Cognac Blues Passions 20 ans et sacrément amoché!

Chroniques de concert

Comment effectuer un compte rendu d’un festival tel que celui de Cognac sans succomber à la tentation de beaucoup de “vieux” habitués de ce lieu qui fut un incontournable pour tout amateur de musique bleue ? Ailleurs que dans nos colonnes, certains ont tourné la page de ce festival (simplement plus d’accréditation ? ) ou se complaisent à ressasser le bon temps où c’était mieux avant. D’autres tout en restant dithyrambiques dans leurs propos sur leurs sites ou fanzines (ben il faut bien ménager un peu les organisateurs si on veut revenir avec une accrédit l’année prochaine !) reprennent en aparté nombre de critiques pertinentes concernant ce festival.

Pour notre part, nous avons toujours payé nos places, réservé nos pass et nous ne devons rien en retour aux organisateurs ce qui nous conduit d’année en année à garder une totale indépendance, un esprit critique toujours en éveil que ce soit sur la programmation ou sur les conditions même du déroulement de la manifestation.
Comment ne pas apporter notre contribution à un bilan mitigé comme l’a constaté la presse locale que ce soit sur la fréquentation (en baisse) la programmation sans fil rouge, la place de plus en plus relative accordée au blues au sens large,…

Asaf Avidan & Band

Asaf Avidan & Band

Osaka Monaurail orchestre

Osaka Monaurail orchestre

A Cognac, qu’il fasse orage (comme à Jarnac cette année) ou qu’il fasse chaud (enfin l’été) ce n’est pas “One bourbon one scotch one beer“ que l’on nous invite à consommer mais bel et bien la production locale qu’elle soit estampillée de telle ou telle étiquette. Au point que cela en devient malsain quand on ne sait plus ce qui dans le cadre de la programmation relève réellement de choix musicaux ou de plans marketing pour valoriser l’image du produit à l’export. Car il apparait de plus en plus difficile de ne pas tenir compte des principaux sponsors de la manifestation, de leurs objectifs ou du retour sur image à l’étranger escompté par la programmation de tel ou tel artiste.
C’est ainsi que la programmation s’ouvre de plus en plus à la new soul souvent insipide, quand ce n’est pas au rap aseptisé, voire cette année à une formation japonaise pleine de jamesbrowneries de second ordre réalisées de manière mécanique par des petits clones kraftwerkiens.

The Hives

The Hives

Donc, pour nous simples amoureux de la blue note, il nous faut valider l’effet ressenti par les vidéos et autres téléchargements effectués dès l’annonce de la programmation (très retardée cette année) pour vérifier ce qui relève du marketing, des propositions non retenues (les dates en France de Patti Smith, Iggy Pop ou Mark Knopfler ne collaient pas) des succédanés pour constituer une affiche acceptable, des réels choix musicaux, de la programmation de groupes français ou étrangers peu connus et des quelques plans blues authentiques encore présents ici ou là.
Nous investissons deux pass sur la présence de quelques noms, nous réservons notre hébergement, nous prenons l’autoroute depuis la capitale et roulez petits bolides. Notre semaine à 1000 euros pour deux est lancée. (je ne vous parle pas de la semaine de congé que votre employeur vous déduit royalement de votre quota annuel) A vous de voir après, si votre investissement était pertinent ou pas. Et vous voudriez que l’on ne soit pas exigeant ! Et vous voudriez que l’on ne relève pas ce qui au fil des ans nous amène à être de plus en plus amers.

Tout d’abord, il faudra nous expliquer les choix à Jarnac qui d’année en année essaient de constituer un mélange musical inconciliable entre les Anciens et les Modernes. Mélanger programmation commerciale, grand public en direction des jeunes et programmation blues pur et dur est un non sens pour une jauge avoisinant les 3000 places. C’est ainsi que régulièrement les concerts sont sold out plusieurs jours à l’avance. Et une fois terminé le spectacle pour lequel les jeunes sont venus, les plus âgés se retrouvent beaucoup plus à l’aise car les jeunes quittent l’île n’appréciant pas le spectacle suivant. Ce fut particulièrement flagrant l’année passée où ceux et celles venu(e)s pour Selah Sue trouvèrent la tribu de chicagoans constituant the Living History peu à leur goût. Cette année encore une réelle déperdition suivit la prestation de Asaf Avidan. Il faut dire que papy Jimmy Johnson du haut de ses 84 ans constituait un contraste saisissant avec son jeu de guitare limpide.
Nos parents écoutaient tangos, musette avec pianos à bretelle ou chanson française. Toute une génération aujourd’hui composée de sexagénaires bon teint se sont retrouvés en rupture avec ces musiques. Rockabilly, rock and roll, blues, rythm and blues ont été les bases constituantes de notre éducation musicale. Aujourd’hui, nos enfants écoutent techno, rap hip hop, world ou reggae. Parfois nos écoutes peuvent se rejoindre mais cela est rare. Alors pourquoi vouloir concilier en un même lieu ce qui n’a pas de raison d’être ? Faire venir des musiciens qui attirent la jeunesse pourquoi pas, mais autant le faire dans un lieu qui permettent à chacun de pouvoir venir même sur un choix de dernière minute.

