A la recherche du Blues perdu… et de la passion (le retour du Toug’s)


Willie King et le Tougs

Le dernier Blues Passions de Cognac vu par un festivalier
Alors que beaucoup ont trouvé ce 15e festival, génial superbe etc… Je me permets d’apporter mon avis, non pas celui d’un musicien, d’un critique de magazine, ou d’un dur de dur du blues, mais d’un p’tit gars qui vient ici depuis 8 ans et qui ne sait pas s’il reviendra l’année prochaine. Je m’explique…
Un festival de blues, c’est d’abord du blues, c’est peut-être un peu idiot à dire ou du moins à écrire mais bon , il fallait que ce soit précisé. D’habitude, il est courant et fort bien vécu, même si le spectacle n’est pas toujours d’une qualité exceptionnelle, de laisser la porte ouverte à d’autres musiques ou de grosses têtes d’affiches viennent faire le métier, Cocker , Zucherro … pour mettre un peu de beurre dans les épinards du festival, si cela peut aider, y’a pas de mal pour autrui… Là par contre ou cela devient un peu curieux, c’est lorsque ce sont les autres musiques qui laissent la place au blues 1 seule soirée sur 4 sur la grande scène…
Texte et photos : Le Toug’s

Bien sûr, me direz vous, il y avait bon nombre de concerts bleus dans la ville … ok c’est vrai, mais plus trop dans les cafés comme jadis, et finalement si l’on regarde bien la prog, beaucoup se produisaient tous les jours dans des endroits différents voire sur la même scène, y aurait-il pénurie d’artistes de blues chez nous ? ou même ailleurs ?

…ET DE L’ARGENT
Cette année le pass est à 120 euros … ouah ! mazette, belle inflation ! 30 euros de plus que l’année dernière, certes avec un jour de plus,… mais… nous ne reviendrons pas sur la brillante idée de faire payer en plus du pass, la somme de 12 euros pour l’entrée au Blues des Anges, heureusement la vindicte populaire, guitares à la main, a fait tourner court cette « généreuse » idée… sinon toutes options nous arrivions à la coquette somme de 168 euros…

Si, une des idées premières à la création de ce festival était de redonner au blues ses lettres de noblesse et espérer voir de grandes familles heureuses et recueillies devant un artiste nous racontant, par exemple, que sa femme l’a quitté et qu’il pleut, cela devient problématique… mais après tout… On n’est pas chez l’ abbé Pierre !

JARNAC
Le premier jour, voyage à Jarnac ( nom prédestiné ?) Sego « gaffitude » Royal nous fait un petit discours, court, courtois et revient le lendemain en silence, mais elle est bien là, la région Poitou Charente « capitale » de la culture ?
C’est bien l’ambition qui en ressort, mais le blues ne rapporte pas assez ni en notoriété pour la région ou les sponsors, ni en argent. Car comprenons bien, il faut du public pour avoir des sous, pour payer plus cher de grosses vedettes et avoir la notoriété, et avoir du public, pour avoir des sous, pour payer plus cher de grosses vedettes et avoir la notoriété … etc c’est le cercle sans fin… en attendant, plus le public est nombreux, plus le pass est cher ! ou est l’intérêt ? Il faut prendre à son voisin (quitte à surenchérir les cachets) pour être plus grand, plus fort.

Le concert du soir ne restera pas dans les mémoires, du moins je l’espère, piètre spectacle offert pour une première. « Beverly Guitar Watkins » a tout mis à coté… difficile de croire qu’elle a joué avec les plus grands… ou alors y’a longtemps ! à l’époque ou ils étaient encore petits… Les commitments juke box irlandais sans grande originalité, leur histoire est belle que reste t-il de cette époque ?
Coucou à tonton et retour à Cognac, ceux qui ne sont pas véhiculés ont perdu la soirée… ceux qui le sont, aussi.


