Billy C. Farlow featuring Mercy

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Billy C. Farlow featuring Mercy – Alabama Swamp Stomp
« Alabama Swamp Stomp » marque le sceau d’une truculente, étourdissante et surprenante association : celle de l’ancien leader de Commander Cody, Billy C. Farlow et de la formation française Mercy Blues Band. Auteurs d’une démo particulièrement convaincante éditée en 2008 qui avait mis l’eau à la bouche à certains amateurs, les protagonistes de cette association nous offrent une symbiose entre Swamp, Blues, Voodoo et un Gros Son sorti tout droit des seventies.
Ce nouvel opus puise sa source de la rencontre entre Jean-Paul Avellaneda, du regretté Dave Decker (manager de Mercy) et de Scotty Battes qui s’occupait alors du duo Farlow/Krich (guitariste connu pour avoir épaulé John Lee Hooker) en 2005. A l’initiative de Battes, Jean-Paul sera retenu pour une tournée en Californie. Les performances du guitariste français lui permettront de rencontrer et d’accompagner Billy C. Farlow ; les deux musiciens cohabiteront quelques semaines, assez pour avoir envie de donner vie à cet album.
C’est un disque parfaitement maîtrisé, excellemment produit, sans surenchère, avec une ligne directrice qui conjugue le swamp énergique, novateur et créatif de Mercy et les diverses sources d’inspirations de Billy.

Chanteur et harmoniciste accompli disposant d’une longue et riche discographie, Farlow peut s’appuyer sur la rythmique implacable de Mercy (Bruno Quinonero à la basse, Stéphane Avellaneda aux drums). La voix éraillée et les harmonicas (diato et chroma) viennent se placer en parfait contrepoint de la guitare de Jean-Paul. Mais la grande force de cet album réside tout bonnement dans sa cohésion ; les titres variés s’enchaînent infailliblement, un peu à l’image des racines d’un bon gros chêne, on remarque aussi une grande cohésion entre les différents instruments et surtout un Groove d’enfer et inné qui sonne de façon naturelle et spontanée. La quasi-totalité des titres a été mis en boîte en une seule prise (une seconde prise dite de sécurité a parfois été nécessaire) ce qui amène un liant incontestable au contenu.

Dès le premier morceau, « Snake Eyes », on a la curieuse impression de ressortir rincé, comme si on venait de plonger dans les bayous. « Magnolia Darlin’ » nous permet d’explorer les paysages de l’Alabama et de ses vicissitudes. « Drive Me Like A Mule » est un bon swamp rockin’ drivé par un harmonica sensuel, une voix toujours aussi rocailleuse et des riffs de guitares d’une précision chirurgicale. « Good Rockin’ Mama » nous immerge encore un fois en plein marécage avec un harmonica geignard et un dobro qui maintient l’allure, au train, sans forcer la cadence. « Tennessee Saturday Night » vient rehausser le rythme et nous rappelle l’ambiance du hit « Hot Rod Lincoln », un bon rockin’ blues comme il s’en joue dans les bouges pèquenots du coin. «My Name Is Trouble », dont le titre pourrait à lui seul résumer l’atmosphère, est un swamp blues poisseux et collant dont on a du mal à se départir : voix éraillée, slide torride qui va à l’essentiel, ambiance glauque … y’a rien à dire, on sait où on est.
« Juke Joint Friday Night » nous raconte ce que fait Billy pour s’amuser le vendredi soir quand il est par chez lui. Un titre bien rockin’ donc, comme le personnage. « Alligator Crawl » peut faire figure de morceau fort de la galette. Billy Farlow vous y raconte l’éternelle et merveilleuse histoire de l’Alligator des Bayous, bien secondé par la guitare qui veille toujours à ce que le foyer de la loco ne manque pas de charbon.

Le répertoire est entrecoupé par deux work-songs qui permettent de laisser retomber la vapeur. « Yella Pocahontas » issu du traditionnel est tiré d’un Mardis Gras, guère étonnant quand on sait que Billy possède quelques gouttes de sang indien. « Black Lazarus » est une merveille de chanson des champs qui fait la part belle aux chœurs et aux percussions. Autre pièce forte « Jenny’s Comin’ Home » est un bon rockin’ blues dévastateur dans lequel la voix de Farlow et la guitare font merveille. « Wild About You (Je Suis Fou De Vous) » ferme l’album et permet de découvrir les progrès effectués par Billy dans la langue de Molière. Si vous tendez bien l’oreille, vous entendrez le bruit des cigales au début et à la fin du morceau.

Présenté sous forme d’un élégant digipack en trois facettes, toutes les paroles figurent dans le livret intérieur. Ce nouvel opus publié par le label allemand Crosscut devrait remporter de nombreux suffrages chez les amateurs de Swamp, de Blues qui vit. En espérant qu’une tournée puisse permettre à Billy C Farlow de se produire en Europe. Le coup de canon du semestre.

http://www.myspace.com/mercytheband

Le Kingbee

Pensée à Dave Decker et aux anciens officionados du Cristal

 

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