Concerts de Mai 2008

Les concerts

John Ellison, Jazz Club Lionel Hampton
John Ellison était en représentation au Jazz Club Lionel Hampton du 20 au 24 mai 2008. Méconnu dans l’hexagone, l’ancien fondateur des Soul Brothers Six dispose pourtant d’un parcours remarquable. Né en Virginie Occidentale, aux pieds des Appalaches, en 1941 John est parvenu à échapper au plaisant travail de la mine et s’expatrie à la fin des fifties dans l’Etat de New York. Il n’a que 18 ans et accumule tout une liste de petits boulots. Il intègre plusieurs petits ensembles comme The Continentals (avec le bluesman Joe Beard), puis The Satans Four avant de monter sa propre formation sous le nom des Soul Brothers Six. Ce groupe est composé non pas de six frères Ellison, mais des trois frères Armstrong (pas Louis ni Lance mais Charles, Moses et Sam) auxquels viennent s’ajouter deux cousins Armstrong Gene et Harry.


John Ellison

Le groupe enregistre chez Fine deux 45t. avec « Stop Hurting Me », « I Don’t Want to Cry » et « Move Girl » puis enchaîne sur le label de Philadelphie Lyndell. La voix de John Ellison, bien charpentée par des années de chorale est le principal atout du groupe. Remarqué par diverses stations radio le groupe attise l’intérêt d’Atlantic et le 30 mars 1967 réenregistre « Some Kind of Wonderful » qui fera une éphémère apparition dans les classements pop de l’époque. Ce titre restera à jamais le meilleur hit de John ; curieusement repris par une multitude d’artistes : Conway Twitty, Buddy Guy, Osmond Brothers, Little Milton, Huey Lewis & the News, l’impayable version des Inmates en 1980, puis à l’orée du nouveau millénaire par Ringo Starr, Steve Marriott, Joss Stone et Pam Greer. Mais c’est bien sûr la version du groupe Grand Funk Railroad qui marquera les esprits à jamais ; le groupe de Mark Farner réussira à faire grimper le titre gospel d’Ellison sur la troisième marche des charts pop.
Malheureusement, les 5 singles suivants enregistrés par Atlantic ne bénéficient pas d’une grosse promotion ; la formation des Soul Brothers souffre aussi de trop de changement de personnel et le label d’Ahmet Ertegun ne donne pas suite. Le groupe se sépare au début des seventies et John décide de reformer un nouveau groupe les Phil-L.A. of Soul. Malgré quelques succès d’estime durant le début des seventies, John Ellison ne parviendra jamais à regagner le sommet des classements. Il se retire du chemin des studios, préférant vivre confortablement de ses rentes. Au milieu des années 90, une publication Ichiban lui redonne l’envie de se remettre à la musique. Le public ne l’a jamais oublié et il enregistre en 1997 « Missing You » publié chez Louisiana Red Hot. Depuis une dizaine d’années, John qui partage sa vie entre le Canada et les States participe aux plus grands festivals et de multiples rééditions de ses premiers enregistrements témoignent de la ferveur des fans du début. Un nouvel album devrait sortir à la fin de l’été.


John Ellison sur la scène du Méridien


José Palmer et Silvio Marie

John Ellison, Live at the Méridien :
Pendant presque trois heures, John Ellison aura délivré une excellente prestation au Jazz Club Lionel Hampton. Voix expressive toujours aiguisée et sans faiblesse, registre très étendu, c’est aussi sa capacité à bien occuper la scène qui a étonné, la flamme est toujours là. Bien épaulé par ses accompagnateurs attitrés, à savoir le batteur Dean Crawford et l’étonnant saxe alto Neil Brathwaite, tous deux issus de Toronto, et de l’excellente doublette parisienne Silvio Marie à la basse (ex Eddy Louiss, Mory Kante) et José Palmer en seconde guitare. Ce jeudi, Ellison avait choisi d’orienter son répertoire vers d’habiles relectures entrecoupées par de rares compositions et même de nouveaux titres, puisqu’un nouveau cd devrait normalement voir le jour d’ici peu. Parmi les reprises, le public assez nombreux aura pu apprécier en particulier « Knockin’ On Heaven Door » et « Like a Rolling Stone » (Dylan), « All Night Long’ (Benson), « I Don’t Need you no More » (de Curtis Mayfield mais immortalisé par Maxine Brown et le J Geil’s) « Somebody Needs to Love Somebody », « You and I », des inusités de Jerry Butler et de Gladys Knight, sans oublier de gros show sur « Johnny B Good » et « Proud Mary » (guitare aérienne et gros groove à la basse). Parmi les rares nouveautés, l’assistance aura pu apprécier « One Way of Wich » un soul blues velouté. Bien sur un concert de John sans « (She is) Some Kind a Wonderful » ne peut se concevoir et le public aura droit à une splendide version de ce hit qui colle à la peau d’Ellison depuis quatre décennie. Vu l’heure tardive, le troisième set sera exclusivement consacré à un registre porté sur les ballades et le slow down de manière parait-il à ne pas déranger les clients du complexe. Une soirée réussie même si un peu trop édulcorée sur la fin.

Awek au One Way
En ce beau mais orageux dimanche 18 mai, la formation de Toulouse était en représentation au One Way. Le groupe ayant été maintes fois chroniqué sur ce site, nous n’épiloguerons donc pas, mais le niveau est constant, on pourrait même parler de Classe Internationale mais je crois avoir déjà employé cette locution. En un mot Messieurs de Toulouse, Chapeau pour avoir comblé de plaisir une salle bien peuplée.

Zora Young au café Loom
L’association KriKriblues avait programmé Zora Young et Natural Blues en ce lundi 19 mai au café Loom de Saint Ouen. L’endroit est sympathique, le personnel accueillant, on peut s’y garer aisément et surtout la cuisine à l’italienne y est prometteuse. Seul petit bémol, le houblon a dû subir une catastrophe naturelle car il y est vendu plus cher que partout ailleurs… Pas grave me direz vous… j’ai bu de l’eau ! Le petit Hic de la soirée ne se situe pas dans le prix d’une pression mais dans la présence de la vedette programmée. La Diva de Chicago dispose d’une discographie agréable, elle a joué et collaboré avec une longue liste de vedettes internationales (Willie Dixon, Paul DeLay, Sunnyland Slim, Junior Wells, Albert King, Jimmy Dawkins pour ne citer que les principaux) et semble désormais profiter de tournées européennes et asiatiques. Mais un concert de Zora Young sous entend qu’elle y participe un temps soit peu.


Zora Young

Début du concert à 21h30 (au lieu des 21h comme annoncé) avec Natural Blues, sympathique formation locale, et arrivée de la Diva à 22H58. Je ne peux pas être plus clair. Tel le furet du bois joli, quatre titres et puis s’en va à 23H19 pile poil. Je trouve que cela fait beaucoup d’attente pour pas grand-chose, surtout avec une entrée à 15 euros. Aux dernières nouvelles, il semblerait que Miss Young en ait remis une couche (encore 4 morceaux pour un troisième set non annoncé). Et pourtant elle a été acclamée et demandée la Diva. Bon j’avais été invité, je n’ai déboursé que le prix de mon repas et d’une eau gazeuse. Ce qui peut amuser, prêter à sourire la première fois risquerait de fâcher à la seconde. Que les absents se rassurent, vous avez ici une photo qui résumerait presque le concert.

Le Kingbee

 

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