Bobby Rush


Marie Knight

COGNAC LE RETOUR…
Premier jour à Cognac, Bobby Rush seul avec sa strat et sa bonne humeur, amuse la galerie avec sa légèreté habituelle, en plus il est sympa, la canadienne Dawn Tyler Watson met toujours le feu, elle aime cela et son guitariste est étonnant, nous la reverrons souvent le soir dans différents cafés avec grand plaisir.
A l’Eden blues, où les organisateurs avaient eu la bonne idée de ne laisser la scène qu’a la gent féminine, Linda Tillery and the cultural heritage choir ont fait un tabac reprenant spontanément à la voix une fanfare passant bruyamment à proximité de la scène, devant un public hilare.
Berverly « guitar » Watson revient sur scène, pas mieux ! mais Willie King vient bœufer avec les Liberators, et sauver l’affaire.

Steve Lukather nous a fait … du Steve Lukather, la barbe en moins, avec quelques moments forts et d’autres plus moyens, perso, les ballades sirupeuses me gonflent un p’tit peu par contre la reprise de Pink Floyd en rappel était géniale.
Puis vint le tour de Status Quo dans une ambiance déjà sévèrement wattée, le matos cette année était abondant et très très puissant.
Bonne surprise, les p’tits vieux ont l’air de se faire encore plaisir après tant d’années, les plus grands titres y sont passés, cela reste balourd, mais c’est la fête. Dans la journée vu aussi Eric Bling, je ne connaissais pas, je le reverrai 3 fois avec grand plaisir.

LE BLUES DU JEUDI
Je ne reviendrai pas sur la quasi vénération que j’éprouve pour Willie King, j’aurai fait les 600kms rien que pour lui, en plus cette année son chanteur s’est décidé à prendre l’avion et c’est donc la troupe quasi complète qui débarque à Cognac.
La première partie Billy Jones Band ne m’a pas fait une grosse impression, curieux de le passer en première partie sur la grande scène, les spectateurs méritaient mieux, au moins pour leur patience.
N’y avait-il personne pour remplacer Etta James ? au vu du public, pas certain que tous étaient au courant de son forfait.
Je ne pense pas (et cela est bien dommage) que « l’aura » de Willie aurait attiré seul 4000 personnes environ. Il avait eu la « malchance » il y a 3 ans de passer à l’Eden pendant que tous s’entassaient devant la grande scène pour voir Joe Cocker.
Vu ce jour-là également, Steel guitar trio, et Washboard Chaz deux concerts très agréables.
Nous avons tenté de voir Elmore James junior, mais lassés d’attendre que Cadillac Zack lui laisse la place, sommes partis nous coucher.
Dommage car lui, ne passait qu’une fois (la vie est mal faite).


Mary Flower et Washboard Chaz


Willie Lee Halbert

VENDREDI, Y’ A CLOWNERIES !!!
Willie King au château, grand moment de joie et d’émotion, le blues est là !
Trop de monde à Dave Riley et Bob Corritore, dommage pour moi. Phoebe Killder and the short Straw, australienne et musiciens français nous donnent un concert péchu, le bassiste n’est pas le titulaire du groupe d’où certaines critiques.
Pyeng Threadgill plus Jazzy que jamais, déjà vu il y a deux ans, concert plaisant suivi avec peu d’enthousiasme.
Des anglais partout ! comme l’avant veille pour SQ, ce soir c’est pour Joan Baez, Woodstock revival, 50 ans de carrière best off d’une heure 20 le poids des ans n’a pas de prise sur elle, même si la voix n’est plus aussi sûre, bref on aime ou on n’aime pas, mais nul ne la critique, la ville entière était au concert. J’aurai pourtant bien aimé qu’elle chante réellement la ballade de Sacco et Venzetti, (souvenirs, nostalgiques).
Ensuite, une bande de farfelus est apparue sur scène, costumes grotesques, mise en scène limite scabreuse, reprises d’AC/DC, de John Barry, de Deep Purple etc… beaucoup de bruit pour rien . La majeure partie du public est partie furieuse en allant … aux toilettes, certains sont restés, j’ai tenu 40 minutes, l’âge rendant peut-être mes tympans plus fragiles.
J’ai pu donc voir Big Dez et Sax Gordon sur la « Magic place » et franchement c’était la claque… pas certain, mais alors pas du tout, que ce show n’aurait pas pu prendre la place des Leningrad cow-boys fuit quelques minutes avant, ou même celle de Billy Jones vu jeudi.