Mais c’est loin d’être la seule critique. Regardez cette année, les organisateurs ont décidé de privatiser la gestion des boissons et sandwiches à une entreprise, Nicolas Events, qui dès le mercredi soir est incapable de fournir à partir de 20H30 quoi que ce soit à manger. Mauvaise humeur des festivaliers obligés de ressortir pour trouver quelque chose à consommer dans les commerces encore ouverts à l’extérieur.
Le lendemain, à midi, le stand n’était pas encore ouvert pour un café ou une viennoiserie ! Et ayant négocié l’exclusivité, nous n’avons pas eu droit aux produits du terroir ! Le reste de la semaine, des queues dignes de l’ère soviétique pour les frites ! La société retenue te fait bouffer beaucoup plus cher que les années précédentes et en plus elle n’a pas prévu de chaises et tables en regard de la scène de l’ex Eden rebaptisée cette année Expérience. Ces tables et chaises étaient fort appréciées les années antérieures par la population un peu âgée qui ne voulait pas se mettre directement au pied de la scène ou dans la pelouse. Ne restent que les marches du musée pour les spectateurs plus âgés mais les places au fil des concerts sont vite prises d’assaut. Veut-on dissuader les auditeurs âgés de venir aux spectacles, y compris ceux gratuits dans la journée ?

Autre exemple : la multiplication des caissons de basse aux pieds des scènes devient un repoussoir pour des personnes aux tympans fragiles. Les organisateurs auraient peut être plus de profit à réduire l’utilisation de ces caissons qui sont contre productifs pour de véritables connaisseurs, obligés de s’éloigner de la scène pour essayer de percevoir autre chose que les dum dum des basses qui couvrent les autres instruments. S’ils peuvent se justifier pour certains concerts au Blues Paradise (et encore) cela apparaît complètement disproportionné pour une scène comme l’ancien Eden où lorsqu’il y a 1500 personnes devant, c’est bien le maximum !
Et ce n’est pas la distribution de bouchons réducteurs qui apparaît être la solution. La municipalité cognaçaise intègre des dimensions écologiques dans sa politique locale et devrait intervenir sur cet aspect auprès des organisateurs. Cognac Blues Passions ce n’est pas le Hellfest, les Eurockéennes ou les Vieilles Charrues par exemple où la sonorisation des scènes requiert une adaptation en fonction d’une fréquentation autrement plus importante que celle de Cognac.

Lutter pour une bonne écoute lors de concerts en publics est une œuvre d’éducation musicale. Le succès reconduit d’année en année de la formule au château François 1er est révélateur de cet état de fait. Une acoustique adaptée, un lieu superbe surtout par les fortes chaleurs de début d’après midi, et un lien privilégié entre musiciens et spectateurs auditeurs. D’année en année le succès ne se dément pas. Aussi, lorsque l’on nous annonce que les détenteurs du pass ne pénétreront qu’après les personnes qui ont pris les places, la colère sourd des rangs des aficionados qui bien calmement pendant un peu plus d’une heure ont attendu qu’on leur dise que 135 personnes d’associations locales passeront avant. Rebelote le lendemain . Quant au dernier jour, une mauvaise info a amené un certain nombre de spectateurs potentiels à ne même pas se présenter au château alors qu’il y avait encore des places libres en fond de salle. Et le même phénomène s’est reproduit aux anciens abattoirs (pour les mêmes raisons de jauge) pour des détenteurs de pass qui se sont vus refuser l’entrée.
Le pass ne donne pas tous les droits mais il faudra trouver des solutions pour des salles dont les jauges sont limitées. Des détenteurs de pass qui ne peuvent pas rentrer parce qu’ils sont arrivés trop tard par rapport à des locaux pour qui la venue au château ne représentent qu’un moyen d’être vu ou de se faire voir et qui n’écoutent les artistes que d’une oreille décontractée, laissent des traces dans les mémoires pour une éventuelle reconduction de l’achat du pass l’année suivante. Imaginons une grosse association qui réserve huit jours avant, arriver à trois cent et qui laisse les détenteurs de pass souvent réservés depuis des mois à l’extérieur. L’ambiance serait chaude, pas seulement en raison de la température ! Faut-il imaginer un pass spécifique pour le château ? Faut-il un logiciel qui ne retienne que la date de réservation comme critère de sélection à l’entrée ? Nous n’avons pas de solution toute faite mais il devient malsain d’année en année de voir que le détenteur du pass qui investit souvent plusieurs semaines avant le festival et qui en fait constitue de la liquidité financière pour les organisateurs se voit considéré comme un péquin lambda.

