Directement de l’âme, Irma Thomas

Irma Thomas « Straight From The Soul » 5 79987 Stateside/EMI
Irma Thomas (Irma Lee) est originaire de Louisiane, où elle a vu le jour en 1941. Irma, c’est une voix, une classe naturelle qui n’a pas pu pénétrer les Charts, ni eu le succès qu’elle était en droit d’escompter, malgré sa longévité. Ceci est dû principalement au manque de studios d’enregistrement que l’on trouvait à la Nouvelle Orleans et de labels assez puissants pour concurrencer Motown à Detroit, Stax à Memphis, Chess et Brunswick à Chicago.

Irma Thomas est confiée à sa tante, dès l’âge de sept ans, pour s’occuper de ses 9 cousins et cousines. Entre son job de baby-sitter et l’école, elle arrive à chanter le dimanche dans des églises Baptistes. En 1955, suite à un concours gagné haut la main, elle s’apprête à enregistrer lorsqu’elle tombe enceinte, et ce dès l’âge de 14 ans. Elle divorce au bout d’un an pour se remarier illico avec Andrew Thomas et donner le jour à deux nouveaux bambins.
Irma travaille comme serveuse au Pimlico Club où elle reçoit l’appui de Tommy Ridgley. Elle va ensuite enregistrer un petit Hit avec « But please don’t mess with my man » sur le label Ronn (Ronn 328) ; ce petit microsillon lui permet de s’aguerrir quelque peu grâce à de petites tournées. Joe Banashak qui dirige le label Minit a déjà quelques petits succès à son actif avec Ernie K.Doe et Jessie Hill et il propose à Irma de signer sur son label. La direction artistique est confiée à Allen Toussaint, mais Irma doit toutefois se contenter que de petits succès régionaux.
Le contrat d’Irma est racheté par Liberty/Imperial qui lui fait enregistrer en 1964 « Wish someone would care » (plage 20du CD). Irma va alors enregistrer quelques belles chansons “ Anyone who knows what love is “, “Time have changed”, “He’s my guy” (Imperial66080) qui rentrent toutes dans le Hot 100. Hélas pour elle, il y a une coupure pour le Billboard et son travail n’est pas reconnu à sa valeur. Le comble étant que les Rolling Stones connaissent un succès fulgurant, avec la reprise d’une face B d’Irma Thomas « Time is on my side » (Imperial66041). Irma ne touchera aucun dividende sur cette face B, et décide de ne plus chanter ce morceau. Et oui il y a de quoi rester un peu amère. Imperial lui fait regagner la Nouvelle Orleans, mais Irma a laissé passer sa chance. En 1967 elle signe chez Chess et elle va enregistrer au studio FAME « Good to me », d’Otis Redding. En 1970, Chess rompt son contrat et Irma est alors contrainte de travailler à Los Angeles comme vendeuse. Elle va collaborer quelques temps avec Jerry « Swamp Dog » Williams et graver avec lui une poignée de 45 t. et un album.
Irma retourne à la Nouvelle Orleans en 1974, se remarie et reprend enfin le chemin des studios en 1977 pour Maison De Soul puis pour RCS. Les dés vont alors quelque peu tournés, il est temps. Irma Thomas signe pour la maison de disques Rounder. Irma grave 8 albums pour ce label, parmi lesquels on peut noter « The New Rules » (1986), « Simply The Best.Live ! » (1991) et même un album de gospel en 1994 avec « N.O. Gospel Soul ». En 1998 elle enregistre « Sing It » en compagnie de Tracy Nelson et Marcia Ball qui sont parmi ses plus grands fans. En 1994 Irma fera enfin sa première tournée européenne. La chanson « It’s Raining » sera utilisée pour la bande originale du film de Jim Jarnush Down By Law.

Straight From The Soul :
On retrouve donc dans ce CD, 24 chansons dont 8 demeuraient inédites sur microsillons. Il est juste regrettable que 8 titres Minit et 6 Imperial, dont « It’s a man’s-woman’s world » (Imperial 66178), ne figurent pas sur ce CD, qui aurait mérité d’être composé d’un double. Le répertoire proposé est éclectique, passant des ballades à des morceaux Soul et Rhythme & Blues. L’orchestration, les arrangements pourraient parfois paraître quelque peu désuets, mais ce sont des enregistrements datant de 1961 à1966, qui ont encore un charme fou et sont très représentatifs de l’époque. On pourra également regretter que les sessions Minit et Imperial soient mélangées et sans ordre chronologique. Straight From The Soul reste cependant un CD que je recommande vivement.

Le Kingbee

P.S. Remerciements à Jyrki Ilva (Helsinki) pour son aide précieuse. Je pense particulièrement aux LP 9266 et 9303 qui m’étaient inconnus, ainsi qu’à Sébastien Danchin auteur de l’Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul.

 

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