Joan Baez


Leningrad-Cowboys

SAMEDI
Combien étions nous dans le parc ce Samedi ? trop, beaucoup trop, au delà du raisonnable, et du respect du public, un grand nombre ne voyaient rien et partiront rapidement.
Les structures ne sont pas suffisantes pour de tels événements, Keziah Jones puis Massiv Attack. Des chiffres ridicules circulent quant au montant de leur prestation ! Ridicules pour un festival blues en tout cas !
Une première tentative de « remplissage » avait été testée avec Cocker il y a deux ans, 6500 spectateurs, cela semblait déjà la limite… les organisateurs ont refusé d’en tenir compte.


Keziah Johns

Les bars et leurs personnels étaient débordés livrés en pâture à des spectateurs ne pensant sans doute pas, pour la plupart, avoir affaire à des bénévoles au sein d’un festival.
Remercions les bénévoles, à oui cela est facile !
Nous ne sommes pas loin du bénévolat professionnel gratuit (air du temps ?).
Travailler toujours plus d’année en année, des exigences de plus en plus grandes du responsable de ce secteur ( une flèche , un cador ! ) sans même les moyens nécessaires ; pour de vagues compensations, qui s’amenuisent de festival en festival, leur patience également !
Ils ne sont pas là simplement pour alimenter la pompe à fric…
Il a même été envisagé de ne pas leur permettre l’accès au groove du chateau (après quelque fois une queue de 45 minutes) pour réserver les places à un éventuel public payant. Oui remercier après, cela est facile !
Je ne vous parlerais donc pas de ces concerts, rien vu ! me suis encore sauvé au premières notes de KJ, la qualité des concerts n’est pas en cause ceux qui ont pu y assister et voir quelque chose étaient ravis.

DIMANCHE ? JE CRAQUE… je rentre !!!

CONCLUSION
Sur la programmation autant ne rien dire, la plupart des bluesmen étaient déjà présents, il y a 2 ou 3 ans les autres sont souvent vus dans d’autres endroits. Pourquoi ce manque de renouvellement ?
Willie King aura servi d’alibi cette année pour justifier l’appellation. Ne trouvez–vous pas curieux ? que les présentations des groupes du soir aient été supprimées ?
Il est vrai que le public n’est pas le même et qu’il est bien difficile de faire passer certains concerts pour des évènements blues… l’ouverture à bon dos !
L’absence des stands magazines dans le parc est aussi (hélas !) peut-être une suite logique à ce changement de style, merci de votre aide et adieu !
Les seules bonnes surprises de cette édition sont Donna Angelle et Zydéco Possé qui ont mis le feu au Blues des Anges ainsi que la charmante Wanda Johnson qui a vraiment la patate… et qui s’amuse follement sur scène.
La qualité comme dit plus haut, des concerts n’est pas généralement mise en cause mais il n’y a pas que cela !
A Cognac il y avait autre chose, qui est maintenant en train de disparaître, changement de cap, d’objectif, de mentalité ?
Pour la saison prochaine l’organisation ne sait plus à priori s’il faut continuer à grandir, ou reprendre taille humaine ? curieux dilemme !
Le stade de foot de Cognac, un temps évoqué avec humour pour recevoir Joe Cocker, n’est peut-être plus très loin…

Le Toug’s

 

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