus mal.

Vous jouez un blues que l’on peut considérer comme classique. Au fond, que représente la musique blues pour vous ? Est-il encore utile de la définir ?
Je peux pas te faire le coup du “le blues pour nous est un mode de vie…”. On est le produit de notre époque et même si bien des choses et des situations sont comparables à ce que vivaient les bluesmen d’avant-guerre, on ne peut pas tenir le même discours. Je crois qu’il est nécessaire de s’adapter pour continuer à faire évoluer le blues et à la maintenir en vie le plus longtemps que possible. Au niveau musical, c’est vrai que l’on est assez classique, mais on essaye de ne pas se mettre de limites : on peut s’aventurer dans le swing, le chicago, le funk etc… Par contre, sur nos compos on essaye toujours de mettre une petite touche particulière, notre patte quoi… Au niveau des paroles on raconte les petits tracas quotidiens, les histoires que l’on vit dans les bars, et puis aussi les histoires qui nous traversent l’esprit, c’est assez blues mais c’est actuel, on évite de faire un genre de traduction des textes américains, du moins je l’espère.

Partagez vous l’avis de Thomas Sotinel quand il écrit dans les colonnes du Monde que Cette longue vie du blues pleine de rebonds vient du « mythe du musicien amateur qui exprime sa douleur et sa frustration grâce à une forme musicale simple, accessible à n’importe quel autodidacte »…
Je ne sais pas si ce n’est que cela aujourd’hui le blues, mais c’est sûr qu’il y a une part de vérité. La preuve JC, Maurice et moi on est amateurs et autodidactes, le soir après le boulot rien de tel qu’une flopée de 12 mesures pour te détendre !

Et s’il fallait retenir un seul Blues, une seule chanson
Probablement une version de “Hoochie coochie man” par Muddy Waters, ça le fait à chaque fois !

Vous rappelez vous de la campagne de pub du « Bresse Bleu » dans laquelle on apercevait un bluesman noir jouer de la National ? le nom du groupe vient de là ?… (j’ai moi même un pin’s de cette campagne publicitaire).
Alors là tu m’apprends quelque chose ! Je n’en ai aucun souvenir, en tous cas notre nom n’a aucun rapport avec cette pub. On voulait un nom en français et puis un truc un peu terroir (ça nous va bien), en plus il y a le mot bleu dedans donc ça colle bien ! Euh… félicitations pour le pins, là je rage, tu veux pas me l’échanger ???

Que pensez vous des tremplins Blues qui fleurissent un peu partout ?
C’est une bonne solution pour se montrer un peu et ensuite être programmé officiellement. Mais il faut être vigilant, car ça peut aussi être un moyen pour les organisateurs de monter une soirée à bas prix. Toujours est-il que ça a permis de lancer pas mal de groupes, on espère bien aller à “Blues sur Seine” un jour, cette année ce serait cool.

Que peut-on souhaiter de mieux à Quart de Bleu ?
De tourner encore plus, on est en train de prévoir notre rentrée et on pense se déplacer un peu plus loin qu’auparavant. Et puis pourquoi pas commencer à prévoir un 2e disque ? Et surtout de continuer à prendre du bon temps, à rencontrer des gens, des musiciens, à se prendre des bonnes bosses de rire. En tout cas, il va y avoir quelques changements au sein du groupe et on présentera peut-être une nouvelle formule à la rentrée, c’est à voir…

: vous avez le mot de la fin : une anecdote, un scoop, une histoire drôle ou un bon (mauvais souvenir)
Ah ! C’est surtout avec notre nom qu’il y en a de bonnes. Une fois en arrivant dans une festival au lieu de « Quart de bleu », les organisateurs avaient marqué « Carte bleue », imagine le nom, la honte ! Sinon on nous demande aussi si c’est par rapport à « car de flics »…Et puis il y a notre ami Tonton Erick, qui en ouverture de la nuit du blues il y a un moment, nous avait appelé « Quart de Chaumes », un fin très fin d’Anjou… Remarque être associé à une aussi belle chose ça ne nous dérange évidemment pas !!!

A+ et merci les gars, meilleurs vœux pour la suite.

Propos recueillis par Docteur Blues

 

les 5 derniers articles de Jérôme Travers

0 Commentaires

Laisser une réponse

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?