The Buttshakers !

Buttshakers ou Budshakers à moins que ce soit…Buckshakers ? Ma mémoire me joue des tours suite à ce que je viens d’esgourdir chez l’Ami Serge. Pour ne pas faire dans le cliché, ce gang déracine le Rythm’n Blues à la sauvage à grands coups de cuivre épais sur le cuir d’une guitare ramonant à la punk, reprises et compos persos.
HIGH ENERGY!
Ca sent le ghetto, les soirées sur le fil du comptoir au coude à coude du samedi soir dans le même monde où les Southside Johnny, Barrence Whitfield et compagnies alignaient les gigs comme les pompes à bières et les doseurs les tournées.
One more shot.. .de n’importe quoi du moment que ça chauffe… la tripe, la gonzesse d’à coté et le sang. Bref qu’on y mouille gras et tiède tout ce qui traine.
Donc pour ne pas faire mon Marcel je reviens au sujet.

Déjà la chanteuse a tout bon. Une voix qui te dénoyaute le moule-boules et le cerveau dés qu’elle en pousse une. A la Tex Avery, t’as la machoire qui descend à la cave et les poils qui se transforment en clous de fakir. Les titres se déroulent et s’enroulent comme dans une baston à la chaine de vélo sans te laisser le temps de respirer. Ray Charles aurait adoré ça… en tout ! En bloc… yes c’est ça… en blocs comme ceux qui y trainent en bas dans les bouquins de Richard Price et Georges Pelecanos et les toiles de Mario Van Peebles. A la PIMP !

Pour se brancher sur le secteur avec cette panthère, il fallait pour lui coller au cul une sacrée bande de marlous. Avoir bouffé de la vache enragée mais aussi du lion. Je sais c’est facile mais je suis pas peu qu’aux anges de l’avoir étalé ce mastic car derrière tout est saucissonné bien chaudot par nos soudeurs de Lugdunum. Pas un hasard quand on y réfléchit en traversant les zones industrielles de la région. Les kids du coin comme ceux de Détroit (pas un hasard non plus la comparaison) ont une tradition de gueules et de voix noires et la bande son bleue directement lampée à la torchères des raffineries et tous les compteurs dans le rouge… when saturday comes !
HIGH VOLTAGE !
Remember Robert Lapassade et pas mal d’autres.

Bref un rock de métallos et pas métal entre Killdozer, Ganafoul, Snappin’Boys, Factory et now BUTTSHAKERS… ça y est ! j’ai retrouvé le nom…
“Bon maintenant Monsieur…vous arrêtez de me baratiner et vous ouvrez le coffre de la bagnole et vite”.
“Okay…okay!”… déballons donc la came.

FIRST… le CD et là c’est du lourd, du gros calibre, de la grosse coupure feuilletée d’un doigt fiévreux comme un bottin aux lettres S comme SOUL, B comme BLUES, F comme FUNKY et bien sur R comme ROCK!
Julien Masson à la guitare balance riffs et accords à pleines truellées rageuses comme un taulard à qui le flingue sur la tempe on demanderait de construire sa propre prison. Derrière Vincent Girard trempe sa basse dans le bac à ciment comme une batte de base ball… un truc de gang à l’ancienne pour se faire les dents (surtout celles de autres) au coin de la ruelle avec ceux d’en face. Sébastien Finck serre les dents et les poings en maillochant ses peaux à la façon d’un Everlast tout en soignant son jeu de jambes tout en feeling. Quand à la cuivraille… ça rutile, claque et caresse tout le bolide des enjoliveurs au plafond sans compter ce qu’elle pistonne sous le capot.
De toute façon la musique c’est comme une caisse, elle ne peut pas donner plus que ce que le driver est capable de lui faire cracher. Et avec Chiara Thompson ça tient de la cavale d’après braquage… pas de quartiers, pied au plancher et le compteur qui s’affole. Il faut dire que la Miss ou plutôt THE LADY semble en avoir à raconter et avec la manière. Sur youtube traine une vidéo où la façon qu’elle a d’envoyer voler ses talons hauts de cuir rouge ne s’apprend pas.

Tom Waits aurait pu écrire une chanson là dessus si elle n’existait pas déjà à l’époque où il ne s’était pas encore acheté la disco complète du Capitaine Coeur de boeuf, picolait encore et était encore capable de torcher des vers (verres?) du calibre “C’était un endroit ou tous les paumés du quartier à les entendre s’étaient tapés plus de culs que n’importe quels sièges de chiottes”.
Pas envie de faire de comparaisons… ce qu’elle envoie tire ses cables haute tension de Détroit à Chi’… de New York à St Louis, de Hambourg à Belfast en passant par Paname ce 20 Octobre au Batofar.

Ca va être le Titanic si les tauliers renforcent pas la coque. De tout façon qu’est ce que l’on en a à foutre avec un gang pareil qui jouera jusqu’au bout. Et ce ne sera pas un iceberg qui déchirera le raffiot mais un gros coeur de Rythm’n Blues en fusion.
Et puis last but not least… il y a cette gaufrette cartonnée à l’ancienne format 12 pouces que le grand EL SABATIERO entre deux torgnoles de bleu rythmé m’a fait toucher avec la dame dessus… c’est de la pochette que je parle… bande d’OBCD.
Une des plus belles devantures de galette que j’ai vu depuis longtemps. A ranger entre celles du premier Feelgood, Mink de Ville, Otis Reading, les James Brown des 70’s et pour moi une des plus belles, celle de “Fushia Swing Song” de Sam Rivers avec Jacki Byard au piano, Ron Carter à la basse et Anthony Williams aux drums sorti chez Blue Note.
On boxe dans cette catégorie.
Ce que l’on y mate est complètement raccord avec ce que l’on déguste dans les filets ensuite.
Dans les deux cas tout y est…
Se met en place…
Le genre de truc qui peut changer une façon de marcher dans la rue…
Vous en torche la bande son…
LIVE!
Un peu le but du truc..non ?

http://www.myspace.com/thebuttshakers

Paco

 

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1 Commentaire
  1. Jérôme Travers 9 ans Il y a

    Du grand Paco, ça fait plaisir de lire ça mon pote !

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