“Boogie all night” record release party

Les concerts


“Boogie all night” record release party – Be Good club, Barcelone le 06/01/2012
Le CD “Boogie all night” de Little Victor (sorti sur le label El Toro) est certainement l’un des meilleurs CD de blues sortis en 2011, en tous cas, moi, j’ai adoré ! Alors, quand j’ai appris qu’il y avait un concert organisé pour célébrer la sortie de ce CD, j’ai rapidement pris la décision de me rendre à Barcelone pour assister à l’événement (le premier événement blues de l’année 2012) accompagné par un ami lui aussi fan de Little Victor.

Ce qui surprend en arrivant à Barcelone, ce sont les horaires tardifs, on a l’impression qu’ils vivent le soir et la nuit, les concerts (comme les matchs de foot) ne commencent pas avant 22h00. De même, dans les restaurants, il commence à y avoir du monde à partir de 22h00. Bref, si dans l’absolu, les villes de Paris et Barcelone sont situées dans le même fuseau horaire, dans la pratique, il y a un décalage horaire d’environ 2 heures !

Ainsi, le flyer récupéré chez un disquaire indépendant situé non loin de la place de Catalogne (Daily records) indiquait une ouverture des portes à 21h30 (confirmant ce que j’avais lu sur internet), ce qui personnellement me semblait déjà un peu tardif. Arrivé donc sur place à 21h30, je fus surpris de trouver une rue déserte et peu de signes de vie. Malgré tout, j’ai tenté de pousser la porte, elle était certes ouverte mais pas vraiment pour le public ! J’ai alors aperçu sur la scène au fond de la salle Little Victor (et son groupe) qui faisait la balance. Mais, personne dans la salle assez vaste, juste deux techniciens. J’ai pu assister à la balance qui ne faisait que commencer et qui fut relativement longue, j’ai en fait assisté à une sorte de mini concert privé, laissant augurer d’un superbe concert plus tard dans la soirée. J’en ai aussi profité pour découvrir l’endroit, une salle au décor assez brut sans fioriture, sans doute un ancien entrepôt reconverti en salle de concert, une couche de peinture et c’est bon ! et comme la lumière était plutôt faiblarde, on n’y voyait que du feu ! Néanmoins, il y avait de l’espace, une scène relativement vaste et un grand bar sur la gauche, on serait vraiment content d’avoir un endroit pareil à Paris.

Vers 22h30, à ma grande surprise, toujours aucune agitation à l’entrée au moment où les musiciens partaient manger. On m’expliqua qu’à Barcelone, c’était normal ! De retour au club vers minuit, la salle était enfin copieusement remplie et le concert pouvait débuter.

Evidemment, aucun des musiciens présents sur le CD (hors Little Victor) n’était présent pour ce concert, le CD ayant été enregistré à Phoenix, Arizona avec la crème des musiciens “locaux”, Johnny Rapp, Bill Tarsha, Brian Fahey, Mario Moreno et même Bob Corritore. Sur la scène du Be Good club, Little Victor (chant, harmonica, guitare) était accompagné de musiciens locaux, Daniel Nunes à la contrebasse, Peter Braineater à la batterie plus miss Lidia Lil aux maracas. Et c’était Agustin Burriel (excellent chanteur de The Big Jamboree, un groupe de swing catalan à découvrir d’urgence) qui avait l’honneur de présenter la soirée.
Le concert a démarré avec l’un des titres les plus “calme” du CD, le fameux “Irak blues”. Ensuite, Victor a joué l’intégralité du CD, 14 compositions toutes très réussies avec en particulier beaucoup de boogies, idéal pour faire bouger le public. Little Victor n’a pas changé, il est toujours aussi facétieux, extrêmement spectaculaire et parfois même acrobatique, il a un sens du spectacle incroyable. Il aime jouer avec le pied du micro, n’hésite pas à monter sur un tabouret ou à se mettre à genou, c’est un véritable comédien. Et puis il soigne son look avec un superbe costume, cravate zébrée, des bagues à tous les doigts et il a même sorti le fume cigarette qui est sur la pochette du CD et sur le flyer. La musique évidemment est excellente, un blues rustique, dynamique, puissant, profond. Le style et la voix sont immédiatement reconnaissables, son jeu de guitare est inimitable, le son de l’harmonica est bien gras, les titres s’enchaînent sans temps mort.

Par exemple, sur le titre “Ida Mae blues”, lorsque les musiciens (Victor en tête) se désaltèrent dans cette salle surchauffée, pas question de faire un break, la canette de bière devient alors un élément du spectacle et Victor en profite pour jouer de la guitare d’une seule main (un peu à la manière du regretté UP Wilson) et buvant la bière de l’autre. Tout est prétexte pour faire le show ! Sur “Miz Mary Lee”, il joue une partie du morceau avec la guitare posée à plat sur un tabouret (comme une lap steel ou une Weissenborn) et en utilisant le bottleneck de manière non conventionnelle. Vraiment, impossible de s’ennuyer tant le spectacle est vivant et spectaculaire.
Et puis, Victor est toujours friand de petites phrases plus ou moins humoristiques, je me souviens qu’il avait l’habitude de dire en fin de set “Je fais une pause d’un quart d’heure et je reviens dans une demi heure”. Bon, celle là, il n’a pas pu la sortir car il a fait un concert d’une seule traite sans la moindre pause. Mais pour pousser à la consommation, il a répété plusieurs fois “n’oubliez pas, le plus vous buvez, meilleur nous sonnons !”

Evidemment, ce qui est appréciable avec Little Victor, c’est qu’il n’y a aucune concession à une quelconque mode, non, il ne joue que du blues et rien que du blues avec une conviction qui force le respect. Avec Little Victor, ça ne part pas dans tous les sens, pas de concert patchwork, pas de risque d’entendre une nième version des habituels standards du blues, non, Little Victor n’a joué que ses compositions personnelles, ce qui donne une cohérence au concert comme une sorte de fil rouge même si parfois on peut y déceler quelques influences notamment du côté du Memphis blues et Mississippi blues d’après guerre, des enregistrements SUN première époque mais aussi d’Elmore James (pour le jeu en slide) ou RL Burnside. J’ajoute que le groupe a apporté un soutient efficace, toujours au service du leader.

Au rappel, Little Victor a joué une deuxième fois son “tube” “Boogie all night”, une version rallongée car, tout comme le public, il n’avait visiblement pas envie d’aller se coucher, alors il a multiplié les fausses fins. Ce concert a duré deux heures, deux heures de bonheur qui justifiaient parfaitement ce voyage à Barcelone. Ce concert fut en tous points excellent sauf pour les lumières. Apparemment, le technicien spécialiste des lumières était en congés et c’est le gars du son qui l’a suppléé. Ce n’était pas son truc et ça se voyait clairement.

Après une telle soirée, on n’a qu’une envie, c’est de s’écouter le cd en boucle pour se remémorer ces bon moments. Si vous ne possédez pas encore le CD “Boogie all night” de Little Victor, il est toujours temps de le commander sur le site du label El Toro.

Et puis surtout, j’espère qu’on aura l’occasion de voir prochainement Little Victor en France, pourquoi pas cet été sur les grandes scènes des festivals ?

Jocelyn

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1 Commentaire
  1. Jipes 8 ans Il y a

    Cool ça m’a tout l’air d’avoir été une sacrée expérience, bel article. Je vais aller écouter ce CD vite fait !

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