Boyd Rivers • You Can’t Make Me Doubt

Boyd Rivers • You Can’t Make Me Doubt • Mississippi Change Records
Le label Mississippi Change Records spécialisé dans le country blues et le gospel ne publie exclusivement que des vinyles. Les musiciens diffusés sont généralement méconnus voir inconnus, les différentes productions de ce label sont toujours excellentes. Le chanteur guitariste Boyd Rivers n’avait jusqu’à présent participé qu’au 11e volume la série « Living Country Blues » éditée par L+R Records, son seul fait d’armes, avec 5 titres à la clé.

Né en 1934 à Madison County (Mississippi) et décédé en 1993 à Jackson, Rivers tient donc le rôle principal de ce LP dont l’enregistrement date probablement de la fin des années 80 ou du début de la décennie suivante, aucune indication ne figure sur la pochette. Son répertoire ancré dans le Country Blues Gospel renvoie vers le Révérend Charlie Jackson, Isaiah Owens ou Elder Utah Smith. Boyd Rivers interprète un mélange de country blues et de gospel au son âpre et rugueux, rageur au possible, brut de décoffrage. Le guitariste ne fait pas dans la dentelle. Les 12 titres de l’album proviennent tous de sa plume. Précisons que l’étiquette du LP contient une petite erreur: la face 1 indique 6 titres alors qu’elle n’en contient que 5, la face 2 propose 6 titres mais en diffuse 7.

L’album s’ouvre sur un instrumental légèrement plus tranquille par rapport aux autres plages. « That Fire Shed In My Bones » et « I Want To Be At The Meeting » sont deux country blues gospel, le jeu de guitare martelé imprime un rythme sauvage débouchant sur une ambiance survoltée, comme surhumaine.

Impossible de faire plus roots !

« Done Died One Time » reste marqué par une voix et un jeu de guitare meurtriers, sonnant comme du Révérend Charlie Jackson pur jus. « You Got To Take Sick And Die » diffuse une atmosphère plus ténébreuse, à la limite de l’angoisse avec un beat à couper aux couteaux. Comment ne pas craquer à l‘écoute d‘une telle musique ? La face 2 débute par « When I Cross Over », un blues intense procurant un gros frisson. Puis arrive « Won’t It Begrand » qui semble capté en Live et dans lequel on ressent toute l’ambiance que peut dégager un juke-joint. Retour à du country gospel à la sauce Rev. Charlie Jackson avec le mortel « When The World Seems Cold ». « Wrappep Up Tied Up Tangled Up » vous prend aux tripes donnant l’impression d’être constamment sur la corde raide, la voix dégage quelque chose de surhumain. Rivers ne faiblit pas, la preuve avec le fougueux « I Know You Can », titre plein de tempérament.

L’album s’achève sur « Church House Rock » qui dépote un max, le répertoire du guitariste et le rythme infernal dégagent une authenticité rarement atteinte nous plaçant aux portes de l‘apoplexie. Avec cet album hors norme, Boyd Rivers nous plonge au cœur même d’un Blues assaisonné de gospel. Cet enregistrement posthume permet de découvrir toutes les capacités artistiques de ce musicien dont on peut s’étonner qu’il n’ait pas plus enregistrer. Un album de grande classe qui peut s’écouter en boucle sans risque d’overdose, dans le prolongement de « Gods Got It » du Rev. Charlie Jackson ou de « You Without Sin » d’Isaiah Owens. Un Must du Country Blues Gospel débouchant sur une ivresse musicale totale.

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Henri Mayoux

 

 

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