Back in the night… concert de Wilko Johnson !


Pigalle… bien sur et des images pleins la tête sur le terre-plein central ou devant le Moulin Rouge des touristes se shootent entre eux sur la bouche d’aération du métro. Certaines se la jouent Marilyn avec leurs capes de pluie sous le regard bovin de leurs mecs boudinés dans leurs pelures “Canadian Goose” de beaufs et leurs écharpes de footeux estampillées Barcelone ou n’importe quel ramassis de crétins racistes ou décérébrés.
On a les touristes qu’on mérite… à ne pas confondre avec les voyageurs.
Pigalle… donc ! Et le souvenir de Willy de Ville, la Mano Negra, Chris Issak, Southside Johnny et Steve Earle y foutant le feu et pour certains y grillant les derniers avant le crash ou la rédemption.
Ce soir, j’ai en poche mon billet pour aller voir Wilko au Divan du Monde et… j’ai 16 ans comme quand je me suis acheté le premier Feelgood à l’époque chez Clémentine ou New Rose. Aussi excité qu’un lecteur de Hot Vidéo ayant gagné le droit de participer à un tournage X.
WilKo Johnson avec en ouverture, Manu Lanvin et Dalla Frescas.
Pas question bien sur de passer sous silence… un comble quand on veut parler de Rock, les circonstances du concert. L’homme… 66 au compteur comme la route, se sait au bout de la sienne avec ce putain de crabe qui a décidément du gout entre lui, Nick Curran et Frère Calvin. Mais pas question de se laisser plomber par une nostalgie ou autre connerie à la limite du voyeurisme.
Ni Wilko… ni moi, ni aussi la plupart du public n’était pour là ça.
Manu Lanvin, je connaissais par le boulot remarquable qu’il avait fait sur “Dogs eats Dogs” le dernier Calvin Russel, et ce, de chaque côté de la vitre. Evident que ce mec en avait sous le tatouage et des exigences. Pas le genre à se vautrer dans une choré de manga régréssif à la M….. chair à sauce-clips entre deux Bercy bourrins et une pige démago pour n’importe quels enfoirés tout court.

Reprises et compos persos ont été balancés alors que la salle et les premiers verres étaient en train de se remplir. Blues rugueux, rocks s’alignaient au cours d’un set qui en plus se donnait la peine de faire le show. Signe qui ne trompe pas à la fin devant la scène le public se pressait. Et puis derrière le batteur et le contrebassiste… enfin lui il était partout, une vraie tornade aussi destroy que le Antoine des Dogs… simple Jim Slim Phantom des Stray Cats à côté c’est Jordy Savall envoyaient grave.
Bon après ça s’est gâté tout aussi grave.
Dalla Frescas…comment dire ?
J’attaque jamais au physique sauf quand il est évident que ça relève du plan marketing. J’avais l’impression de l’entendre le mec derrière son bureau “Ecoute avec la voix que t’as… avec ce look c’est à tous les coups Nagui dans le mois… regarde Beth Dido ! ”
D’où la crête couleur de poils de cul flamands roses et la robe torchonnée à même les bourrelets.
Une sorte de Gossip vulgos.
Et je parle pas du gratteux à deux doigts de la cyphose à cause du poids du bonnet ou de la barbe qui essayait de se faire les Reds Hots et Hendrix à lui tout seul avec bien sur un petit coté Shaka Punk de rigueur.
Bourrinage complaisant d’accords bas du front et solos diarrhéïques.
En plus je suis sur que ceux qui étaient venus pour eux ne sont pas restés pour Wilko… trop pressés de filer sur leur ordi pour voir si tout avait été bien filmé et mis en ligne… et puis la musique de Feelgood c’est un truc de vieux cons. Ce qu’ils n’ont aucune chance de devenir vu l’avance qu’ils ont pris.

 


Photo:Miss Béa

 

Après une courte pause Wilko déboula par la salle fendant le public qui maintenant du sol aux coursives jusqu’aux chiottes pour les retardataires n’attendaient que lui. Tout de sombre vétu, sec façon chat maigre dés qu’il brancha sa guitare… lentement avant de se retourner sèchement et d’électrocuter tout le monde en deux accords et un regard… tout était dit !
Oublié ce putain de crabe, écrasé à coups de bottes et de riffs, il envoyait tout poussé au cul par son bassiste et son batteur dont je reparlerai plus tard. Sur que que la dessus le Wilko n’allait pas nous laisser souffler.
Pas envie de revenir sur les clichetons… solos à la kalach, regards psychopathes et pas de danse (de danse?) épileptiques. Non j’étais fasciné par ses mains et ce qu’il en faisait.
Un truc d’aigles !
Les classiques y passèrent entre Riffs samouraïs nous labourant les tripes sur “Roxette”, décharges sèche d’électricité sèche sur “Back in the night”, incursions Blues et Reggae… la salle dansait sous certains à passer à travers.
Derrière Norman Watt-Leroy à la basse et Dylan Howe aux drums étaient tellement monstrueux qu’ils donnaient l’impression d’être un groupe et pas de n’être que des sides mens.
Il faut dire qu’entre les Blockheads, The Selecter, Nick Lowe et les Clash pour le premier et Ian Dury pour le second, les deux savent ce que c’est d’envoyer le bois quand il s’agit de foutre le feu au plancher.
Là dessus Wilko se lâchait avec sa façon si particulière d’arracher les accords et les riffs à mains nues jusqu’à cette version bravache et fière de “Johnny B. Good”.
That’all Folks!
Tout était dit tandis que je remontais le boulevard avec en tète les paroles de “Back In The Night”!

“Back in the night I lay down by your fire side
Back in the night you shook me like a landslide
I nearly missed the early shift
Dreamin’in the morning ’bout the things we did…”

 

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