Booker T. & The MG’s #12 : La tournée européenne « Hit The Road Stax ! »

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Si en 1966, Stewart a loupé pour cause de fuite une connexion possible avec les Beatles, malgré le déplacement de Brian Epstein à Memphis, le projet d’une tournée européenne voit le jour un an plus tard. Phil Walden, le manager d’Otis Redding avait organisé une première tournée de son poulain en France et en Angleterre avec succès.  Sur le point de sceller un accord avec Polygram, Stewart poussé par Walden et Bell planifie une tournée en Europe du 17 mars au 9 avril 1967.  Cette revue regroupe Booker T. & The MG’sEddie Floyd, Otis Redding, Sam and Dave,The Mar-Keys, Arthur Conley, un protégé d’Otis Redding et enfin Carla Thomas présente pour une seule semaine pour cause d’un concert en soutien au Civil Rights Movement, elle sera replacée ensuite par Sharon Tandy. De cette tournée mémorable pas moins de 9 albums verront le jour.

Pendant trois semaines, les MG’s et leurs compagnons découvrent la Grande Bretagne, la France, le Norvège, le Suède, le Danemark, la Hollande avant un retour au point de départ à Londres. Pour la plupart des artistes ce voyage constitue une vraie surprise, ils sont étonnés de l’engouement du public européen. Pour eux cette expédition prend des allures de miracle, certains d’entre eux n’ont jamais quitté les Etats Unis, et on peut dire qu’il y en a quelques uns qui n’ont jamais dépassé Memphis ou West Memphis en dehors de leurs concerts. Pour les musiciens noirs de Stax, c’est un monde nouveau qui s’ouvre à eux : la Ségrégation n’existe pas, les artistes peuvent manger dans les restaurants avec des blancs, le public est blanc et les a ovationnés, chose impensable aux Etats Unis. C’est un vrai choc culturel.

De retour au pays, il est temps de reprendre les bonnes habitudes. Mais ce beau voyage a également des conséquences, les Mar-Keys qui ne sont en réalité que la section cuivre du label deviennent salariés payés 250$ la semaine suite à la démission de Joe Arnold. Autre changement pour les musiciens, ceux-ci ne sont plus liés par un contrat exclusif, ils peuvent aller enregistrer chez Hi Records ou dans l’Alabama à Muscle Shoals selon leur agenda.

En juin 67, la formation met en boite son cinquième 33 tours. Le titre reprend tout simplement le nom de leur dernier succès « Hip Hug-Her », titre ouvrant d’ailleurs les débats. Pour la pochette, on a fait simple avec une blondinette à couettes assise et en arrière plan trois demoiselles (coupées au niveau du buste) vêtues de Hip-huggers, des pantalons serrés à la taille et aux cuisses et évasés en bas. Mais cette pochette et la date de sortie du disque sont aussi un appel à la fête, d’ailleurs les notes dorsales de Deanie Catron sont explicites. Outre son titre, le disque est constitué de cinq originaux pour autant de reprises. Parmi ces dernières on retrouve « More », la transcription de « Ti Garderó Nel Cuore », une soupe italienne ayant servi de générique au film « Mondo Cane ». Le morceau n’est pas une nouveauté, il a été repris par les VenturesDuke Ellington ou Ray Conniff, chanté par Brenda Lee, Connie Francis, Frankie Avalon et même Gilbert Bécaud en anglais adapté en français par Rika Zaraï, Line Renaud et Olivier Despax sous l’intitulé « Ou Etes Vous ? ». Une vraie soupe pleine de tendresse mais une vraie soupe quand même. On retrouve également le « Get Ready » de Smokey Robinson popularisé par les Temptations et plus tardivement par Rare Earth dans une version manquant légèrement de punch malgré un brillant jeu d’orgue. Autres bonne pioches avec « Pigmy » une tuerie instrumentale des Delegates de Mel Brown, « Sunny », gros succès de Bobby Hebb dans laquelle la guitare et l’orgue se livrent à une démonstration de feeling, la batterie et la basse se réservant les rôles de gardiens du temple et « Groovin’ » immortalisé par The Young Rascals dans lequel Jones délivre encore une fois une démonstration d’Hammond.

Les cinq compositions offrent des visages différents : « Soul Sanction » est une nuance entre Blues et Soul avec une guitare qui touche à chaque note, « Double Or Nothing », un instrumental genre marque de fabrique (future reprise d’Al Kooper et Shuggie Otis en guise d’hommage), « Booker’s Notion » dans lequel le piano endosse le premier rôle et enfin « Slim Jenkins Joint », un clin d’œil à un débit de boisson situé non loin du studio Stax. A noter que l’auto collant de la pochette avant et l’énoncé dorsal indique « Slim Jenkins’ Place », contrairement à la rondelle du vinyle. « Hip Hug-Her » se classera à la 4place des classements R&B et grimpera sur la 21marche des charts Pop, un classement exceptionnel pour un disque instrumental.

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