Branle-bas de combat au Méridien : Nathan & The Zydeco Cha Chas

Nathan Williams et ses Zydeco Cha Chas ont déjà fait l’objet d’une chronique de disque sur le site (voir novembre 2006). Nous ne reviendrons donc pas sur l’itinéraire de cette formation, soulignons juste que Nathan demeure le dernier artiste zydeco à être publié par une compagnie importante (Rounder) et que ses rares venues en Europe sonnent un peu comme un événement.
Nathan et les Cha Chas est un ensemble à forte connotation familiale et cela transpire dès les premières notes et premières passes. Parmi les « estrangers », on retrouve l’excellent batteur Herman « Rat » Brown (ex Gerry Mouton et Buckwheat Zydeco) et qui joue avec Nathan depuis plus de deux décennies ; il est souvent présenté comme faisant partie de la famille, et puis l’excellent James Prejean aka Jimmy (déjà entendu avec les Creoles Zydeco Farmers et Horace Trahan). Voila une section rythmique sobre et efficace, rompue au groove des dance floors du Texas et de Louisiane, qui cimente parfaitement l’ensemble. Puis vient la touche Plus avec Dennis Paul le frangin, guitariste gaucher aux influences jazzy qui apporte une touche à la fois subtile et personnelle au groupe, puis le cousin Mark « Chuck » Williams au rubboard qui vient donner le tempo, mettre la bonne humeur et tenir la scène, et enfin Nathan au chant et à l’accordéon.


Dennis Paul


Mark « Chuck » Williams

Déjà programmé au Jazz Club Lionel Hampton en 2001, Nathan a prouvé que l’on pouvait jouer du Zydeco dans une salle qui ne se prête pourtant pas aux acrobaties louisianaises et autres déhanchements (bien que …). Il ne fallait pas arriver en retard pour cette première au Méridien, le groupe commençait avec un quart d’heure d’avance sur l’horaire habituel, caractéristique assez révélatrice de l’état d’esprit des cinq acolytes qui avaient visiblement envie d’en découdre rapidement ; et puis histoire de ne pas se figer, ce n’est pas deux sets comme le veut la coutume, mais trois sets qui seront proposés.
Le ton et l’ambiance montent crescendo au fil du show. Le répertoire oscille entre anciens et nouveaux titres : le lancinant « Don’t Worry’ Bout the Mule », « My Zydeco », l’entraînant « Time to do my Thing », « Hang it High, Hang it Low » dans lequel Dennis Paul se montre aérien, l’excellente ballade « So Glad You’re Mine » avec son parfum country et ses touches de guitare, sans oublier quelques clins d’œil à Clifton Chenier « Zydeco Cha Chas », l’énergique « Hot Tamale Baby » et à Buckwheat Zydeco « Madame Pitre ». Le groupe intègre aussi à sa playlist du jour quelques standards de la Crescent City comme « Let the Good Time Roll ».
Sans aller aussi loin que certaines jeunes formations de new zydeco qui intègrent du hip hop, du R&B moderne et du Nu Soul, les Cha Chas donnent eux leur pleine mesure sur des standards soul magnifiquement revisités comme « Fa Fa Fa Fa Fa » d’Otis Redding, l’incontournable « Ya Ya » de Lee Dorsey, sans oublier un final époustouflant avec « Sweet Soul Music » immortalisé jadis par Arthur Conley. Malgré un public qu’on aurait aimé plus nombreux, il y aura 20 minutes de rappel, une véritable folie avec un Chuck Williams impressionnant et débordant de vitalité au frottoir. Mais ce qu’il faut retenir c’est surtout la qualité du répertoire, ce pouvoir d’émulsion, ce groove et ce tempo hypnotique qui font des Williams une formation largement au dessus du panier. Le bonheur c’est parfois aussi simple qu’un petit morceau de zydeco !

Le Kingbee

 

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