Du Blues sous le capot

Le gonze était aussi imprévisible à interviewer qu’une mère crotale protégeant sa portée
trop de gnôle ou pas assez
cela dépendait de l’heure de la nuit
ou de la journée
quand tout se mélange ou s’affole
à la boussole tranchante, ébréchée et vitreuse des vrais alcoolos
de la gonzesse qui s’était barrée ou qu’il avait foutu dehors
de sa parano aussi
“Hey man, les blancs m’ont tout piqué et toi aussi t’es là pour ça…
tous les autres aussi…Rice Miller…Sonny Boy m’ont aussi tout piqué… mais à qui cet enfoiré a pas piqué quelque chose un jour?”.
de la marque de tord-boyaux qu’on lui amenait dans sa piaule
recouverte d’affiches déchirées
qui parlaient de lui.
Comme Gill Scott Héron
ce mec fendait la foule comme un rasoir déplié
rien de vicelard
juste ce que la vie avait fait de lui
ou plutôt sans lui.
Sur scène il était capable de tout
costard froissé d’interdit de casino et criniéres aussi raides qu’un buisson de lèches dans le bayou.
Et puis il y avait ces mains…
chez un harmoniciste il faut toujours regarder les mains
et le regard
le sien mais aussi ceux des autres.
Ceux de Lee Jackson ou Willie Dixon ne le lachent pas quand ils jouent avec lui.
Le Dix’ avec cette manière d’étrangler sa contrebasse, les paupières et le regard lourd comme une paire d’Everlast
et Lee Jackson comme un pôte de bordée qui se demande quand ça va péter.
Avec ces mecs le Blues étaient vraiment dangereux et pas besoin de tatouages, de gonflette ou de grimaces pour jouer les méchants.
Dangereux pour ceux qui le jouait…amplis, bouteilles ou dés sur le trottoir.
Dangereux pour ceux qui l’écoutaient
certains ne s’en sont jamais relevés de Mike Bloomfield à Papy Blues.
Le premier pour se payer sa came a enregistré des BO de films de culs paraît-il sublimes quand plus personne ne voulait entendre parler de lui
quand au second qu’est il devenu ce vieux pirate avec sa tronche de vieux sachem, son manteau de cuir, sa voix et son jeu d’harmo estampillés pur Maxwell Street sauf que là on était aux Puces?
Bon j’arrète là, c’est pas un jeu de pistes.
Les vrais pochetrons arrivent toujours à rentrer chez eux.
Que ce soit dans leur piaule…ou en enfer.
Comme Mitchum à qui on demandait.
“Quelle est la première chose que vous faites en vous levant?.”
“J’enfile mes bottes et je rentre chez moi.”
Too much class!
Deuxième round donc!
” Il créchait dans cette piaule dégueulasse et infect
à chaque fois qu’il passait il avait l’impression
qu’le métro allait s’crasher à travers la f’nètre
sur l’couvre lit ou il s’enclumait au bourbon…

Dans l’couloir un frangin glissait le long du mur
la tronche dans l’ramasse miettes …faut dire qu’est pas malin
d’traiter un ex-boxeur qui t’ouvre sa porte d’ordure
en s’trompant d’piaule…d’gueuler “Elle est ou cette putain?”

L’ Blues au creux d’son harmo faisait l’plein sous l’capot
autant qu’une Black Maria traversant le ghetto
à fond la caisse BABY hurlant comme un sanglot
et qu’c’est l’diable au volant qui t’fait son numéro…

Quand il est mort…l’avait plus qu’la gnole sur les os
et dans les yeux cette rage sourde comme un brasero
Hey mon vieux Walt’…j’espère que t’as trouvé l’repos
ou plutôt non…ton p’tit lot d’chattes et d’tord-boyaux…”

Thanks à André Hobus pour son article dans le n°29 “Rollin’and Tumblin”.
Thanks à Nick Curran.
Sinon pour la première révision de “Blues sous le capot”…la réponse était William Clarke.
La prochaine tournée est toujours en course.
Paco.

 

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