58 Shots, le “gros” son venu de l’Est

58 Shots

58 Shots • You Don’t Mess With The Lion
En cette période pour le moins tumultueuse, une chronique d’un album de zydeco, de swamp blues, de Folk alternatif ou de new grass ne semblait guère appropriée. Pas trop la tête à ça en ce moment. En fait voici l’album idéal, du moins celui qui passe en boucle dans ma platine, en ce moment. Basé à Belfort, 58 Shots regroupe quatre musiciens (Arthur (guitare chant), Cédric (guitare chant), Vince (basse chant) et Tony (batterie chant)) venus de différents univers musicaux. La formation existe depuis fin 2011. A son actif, elle a ouvert pour Johnny Winter et Christophe Marquilly, sorti un premier EP « Bel Air » (du nom de la célèbre Chevrolet) en 2013 (Ne le cherchez pas, il est épuisé). L’itinéraire habituel quoi, surtout quand pas la moindre boite de prod. ne semble avoir flairé le bon coup !

Contrairement à de nombreux albums qu’il convient parfois d’écouter un paquet de fois « You Don’t Mess With The Lion » fait quasiment mouche dès la première écoute. Le genre de disque qui tombe pile poil par les temps qui courent.

Si la pochette représentant quatre hurluberlus masqués avec des têtes de lion et entourés de deux charmantes gazelles interpelle un bref instant et ne renseigne guère sur son contenu, elle n’est peut être pas si anodine. Peut être s’agit-il là d’un clin d’œil au Lion de Belfort, l’imposante statue d’Auguste Bartholdi placée au pied de la citadelle de la ville. Une statue monumentale qui commémorait la résistance des habitants face à l’ennemi prussien durant la Guerre de 1870.

Assez parler d’histoire, d’images ou d’événements qui ne devraient pas exister et place au son.

Alors les 58 Shots, c’est ce qu’on appelle du Gros Son Seventies. Les influences déclarées du groupe se nomment AC/DC, Led Zep, Deep Purple. Mais n’allez pas croire qu’on a affaire à une troupe de bourrins ne pensant qu’à envoyer du pâté. Bien au contraire, le répertoire diffuse de multiples subtilités palpables dès la première écoute.

En ouverture, « You Don’t Mess With The Lion » (« Faites Gaffe Au Lion ») qui donne son titre à l’album nous plonge derechef dans leur univers. Gros son, gros rock, solo de guitare efficace, basse pleine de souplesse, baguettes qui ne cessent de relancer la machine, voix rauque et surtout un accent des plus crédible. « Do It Alright » sonne carrément américain, le refrain pourrait renvoyer Bachman Turner Overdrive ou Foghat avec un petit zest de Stones. Le groupe poursuit avec « She’s A Chick With A Dick », que je ne traduirais pas pour une question de … … Euh … de convenances. C’est encore du gros son avec une belle ligne mélodique. « No Need To Call Me Back » avec intro touches de téléphone s’annonce plus groovy et plus fuzz au niveau guitare et renvoie vers Free ou Bad Co.

Petite rupture bien placée avec « We Don’t Have Jobs But We Have Rock n Roll », titre évoquant The Flock ou If et qui finit, sans en avoir l’air par rejoindre AC/DC. « You Won’t Drive Me Insane » se veut caractéristique du répertoire southern rock mid seventies avec un bref passage lorgnant dur le « Baby Please Don’t Go » version Webb Wilder. Si vous êtes fan d’AC/DC, « This Man Is My Father » devrait vous combler, solo de gratte dévastateur lancé sur orbite par une rythmique sans faille. Un beau titre de boogie southern et de hard australien. « Good Man » nous oriente instantanément sur Rose Tatoo.

Le groupe laisse souffler les accus avec « For The Old Ones », la délicatesse du début renvoie vers le « Stairway To Heaven » de Led Zep pour déboucher sur du Tempest ou du Illinois Speed Press. « Complaining » contient de bons ingrédients, belle voix, complémentarité des deux guitares et une basse bien ronde. « Language » conjugue ZZ Top et Lynyrd Skynyrd avec un bon passage de guitare fuzz funky. En fermeture, « Your Time Will Come » nous expédie carrément vers Bad Co et certains auditeurs risquent d’être happé par le vocal.

Un quatuor solide et efficace, bien en phase dans les riffs et qui a la sagesse de laisser reposer les soupapes quand le besoin s’en fait sentir. Le groupe dispose aussi de bonnes plumes, les membres se taillent même la part du lion (Oups !) puisque les douze titres sont des originaux. Cette formation délivrent ici une galette épaisse, bien construite et terriblement festive. Un album largement au dessus de certaines productions anglo-saxonnes que les médias et radios essaient de nous refourguer à coups de slogans publicitaires ou de matraquages radiophoniques.

Le site : 58 shots

Le Kingbee

 

 

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