Pour terminer ces longs préliminaires sur les conditions d’organisation, signalons deux points positifs (à nos yeux). Tout d’abord la volonté des restaurateurs de la place François 1er de dépasser la cacophonie des dernières années et de maitriser en terme de coût et de choix musicaux une petite programmation d’un festival off sans les aides logistiques de Blues Passions. Grande scène centrale sur la place, sono adéquate, public présent, tout est réuni pour que l’on entende encore du blues dans les rues du centre ville. A l’avenir les groupes ont l’occasion de développer ce off en prenant contact avec ces restaurateurs. Un plus de leur part serait d’annoncer sur internet leur programmation. L’idée pourrait s’étendre à d’autres places de la ville si des volontés existent (tant de la municipalité que de localiers)
Deuxième point positif, la présence de l’équipe jeune et dynamique de la librairie Le Chapitre d’Angoulême, qui alors que ce n’est pas leur cœur de métier, ont su pour la deuxième année de leur présence sur le site du festival avoir un éventail de disques (et de livres mais c’est plus normal) relativement large permettant à un public allant du non initié au plus connaisseur de trouver quelques rondelles à ramener en souvenir !

George Thorogood and the Destroyers

George Thorogood and the Destroyers

Et la musique dans tout ça !
Car il nous faut bien parler de musique. Nous n’emploierons plus le terme de blues pour caractériser la programmation. Particulièrement pour les scènes du Blues Paradise et de l’ex Eden où se succèdent aussi bien des individus qu’une habile promotion remet en selle pour une xième tentative de retour que des groupes confirmés dans leur domaine (rock garage au deuxième degré propret sur soi comme The Hives) ou des artistes qui n’ont plus rien à nous apporter que la reprise de leur trois premiers albums vieux de 35 ans comme Georges Thorogood (qui fit ce qu’attendaient ceux venus vérifier que la nostalgie se portait toujours bien) mais qui le fit bien et de manière convaincante, en tout cas pour quelqu’un qui ne l’avait jamais vu en public !

Beth Hart pendant  la balance

Beth Hart pendant la balance

Beth Hart prouve qu’au delà de ses collaborations récentes avec Joe Bonnamassa, elle a des atouts vocaux à faire valoir même si nous avons préféré le niveau sonore de ses balances au spectacle en soirée (encore les caissons ! )
Ben Harper & Charlie Musselwhite têtes d’affiches du samedi firent ce pourquoi ils étaient venus et réussirent à valoriser leur travail commun autour de leur dernier opus. Le succès fut au bout du récital et quatre rappels enthousiasmèrent le public et votre serviteur mais nous ne pouvons être complètement objectif quand notre discothèque comprend plus d’une trentaine de rondelles des deux impétrants).

Rokia Traore

Rokia Traore

Nous qui avions regretté les années précédentes l’absence de musiques maliennes (nous avions écrit qu’un grand guitariste comme Ali Farka Touré grammy awardisé pour son travail avec Ry Cooder n’avait jamais eu les faveurs de la programmation de son vivant !) nous profiterons de l’occasion pour saluer la présence de Rokia Traoré qui à l’ex Eden sut tirer son épingle du jeu devant un public qui visiblement connaissait mal son répertoire. Celui-ci fut touché par la beauté gracile de ce petit bout de femme qui réussit le tour de force de ne pas interpréter “Mélancolie” premier titre extrait de son dernier album sortie au début 2013.

