En guise de 8 mars en ce printemps : vive les femmes !

Portrait

Les Filles d’Illighadad, Como Mamas et Kaz Hawkins • 

Bon tu te réveilles un peu le vieux ! Il y a une pelle que tu n’as pas fourni une chronique. D’accord les autres ne font pas mieux ! Le doc nous alimente de quelques vidéos mais c’est un peu juste pour justifier de fêter l’anniversaire du site. D’accord c’est encore l’hiver, mais tu as compté. Rien qu’en 2018, tu as déjà été à plus de dix soirées musicales (tu n’oses pas les appeler bleues tellement tu n’y a retrouvé que très peu des habitués de la scène bluesy). Alors il va falloir que tu sortes de la léthargie qui te frappe et que tu nous concocte quelques papiers sur ce qui t’a motivé. Bon aujourd’hui tu as décidé de nous parler des femmes et de la musique bleue.

Dans une précédente chronique tu évoquais les femmes africaines et nous disais qu’il n’y a pas de frontières de couleur dans la musique que l’on aime. Evoquons ces femmes africaines.

Parlons par exemple de ces jeunes femmes nigériennes nommées Les Filles d’Illighadad, réunies autour de Fatou Seidi Ghali & Alamnou Akrouni (intitulé de leur premier LP) qui ont sorti un second album (Echass Malan) accompagnées sur scène par un guitariste et un batteur.
Rien de compliqué dans leur musique Tu parts du traditionnel le plus typique (chant guitare calebasse et percusssion) et tu finis en te retrouvant dans les transes du blues du désert le plus moderne tel qu’ont su le développer Terakaft, Amanar, Tamikrest ou Nabil Baly Othmani pour ne parler que d’eux (Tinariwen et aujourd’hui Bombino sont de magnifiques arbres qui ne sauraient cacher la richesse musicale de tous ces musiciens du Sahel dans son ensemble).
Sortis en vinyl chez Sahel sound, leurs LP sont difficilement trouvables en France mais faites comme nous allez les voir en public Elles repassent ce printemps en France.

Quittons l’Afrique et rendons nous aux USA dans le Mississippi, à Como. Bon, vous allez me dire que je reviens aux racines. Eh bien oui ! Como est un patelin qui non seulement a abrité des célébrités (Mississippi Fred McDowell, Napoleon Strickland, Otha Turner) que notre petit milieu bleu connait au moins de nom. Aujourd’hui officient dans le coin Jimbo Mathus ou R.L. Boyle (tiens il faudrait écrire sur ces individus) mais aussi les Como Mamas, trois adorables respectables femmes qui avec leur simplicité et leur générosité vous convertiraient si vous n’y preniez garde !

Découvertes par le label Daptone Records (Como Now : The Voives Of Panola County sorti en 2008) elles ont sorti toujours chez Daptone deux albums Get an Understanding en 2013 et Move Upstairs en 2017.
Alors n’hésitez pas à aller les voir lors de leur tournée de printemps. Ici du gospel tel que le pratique les officiants dans les campagnes du Mississippi ou d’ailleurs dans le Sud. Trois voix accompagnées par un guitariste qui fait le minimum requis Pas de grand chœur mais de l’émotion, la sincérité, la chair de poule à certains moments, …Foi de mécréant, nous nous laissons prendre à chaque fois !

Le blues n’est pas seulement une question de couleur. Les états d’âme que certains ou certaines nous communiquent ne sont pas seulement une fioriture ou une guirlande jolie à mettre sur 12 mesures pour te vendre un produit.
Prenons l’exemple de Kaz Hawkins, Irlandaise de Belfast, reconnue dans son Irlande du Nord, détentrice de divers prix (British Blues, European Blues Challenge 2017…) qui viendra sur quelques dates en France ce printemps et cet été.

Cette mamie frisant la cinquantaine a reçu plus d’une blessure (physique ou psychique) la conduisant au bord du suicide, à vivre avec sa dépression suite à une enfance malmenée (viol, …) a trouvé sa thérapie dans la musique. Non contente d’avoir le droit de signer plusieurs fois une pétition féministe, Kaz Hawkins raconte à travers ses textes son vécu, sa volonté de non seulement s’en sortir mais également de donner à ceux et celles qui souffrent des maux qu’elle a connu l’envie de s’en sortir. Un sourire, un geste et se sentir bien telle est la thérapie proposée.
Après deux albums rugueux et euphorisants Get Ready en 2014 et Feelin’ Good en 2017 Kaz sort son troisième opus Don’t You Know Celui-ci plus intimiste annonce une facette plus soulful quasi minimaliste (guitare, piano, voix) mais qui devrait trouver un public. (les fans de la première heure risquent d’être désarçonnés par cette approche) Positiviste en diable, la musique aujourd’hui proposée par Kaz constitue un nouveau tournant voulu et assumé. En plus d’avoir de la ressource dans sa vie personnelle, la dame a de la ressource musicale Elle le prouve dans son dernier album.

Serge Sabatié, photos Miss Béa

 

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