Elmore James Jr. and the Broomdusters

Elmore James Jr. and the Broomdusters – Baby Please Set a Date – Wolf
De son véritable nom Earnest Johnson Jr., cet Elmore James Jr. est le fils de feu Elmore James, adepte de la slide, ancien compagnon de route de Robert Johnson, Robert Lockwood Jr., Howlin’ Wolf et consorts et véritable légende vivante du Chicago Blues. Cela parait bizarre d’apposer le mot « Junior » à coté du nom d’un gars qui affiche quand même 70 printemps, mais c’est comme ça.
Elmore Junior est le fils de Nora Mae Cummins et d’Elmore James. Madame Cummins se marie avec Earnest Johnson qui va alors servir de beau père à Junior et l’élever comme son propre fils. Cette belle histoire à l’américaine aura malheureusement une fin puisque le dit beau-père décède dans un accident de voiture en 1952. Junior a alors 13 ans. On arrive vers 1958 et Junior qui a maintenant 19 ans fait une rencontre plus approfondie avec son paternel. Toujours sur les routes, Elmore James n’a guère le temps de s’occuper de son rejeton, mais profitant de quelques mois de repos, il va apprendre les rudiments de la guitare et de la slide à son fils.
Au départ de son père qui part voguer vers de nouvelles aventures bluesistiques, Junior persévère sa technique auprès de Knugg Brooks. L’adolescent peut également compter sur Sonny Boy Williamson (Rice Miller) un bon ami de la famille qui rend parfois visite à Nora… sacré Sonny Boy !
Elmore Jr. va faire ses gammes en compagnie du guitariste Johnny Temple et du batteur Willie Nix (un coéquipier de Walter Horton) puis tenir les baguettes au sein de l’orchestre paternel. Le père et le fils joueront côte à côte à Jackson et aussi à Chicago, mais l’aventure s’arrêtera net en mai 1963, lorsque Elmore est victime d’une crise cardiaque foudroyante.

En 1965, Elmore Jr. s’installe à Chicago, tourne un peu dans le giron de Willie Dixon et joue dans le South Side. Il enregistrera une dizaine de titres en compagnie de Walter Horton, Lee Jackson, Jessie Ward pour le label de Carl Jones, CJ Records, mais les bandes resteront à jamais au fond d’un tiroir. En 1974, Elmore est de retour en session pour le label Ace de Johnny Vincent en compagnie de Sam Myers ; mais seulement quatre titres seront édités tardivement en 1999 sur la compilation « Genuine Mississippi Blues … Plus’ On » pour le label anglais Westside. En 2008, le label anglais JSP publiera « Daddy Gave me the Blues » que la presse internationale qualifiera d’honnête.

« Baby Please Set a Date »:
Durant l’été 2009, On a pu apercevoir Elmore Jr. au Keynote Lounge, un club du South Side, en compagnie du brillant Smilin’ Bobby. Il n’en faudra pas plus pour que le patron du label autrichien Wolf, Hannes Folterbauer tombe sous le charme et décide d’enregistrer Elmore James Jr. Ce nouvel album peut compter sur une production bien léchée de la part de Jacob Dawson également auteur d’un titre, un enregistrement soigné, un répertoire aussi solide que consistant, mêlant habilement originaux du Fils, standards du Père et quelques relectures dignes du Saint Esprit comme « Look on Yonder Wall » (Crudup) ou « Mean Mistreater » (Leroy Carr).
Attention, The Broomdusters, traduisible par Les Balais à Poussière, sont loin d’être des manches, bien au contraire. On retrouve dans cette formation le batteur blanc Jim Di Spirito (batteur de session déjà vu avec Plant et Page, Jewel, Joan Osborne et le Allman Bros. Band), Carl Norington à la basse, Otis « Stepperman » Green aux claviers, Edward C. Williams au saxophone (ténor et alto) et enfin l’excellent guitariste Jacob Dawson, un ancien équipier du regretté Willie Kent.

Avec « Baby Please Set a Date » qui ouvre les hostilités et donne son nom au cd on est d’entrée dans le dur, mais le fantôme d’Elmore James semble bel et bien planer sur certains titres bourrés de slide comme « Dust my Broom », « The Sky Is Crying », « She’s Gone », « Amtrack Train » ou bien un « I’ve Been Around the World » dans lequel la slide se montre larmoyante. La guitare de Jacob Dawson est pour beaucoup dans l’homogénéité et la fluidité de ce cd qui mérite une attention soutenue de la part des amateurs de Chicago Blues. Avec cet album, Elmore Fils dépoussière avec l’aide de ses plumeaux (les Broomdusters) l’ombre légendaire de son paternel. Un disque attachant, captivant et fort recommandable surtout en ces temps de disette.

http://www.myspace.com/elmorejamesjrthebroomdustersbluesband
Wolf Records

Le Kingbee

 

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