Bombino

Bombino

Dans le même registre, saluons la prestation extraordinaire de fluidité du tamacheq nigérien Bombino qui sut prouver qu’au delà du buzz médiatique autour de son dernier album produit par Dan Auerbach des Black Keys, il n’est pas besoin de basses monstrueuses pour faire entrer en transe un public qui chaloupait bien à la fin de son concert. Né de la répétitivité de séquences musicales la musique de Bombino comme de bien d’autres artistes touaregs, croisement entre guitare électrique et constructions musicales traditionnelles, est une invite permanente au voyage et au dépaysement. Nous profiterons de l’occasion qui nous est donné dans ces colonnes pour réparer une erreur souvent commise à la vue des sites de vente par correspondance qui ne présentent que deux albums de Bombino. Ces deux albums occidentaux ne sont pas les seuls du nigérien. Citons tout d’abord celui paru sous le nom de Group Bombino en 2007 sur le label américain Sublime Frequencies “Guitars from Agadez Vol 2” enregistré dans le désert. De même que l’enregistrement uniquement en digital disponible sur le site tamasheq.net sous le nom de “Agamgam 2004”. Pour être complet sur cet artiste si vous avez une platine vinyle préférez l’album Agadez en double 33 tours, vous bénéficierez de 3 titres live en plus de la version CD. Le label Cumbancha vient en juillet de rééditer ce double LP. Pour être exhaustif vous trouverez 5 titres live de Bombino sur la version CD du film allemand “Woodstock in Timbuktu” réalisé par Désirée von Trotha lors de l’avant dernier festival au désert de 2011

Signalons la présence de Tia & The Patient Wolves sur la grande scène, en première partie de Charlie Musselwhite & Ben Harper pour ce qui semble bien être la dernière nomination du prix Cognac Blues Passions. En effet pas d’annonce pour un prix 2013. Espérons que d’autres festivals continuent à promouvoir par le biais de tremplins, de prix, de groupes retenus pour des festivals européens ou nord américains, des musiciens français amoureux de la note bleue. La défection de ce type de promotion des artistes hexagonaux par un festival comme Cognac est une preuve supplémentaire du désamour qui ne cesse de s’approfondir entre le milieu bleu qui pendant des années a contribué à faire de Cognac ce que nous qualifiions il y a quelques années de La Mecque du blues en France et des organisateurs autistes qui dans la presse locale ne voient pas ce malaise ou feignent de l’ignorer ou de le réduire.

 

Parlons Bleu !
Du bleu azur, marine, roi, ciel ou autre, on en trouve encore dans les rues de Cognac, autour de la place François 1er, de la place de Canton au XO jam sessions. On ne dira jamais assez de bien une fois encore du blues au château. Nous y vîmes Jimmy Johnson qui à bientôt 85 ans donne encore le frisson, Lucky Peterson qui a démontré tout son savoir faire aussi bien à la guitare qu’au piano. Sa prestation au château fut, de l’avis de connaisseurs, meilleure que celle du lendemain à l’ex Eden où Lucky Peterson paraissait au service de Tamara, sa femme chanteuse. Pour finir , c’est avec un très grand plaisir que nous écoutâmes Jimmy Burns nous raconter moult anecdotes autour des chansons qu’il présentait. Le duo des deux Jimmy fut également un moment fort.
Shemekia Copeland, impressionnante, comme à son habitude, sut conquérir le cœur du public par un show bien rodé où les solos alternés d’Arthur Nielson et Willie Scandlin, courts et précis, faisaient merveille. Un petit a cappella et le public, ravi, applaudit à tout rompre.
Fred Chapellier et Tom Principato, nous obligeant à écourter notre présence au château, ont satisfait un parterre qui attendait Fred, prouvant ainsi que celui-ci s’est gagné un public d’amateurs de plus en plus large dans la communauté bleue. Ceci n’enlève rien au mérite de Tom Principato qui ne fit pas que jouer les utilités. Leur spectacle en duo n’en est plus à ses débuts et l’on sent une vrai complicité entre les compères.
The Jon Spencer Blues Explosion divisait ceux qui connaissait le trio avant le concert. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la prestation produite n’a rien fait pour rapprocher les opinions de ceux qui connaissaient, pas plus que de ceux qui découvraient. La prestation du trio en bord de scène sans profondeur pour la batterie, avec une lumière bleue glaciale pour le peu qui était éclairé a été à la hauteur de ce qu’en attendait les uns et les autres. Mais il est certain qu’aucun transfuge ne s’est précipité dans le camp adverse !

