Du côté de chez Schwab

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Jean Jacques Milteau – Memphis – Universal music 014726 -2
Et il a toujours cette petite barbe impécablement taillée, il est souvent, toujours, habillé en noir, il hésite constament entre technique et mélodie… Il a dignement fêté les 100 ans du blues au quatre coins de la planète, et pour se rappeler un peu d’où le blues sortait, il s’est payé en grandes pompes une virée à Memphis… Dans sa suitcase, Jean-Jacques Milteau a ramené un bel album full of blues.
Le maître est davantage parti à la recherche du son que pour réaliser un véritable tribute to the blues. Le son Stax hante les plages du cd, un peu trop d’ailleurs, Jean-Jacques allant même jusqu’à signer “Shake your tailfeather”, sans sillé…. Mais bref, l’homme est grand par le talent et il est de chez nous, alors nous serons indulgents. Indulgent car quelques titres illuminent ce nouvel opus à la gloire de l’harmonica.

Pour commencer et histoire de décloisonner le Royal Studio du 1320 South Lauderdale, Jean-Jacques s’est tourné vers Neil Young et sa chanson “Heart of Gold” et il a eu raison, c’est très reussi. La voix de Mighty Mo Rodgers colle aux lyrics, le chœur féminin renforce la pulsion du rythme reggae. Tiens pour les apprentis : écoutez les plans de Jean-Jacques sur le final. Mighty Mo Rodgers n’est pas le seul invité. Little Milton s’en tire pas mal sur “Things are gonna change” il nous offre un pur blues de Memphis sur lequel Geay-Geay est obligé de se pousser dans un boeuf confortable, on lorgne du côté de chez BB King’s club. Il y a aussi Sam McClain qui signe “At last on time” un titre sur mesure pour l’harmoniciste puisqu’on y parle de train, un plat de résistance pour tous souffleurs de ruine babines qui se respectent.
Pour finir William C Brown III, que je ne connaissais pas, nous assome un dernier blues très roots où il chante accompagné uniquement du diatonique.

Il y a aussi la plage 12 qui passerait presque inaperçue, un instrumental au gros feeling qui mèle des chorus jazzy d’harmo de gratte et de sax ; ça fait un peu play-back pour Monsieur Eddy mais c’est plaisant et on ne s’en privera pas.

J’arrête ici l’énumération, Jean-Jacques a réalisé du bon boulot mais comme à chaque fois l’ensemble est trop propre. Je fais le difficile, je sais, mais son blues manque de tripes. Il a peut-être trop visité la boutique de Schwab sur Beal Street un General Store d’époque où l’on trouve encore aujourd’hui de tout : du plus indispensable au plus futile.

Docteur Blues

 

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