De Yaoundé à Tulsa… en passant par Paris !

Ce dimanche 10 juin, outre le fait de voter, le bon peuple bleu (pas comme la vague du même nom) parisien avait la possibilité d’aller au One Way Café pour y entendre Roland Tchakounté. C’est ce que certains firent et tant pis pour ceux qui n’ont point vu ce concert, car autant le dire de suite, ce sera certainement ce que les fidèles du lieux retiendront comme un des meilleurs concerts open de l’année, n’en doutons pas.
S’il nous est déjà arrivé de voir Roland dans des formations à géométrie variable (du duo au quintet pour votre serviteur), ce quatuor du 10 juin apparaît comme la formation qui restitue le mieux en public les ambiances envoûtantes de ses deux albums et particulièrement du second opus “Aba Ngo”.

La recette est simple : mettez la voix grave de Roland avec sa guitare acoustique et vous avez l’impression de quitter votre siège et de partir en ballade au pas lent de quelques animaux de bât africains, ajoutez la slide de Mick Ravassat et votre voyage vous fait quitter les rives africaines vers celles d’un autre continent. A ce stade, vous allez dire que c’est du déjà vu : retour aux sources, Mali to Mississippi, Taj Mahal, Ali Farka Touré, etc.

Oui, c’est une variante camerounaise (chantée en bamiléké) de cette branche musicale mais les contrepoints permanents introduits par Mick créent une alchimie musicale digne de ce que furent les sessions entre Ali Farka Touré et le découvreur du Buena Vista Social Club.
Mais, la comparaison avec de grands maîtres ne s’arrête pas là : l’apport de percussions variées par Mathias Bernheim (bidon de lait, véritable jug de terre cuite, djembé,…) nous restituent le versant africain, et les incursions dans cet ensemble de l’harmonica de Christophe Dupeu rééquilibre l’autre rive.

De cet ensemble il ressort qu’au delà de la référence à Talking Timbuktu, la restitution sonore, durant ce concert d’un climat chaud et sensuel, nous rappelle, outre celles déjà citées, les moiteurs musicales d’un JJ Cale, les envolées hispanisantes d’un Al Di Méola sur certains morceaux et une véritable incitation permanente au dépaysement.
Alors qu’importe que nous ne comprenions pas les paroles, la musique de Roland Tchakounté est à l’image de ses propos : “pour connaître l’âme d’un homme ou d’un peuple, écoute l’émotion qui se dégage à travers sa musique”.
Celle-ci, redéfinissant le mot blues, parle à l’âme et au coeur des spectateurs et comme le cria Guy l’américain à la fin du concert : “Merci, les gars, pour le voyage !”

Pour des séances de rattrapage pour nos amis frenchies ou francophones qui nous lisent sur ce site, dans les prochaines semaines, Roland sera à Wamberchies (Fr-Nord) les 23,24 28 et 29 juin, le 8 juillet au Festival de Jazz de Montréal, Québec ainsi que les 8 et 10 juillet au Mont Tremblant, Québec, le 22 juillet au festival de Spa, Belgique et sur différents sites durant le Cognac Blues Festival du 27 au 29 juillet.
Là, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas vous laisser transporter sur les nouvelles rives de la world blues music

Serge Sabatie
Photos : Miss Béa

 

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