On croise des variétés de bleu au jardin public également pendant la journée. Et là nous devons reconnaître que même si notre besace est mince, nous avons eu quelques coups de cœur devant des confirmations ou des révélations.
Citons donc Francesco Piu, guitariste italien, jouant en trio (harmonica, batterie) qui a déjà réalisé trois albums dans un style acoustique roots de très bon niveau. Le public parisien pourra profiter de sa présence à Tremblay le 18 janvier 2014 dans le cadre de la soirée blues européen organisée par l’équipe de la scène Jean Roger Caussimon.
Ayant déjà réalisé également 3 albums, le quatrième étant sur le gaz pour cet automne, Babajack, groupe anglais autour de Trevor Steger guitare, dobro et winebox guitar et Becky Tate aux vocaux et percussions diverses. Déjà vu en duo lors de leur passage à Toulouse lors du 3e European blues challenge, ils se présentaient en trio accompagnés d’un bassiste à Cognac. Un cadre plus large que les 20 minutes imposés à Toulouse leur ont permis de se gagner les faveurs du public matinal.
Hawa, groupe mené par Jennifer “Hawa” Zonou nous a impressionné par la qualité de sa prestation scénique. Si son premier album “My Little Green Box” avait recueilli des critiques élogieuses, son deuxième “Another Tree” sorti en juin prend le même chemin. Mais au delà des galettes c’est la présence scénique, le charisme que dégage Hawa et son tempérament qui emportent le morceau. Du Rhythm and Blues péchu, de la soul de caractère mélangés à du funk font du bien par ces temps de soul aseptisée.
Mig Toquereau, que l’on a plus l’habitude de voir comme bassiste que ce fut chez Doo the Doo ou en compagnie des Honeymen quand ce n’est pas au sein de Loretta & the Bad Kings, a troqué la quatre cordes pour la six acoustique et a enregistré un mini six titres qui sert de support à sa présence sur scène. Seul, sans fioritures, il balance de bons vieux standards et sur CD trois compos. Cela respire les roots, le sud mississipien et nous donne l’occasion de réentendre Mig en tant que chanteur.
Z-Star, menée par Zee Gachette, anglo trinitéenne a convaincu beaucoup de spectateurs par une présence sur scène indéniable. Armée d’un EP quatre titres pour l’instant (l’album est en cours de finalisation après avoir été enregistré en début d’été avant la tournée des festivals), nous devrions bientôt entendre parler de cette bombe bleue dans le cadre d’un blues contemporain survitaminé.
Les Heymoonshaker, duo anglo neozélandais, accompagnés de Lorenzo Sanchez ont eux aussi démontré leur savoir faire dans un domaine difficile alliant human beat box et guitares. Probable qu’eux aussi retrouveront le chemin des salles bleues si les programmateurs frileux savent ouvrir leur programmation aux expériences que réalisent certains autour du blues.
Idem pour le groupe toulousain Scarecrow qui mélange hip hop, funk et blues. Raté à Toulouse en mars (nous n’étions pas dans la bonne salle !), après lecture de nombreuses critiques favorables, nous ne voulions pas les louper à nouveau. Il faut de l’attention pour pénétrer leur univers de mélange musical mais cela en vaut la peine. Produit du terroir métissé toulousain, leur univers n’a rien à envier à ce qu’ont pu amené des Félix la Putaragne, Zebda ou autre Spook and the Guay dans leur domaine respectif. Là aussi, certains devraient se saisir de la possibilité de programmer ce groupe qui déjà tourne beaucoup dans les festivals de musiques actuelles.

That’s all, folks!
La place du blues est réduite dans ce commentaire à l’instar de sa place réelle dans ce festival qui même pour son vingtième anniversaire n’a pas su trouver ses marques. Trop disparate, sans fil conducteur tout au long des journées, ce festival ne mérite plus l’appellation blues.
Les organisateurs de CBP annoncent dans la presse qu’ils vont travailler à la redéfinition de plusieurs points. Qu’ils aient le courage de supprimer le mot blues de l’intitulé ! Ce serait plus honnête vis à vis de tous ceux qui durant ces vingt ans d’existence, ont par leur présence tant sur scènes que devant celles-ci, contribué à la réussite d’un festival qui pour des raisons économiques, a perdu son âme !

Serge Sabatié
Photo Miss Béa

 

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4 Commentaires
  1. Jérôme Travers 6 années Il y a

    Toujours un dilemme ce compte rendu du Blues Passions, un je t’aime moi non plus qui dure depuis longtemps comme tu l’écris certains font de plus en plus l’impasse …

  2. Jipes 6 années Il y a

    Pour ma part ca fait déjà quelques années que je fais l’impasse comme pas mal de Festivals a trop grandir on perd son âme et le résultat ne fait que se confirmer d’année en année malheureusement

  3. Claude Dannic 6 années Il y a

    Je suis tout à fait d’accord avec ce qu’écrit Serge et Jipes. Le festival a perdu son âme il y a bien longtemps en ouvrant la porte à des artistes comme Zuchero. Depuis la situation n’a fait que s’aggraver. Pour être juste, le Cognac Blues Passions devrait changer d’appellation, le blues n’y ayant plus droit qu’à des strapontins.

  4. Claude Dannic 6 années Il y a

    avec ce qu’écrivent Serge et Jipes. J’avais oublié le pluriel. Désolé…

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