A l’heure où la France était la terre promise du Blues… en 3 disques

nous continuons de fouiller dans les archives : Un des premiers topos publié sur Docteur Blues fin 1998….
Le fameux label indépendant Black and Blue distribua son premier disque en 1967 et accompagne alors beaucoup d’artistes de Jazz et de blues pendant les tournées européennes à l’époque où l’europe découvre la musique noire américaine.
À l’origine, Jean-Marie Monestier et jean-Pierre Tahmazian produisent des disques enregistrés en direct sans re-re leur objectif était de réaliser des disques qui sonnaient comme du live, le principe des Jam sessions de studio.

 

Cousin Joe – Bad Luck Blues (1971)
Cousin Joe est né en 1907 à Wallace en Louisiane à l’âge de 2 ans puis il suit sa famille à la Nouvelle Orléans. Tout jeune il chante des spirituals comme la plupart des bluesmen. Puis il se dirige vers le Blues qu’il joue au piano dans les cabarets et sur les Steamboats. À trente ans il part pour New-York et tente sa chance, mais le public New-Yorkais n’est pas encore prèt pour le blues rustique du Sud. Il repart alors pour New-Orleans et ce n’est qu’en 1945 qu’il retourne à New-York où il rencontre enfin Milton Mezzrow qui l’enregistre pour la marque King-Jazz avec Lips Page, Sammy Price et Sidney Bechet. Il retourne en Louisiane en 1948 et finalement tourne en Europe en 1964 et 1971 pour le Chicago blues festival N°2. C’est pendant cette tournée qu’il enregistre ce fameux “Bad Luck Blues” sur Black and Blue. Monestier qui produit l’album a la bonne idée de le faire accompagner par Gatemouth Brown et Jimmy Dawkins aux guitares. Parmi les titres enregistrés, deux en particulier fleurent bon les épices de Louisiane, il sagit de “take a lesson from your teacher” et “I don’t want second hand love”.
“Bad luck blues” qui donne son nom à l’album ressemble beaucoup à “Born under a bad sign” et “Tow Down” n’est ni plus ni moins qu’une version de “Tore Down”. À noter une très belle reprise de “Going Down Slow”.
> Relire la chronique du Kingbee : Boogie Woogie Veterans : Henry Gray et Cousin Joe

 

Jimmy Dawkins – Jimmy Dawkins (1971)
La même année l’équipe de Black and Blue qui a Jimmy Dawkins sous la main lui fait enregistrer une session avec Mickey Baker. Cette session très spontanée, un peu trop d’ailleurs, est du pur Chicago Blues même si elle est enregistrée en France, le disque qui en découle est distribué par Vogue.
Les blues de Jimmy sont noirs et pessimistes c’est la véritable marque de fabrique du Chicagoan. Son jeu de guitare est très brut mais aussi subtil sur “Don’t bring me your trouble Baby” et “Chicago on my mind” où l’on écoute une véritable improvisation aussi bien dans les chorus que dans les paroles.
“Out of bussiness”, blues encore très personnel sur 2 accords a une touche gospel.
Jimmy annonce aussi sur ce disque le blues moderne avec deux titres instrumentaux : “Blues in the Ghetto” et “Lick for licks”.
Mais attention ce disque est brut, peut-être réalisé en une seule prise, il doit de toute manière surprendre l’auditeur.

 

Jimmy Johnson – Heap See (1979)
En 1979, huit après, c’est au tour de Jimmy Johnson. Lui qui a traversé une dure période de vache maigre au début des 70’s. A l’époque en effet, il n’a plus de groupe et semble paumé. Il trouve malgré tout un emploi justement dans l’orchestre de Jimmy Dawkins et part en tournée au Japon également avec Otis Rush. Les temps sont durs pour toutes ces stars du chicago sound… En 1975, il retrouve la foi, reforme un groupe et joue dans tous les clubs de Chicago. En 1979 au mieux de sa forme il tourne en Europe avec là encore le Chicago Blues Festival. Le label Black and Blue est toujours présent au rendez-vous et produit un album exemplaire : “Heap See” sort sur le petit Label Blue Phoenix. Ce disque est un recueil de titres originaux de Johnson on y retrouve aussi des reprises inspirées comme :
“Chicken Head” d’Otis Rush
“When my first wife quit me” de John Lee Hooker
“Little by little” de Junior Wells
“Cold, cold feeling” de T-bone Walker
et “You don’t know what love is” de l’extraordinaire Fenton Robinson.

Concernant Jimmy Johnson je vous conseille également le disque vinyle :

Livin Chicago Blues vol 1 sur Sonet (ST 8543)

Si vous avez jeté votre platine disque vinyle “aux orties”, l’excellent label français Frémeaux & Associés a sorti deux compilations double CD sur l’histoire du label Black and Blue :
Black and Blue vol 1 1963-1976 (FA 030)
Black and Blue vol 2 1976-1988 (FA 031)

Docteur Blues

 

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