Captain Leroy, le zydeco du Nord !

Default Icon

Captain Leroy and the Zydeco Locals – Stay a Little Longer – Autoproduit
Pendant très (voir trop) longtemps, on a cru que le zydeco ne s’apparentait qu’au seul et unique Clifton Chenier ; puis on a admis que le genre relevait de la Louisiane, jusqu’à ce que certains chercheurs remontent jusqu’au Texas où le zydeco est très actif, principalement sur la scène de Houston. Force est de constater que si le genre reste quelque peu ignoré des grands médias et des gros supports, il attire de plus en plus de sympathie.

! 4 titres en téléchargement gratuit légal sur le site des Zydeco Locals

Il faut peut être y voir là le besoin d’un retour aux sources, d’une musique gaie, dansante, simple, qui s’écarte du formatage et des produits que l’industrie mondiale du disque a essayé de nous faire ingurgiter pendant des années. Peut être aussi retrouve t-on dans cet intérêt un besoin identitaire (bien salutaire).
Force est de constater que si les amateurs de zydeco et de cajun sont en croissance constante et sont originaires de tout le territoire américain, aussi bien qu’européen et japonais, les formations de zydeco et de nouveau zydeco commencent à dériver de presque tout le territoire US.

Captain Leroy and the Zydeco Locals en est le plus parfait exemple puisque le combo nous vient de Seattle. Le visuel de la pochette nous montre un quintet 100% « blanc », chose rare en zydeco. Ce qui frappe aussi d’emblée c’est le nom de la formation. Peut être faut-il y voir un clin d’œil au capitaine Leroy Homer, pilote de l’avion qui s’est écrasé en Pennsylvanie durant le 11 Septembre 2001 ou bien s’agit-il tout simplement du prénom du leader ? Au niveau du répertoire, sur les 12 titres proposés nous avons droit à 8 relectures, les 4 morceaux restants étant piochés dans le traditionnel ou le domaine public. On ne peut donc pas dire que le groupe soit porté sur la composition. Fondé en 2001, le groupe a cependant un son et un cachet bien a lui, n’hésitant pas à apporter sa personnalité propre à l’ensemble des morceaux. Les influences des Delafosse et surtout du grand Boozoo Chavis sont perceptibles, le groupe ayant de plus choisi en guise de titre d’album un air de Chavis. Tous les membres de la formation sont issus de la scène de Seattle, hormis le batteur Cutts Peasley qui a longtemps vécu à la Nouvelle-Orléans et qui a fait ses armes avec des musiciens louisianais. La mise en place est excellente et on affaire ici à un ensemble parfaitement cimenté. Ce qui frappe aussi c’est la dextérité du frottoir et là c’est une dame qui s’y colle, Tina Morrison qui officie également au triangle et comme choriste. On dit généralement que les bons frotteurs sont ceux qu’on n’ entend pas, et là c’est réussi avec un grattage qui se fond parfaitement dans l’ensemble ; mais attention quand la dame doit se faire entendre, elle n’hésite pas ! Le guitariste Kevin Kilmartin apporte sa pierre à l’édifice (il semble que Kevin ait quitté le groupe il y a peu, remplacé par Randy Neal) idem pour Skye Wait à la basse, excellent sur « Hot Tamale Baby ». Mais le petit plus du combo réside en Leroy Radford qui apporte une petite touche à l’accordéon à boutons et au chant. Ce dernier est capable de chanter en créole mais aussi de prendre des intonations qui sonnent Africa et Reggae, pas désagréable surtout dans un contenu qui se veut tout de même assez traditionnel.
Au niveau des quatre morceaux Trad, signalons que « La Pistache a Tante Nana » est un vieux titre des années 20, remis en circulation par Danny Collet et qu’il est parfois accrédité à Sidney Brown ; « Bernadette », un standard qui figure sur des albums de Geno Delafosse et du grand Boozoo, provient probablement de la plume de Canray Fontenot (Fernest Arceneaux prétend qu’il en est l’auteur). « Port Arthur Blues » a connu quelques superbes versions swamp (Phillip Walker et Lonesome Sundown) mais le titre a très certainement été composé par Leo Soileau ; enfin « Zydeco Locals Mardi Gras » est une variante de « Mardi Gras Zydeco » et de « Zydeco Mardi Gras » … ça va ? Pas trop perdu ?
La petite dédicace sur le dorsal de la pochette est clairement explicite : « Dedicated to Our Dancers » Avec ce tout premier disque, le Captain Leroy nous délivre un répertoire très rythmé destiné aux amateurs de dance floor et de line dance. Mention au rythmé « Oh Bye Bye », au lancinant « Hot Tamale Baby » (reprise de Clifton Chenier), à « Port Arthur Blues » et ses paroles en cajun, au subtil « Zydeco Locals Mardi Gras » avec la participation du saxophoniste Scotty Harris et à « Dance All Night » (Stay a Little Longer) ; on a affaire globalement à un disque de très haute tenue sans pièce faible oscillant superbement entre zydeco traditionnel (mais renouvelé) et cajun. Une excellente surprise.

Le Kingbee

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?