Des pôtes à Johnnie

Steve Ferguson & The Midwest Creole Ensemble
“Jack Salmon And Derby Sauce” “Mama U – Seapa”
Excellente initiative du Doc, que de me procurer les deux premiers albums d’un dénommé Steve Ferguson, ceci sans doute pour parfaire ma culture musicale. Soyons clairs, ces deux CD publiés en 1992 et 95 sont passés, comme tant d’autres, un peu trop inaperçus à mon humble avis.
Steve Ferguson est originaire de Louisville (Kentucky). Il commence à jouer avec le pianiste Terry Adams, rencontré sur les bancs de leur collège respectif ; Steve fonde ensuite The Merseybeats (aucun rapport avec le combo anglais, proche de Liverpool). En 1967, les deux compères bifurquent vers Miami et montent le NRBQ (New Rhythm and Blues Quintet).

Le NRBQ figure donc parmi les formations Blues ayant la plus longue carrière, en terme de durée, car le groupe se produit encore, distillant un Blues oscillant entre Rock éclectique, un Blues très New Orleans, des compositions Jazz et Swing et même du Free Jazz, sans oublier d’y ajouter des touches Country, Voodoo et même Rockabily. Pendant leurs concerts, c’est généralement le public qui choisit le répertoire des titres joués ; on peut dire que ce groupe a réussi à créer une véritable osmose avec son public qui demeure fidèle. Le NRBQ est aussi capable de s’aventurer sur les chemins de la Pop (excellentes reprises de Dave Edmunds et des Flamin’ Groovies). En 1993, le bassiste Joey Spampinato avait été pressenti pour remplacer Bill Wyman au sein des Rolling Stones.
Steve Ferguson a participé aux deux premiers albums de NRBQ, pour être remplacé par Big Al Anderson. En 1970, il collabore avec les NRBQ à l’album de Carl Perkins « Boppin’ The Blues ». Si le disque reçoit un accueil chaleureux de la part de la presse, le public, sans doute nostalgique de la période Rockabily, n’adhère pas à ce disque. Pendant deux décennies, Ferguson va se contenter d’apparaître dans certains concerts parmi ses anciens compagnons, qui eux enchaînent les albums. En 1991, Steve rencontre Johnnie Johnson, qui fût accompagnateur pour les studios Chess, Muddy Waters et surtout de Chuck Berry et qui demeure un pianiste de grande renommée. Johnnie encourage Ferguson et le pousse à enregistrer son premier disque sous son nom avec « Jack Salmon And The Derby Sauce » qui reste une fort belle réussite. Pour cet album, Steve s’attache les services du guitariste Pat Lentz, du batteur Max Maxell, de l’organiste Keith Hubbard tandis que la basse est confiée à Robert Mackey. Les quatre comparses se produisant sous le nom de Midwest Creole Ensemble. Cette galette mélange comme le NRBQ tous un tas de genres, en gardant une grande homogénéité ; on y retrouve neuf titres auxquels on a ajouté un petit interlude instrumental d’une minute et une version Live de « Hi Do Ho ». A noter le titre « I Stand Accused », clin d’œil au groupe anglais The Merseybeats, qui connût en 1964 le succès grâce à ce titre. Preuve de l’humour et aussi d’une certaine forme de décontraction, de modestie et d’ouverture de Steve Ferguson.
En 1995, les cinq musiciens reviennent avec un nouvel opus « Mama U-Seapa », un disque dans la même veine, mélangeant encore une fois plusieurs domaines. Pour cette réalisation, Ferguson bénéficie de l’apport de certains copains du NRBQ (Terry Adams, Joey Spampinato et Tom Ardolino). Certaines intonations de voix peuvent faire penser à Dr. John, on peut retrouver également des phrasés qui peuvent évoquer Willie Loco Alexander. La recette de tous ses mélanges s’avère être un franc succès. Depuis le groupe a participé à des très bonnes premières parties ainsi qu’à de prestigieux festivals.
Souhaitons qu’un jour (Noël approche), le Doc puisse mettre la main sur l’album « Live at Devils Inn » publié en 1999.

Le Kingbee

Note : Monsieur Johnnie Johnson, né en 1924 à Fairmont (Virginie) nous a quitté cette année, en Avril 2005. Après être passé à Chicago, il s’installe à Saint Louis. L’histoire nous raconte que lors d’un concert de Noël, son guitariste étant malade, il fit appel à Chuck Berry pour tenir la guitare. Le remplaçant prenant rapidement le rôle de leader. En 2000, Johnnie affirmait avoir jadis composé ou co-écrit une cinquantaine de chansons de Berry, pendant la période Chess, période qui a accumulé les succès ; il fût débouté par un tribunal qui statua que le temps entre la création et la demande en réparation était trop long.

 

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