Dawg eat dawg : Une nouvelle fracture dans le temps !

Les Disques

Calvin Russell – Dawg Eat Dawg
Un nouvel album de Calvin Russell est toujours un petit événement. Chaque fois, l’auditeur consommateur se demande ce que le voyageur impénitent nous amène sur sa nouvelle galette. Chaque fois, le bonheur de retrouver le gringalet déglingué et buriné s’impose. Le plaisir de se laisser embarquer l’emporte sur tout autre sensation. Certes, comme pour les grand crûs, le Calvin Russell n’est jamais le même mais on le reconnaît à divers arômes, à sa tenue en oreille, mais ce que l’on retient, c’est ce parfum spécifique qui prédomine tant dans sa musique que dans ses paroles.
Alors le Calvin Russell 2009 est arrivé et pour le musicœnologue, il y a un cérémonial. De façon identique à un vin, on observe la pochette comme pour version homogénéisée et aseptisée que les médias voudraient nous imposer. Elle produit aussi des résistants qui tiennent debout malgré les coups reçus, les aléas de leurs parcours et qui le clament haut et fort. Calvin est de cette veine et le prouve dans ses textes de la cuvée 2009 !

Il est temps de passer à la deuxième phase et de gouter-écouter cette cuvée 2009. Bon, c’est du Russell grande année, entre country, blues et rock. A la première écoute, nous reconnaissons la composition de final : un régal ! Deux magnifiques ballades “To you my love” et “Sweetest Tenderness”, “Texas Blues Again” pour rappeler ses origines, “Halloween” pour fixer sa naissance, “Rolling Wheel” pour continuer d’avancer. La reprise de cet album : “Gangster of love” de Johnny Guitar Watson, une chanson qui colle bien à Calvin. “Are You waiting ?”, digne de One Meat Ball, dans la foulée “Dawg eat Dawg” se terminant sur un chant de muezzin, “Too Old to Grow Up Now”, et pour finir “5 m2” avec la voix de Gérard Lanvin, superbe !

Bon c’est fini. Alors ? Quel est le verdict ?

Notre soldat irréductible n’est plus à Là la croisée des chemins. La crise est passée par là. Le constat est explicite. Il n’y a plus de rêve du chien. Les chiens mangent les chiens, et les hommes font de même pour le fric. Mais qu’attendons nous pour changer cela. Trop vieux pour grandir, il reste l’amour de et pour ses proches.
Ah ! Il a de la caisse, de la classe, le dernier Russell. ! A 61 ans, celui qui doute de son apport musical a encore des états d’âme, des coups de gueule et de bien belles chansons à faire partager.
Accompagné sur de nombreux titres par Manu Lanvin (guitares), Diabolo Paltsou (harmo), Nikko (ex Dolly, divers instruments), Raphael Chassin ou Franck Ridacker (batterie), Didier Théry (basse), Calvin a enregistré entre Austin, Paris et Marrakech cet album produit par Manu Lanvin. Malgré divers lieux, divers musiciens, une grande homogénéité se dégage de l’album et l’assemblage est excellent !
Tout ne se dégage pas de la première écoute, mais franchement on y revient avec délectation. Incontestablement une cuvée de garde qui se bonifiera avec le temps ! Allez, un coup de plus, j’y reviens !…


Calvin Russell live à l’entrepont D’Issy-les-Moulineaux en juin 2009

…Hips, avant que vous ne m’accusiez d’être addict au Russell nouveau, une précision. J’ai eu l’occasion de voir le bonhomme, en juin, à Issy pour la fin de la saison 2008 2009 de l’association locale Crossroads. Dans le cadre d’un concert acoustique à trois guitares, il nous a distillé avec humilité et générosité un concert qui a mis le public présent en liesse collective. Alors, si vous m’en croyez, n’hésitez pas à aller le déguster lors de sa tournée automnale 2009. Vous en reviendrez ivre… de bonheur !
Allez, one more time… only for the road to the pleasure !
http://www.myspace.com/calvinrussell

Serge Sabatié
Photo : Miss Béa

 

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