Grosse caisse, Bibalakas et Riesling

Guy Roel – Spirit – autoproduit
“Spirits” Le troisième autoproduit de Guy représente un réel aboutissement dans la carrière de celui qu’il faut bien appeler le Bluesman alsacien. En effet bien qu’originaire du territoire de Belfort le bonhomme représente parfaitement le terroir alsacien (Gaston Schmidt, sa grosse caisse, les bibalakas, délicieuse spécialité fromagère et le Riesling vin fruité d’excellence !).
Après tant d’années à bourlinguer sur les routes d’Europe, Guy a pris le temps de se poser un moment et de réaliser un disque qui reflète bien les multiples facettes de ce talentueux musicien, 14 titres dont 8 originaux.
La palette des influences musicales de Guy étant très étendue, on découvre un album qui passe du blues jazzy d’un Blind Boy Fuller à l’electric blues à la “Fat Possum Records” en passant par le blues acoustique délicat comme cette reprise d’Eric Bibb “A saucer and a cup”.

Entrons dans le vif du sujet avec le premier titre “Le fou du Ve” compo de Guy enregistré en public lors d’un festival à Méribel. Cette chanson a tendance autobiographique décrit les vicissitudes du Bluesman en tournée, la dynamique est impressionnante, la combinaison de la guitare de Guy et de la grosse caisse combinée à sa planche à rivets permet au morceau de se dérouler comme un rouleau compresseur. La voix et rauque à souhait et le texte très bien écrit illustre parfaitement l’humour du bonhomme.
Vient ensuite “J’ai pleuré hier” une mélodie envoûtante et un entrelacs de guitare avec une rythmique très proche des îles du pacifique. La guitare slide se veut caressante et le texte là encore est bien ficelé et original.

“Yaka river” premier instrumental nous emmène du côté de l’Inde, il faut dire que Guy a le chic pour suggérer des ambiances. Son travail à la guitare slide est bien au niveau de célèbres confrères tel Sonny Landreth ou David Lindley.
“Hey Bartender” de nouveau extrait d?un concert, propose une version enlevée de ce standard, à écouter l’accompagnement des basses et vous prendrez conscience du talent de Guy Roel. Changement de ton et d’ambiance nous voici dans le Delta et son blues poisseux, avec “I am” reprise d’un titre légendaire écrit par Willie Dixon pour Howlin’ Wolf (Le loup Hurlant du blues de Chicago). La superposition des guitares et le riff lancinant nous plonge réellement dans cette ambiance vaudou.
Un petit détour par le blues des années 30 avec le délicieux “You gotta change your mind” de Blind Boy Fuller La guitare se fait rag et Guy nous délivre un petit chorus de kazoo (avec sa voix de caméléon) et la joie de vivre allume cette reprise festive.
“A saucer and a cup” constitue pour moi l’un des meilleurs morceaux de l’album, la voix de Guy est poignante et pleine de feeling (j’en ai pleuré, eh oui ! ). La guitare est limpide et en écoutant bien on repère un petit accompagnement en contrepoint effectué avec un balafon, merveille de concision et de justesse.
“Hoodoo lady” une reprise de Memphis Minnie chanteuse de blues des années 30 est un excellent blues acoustique ou s’illustre la voix rauque et puissante du Bluesman Roel. Nous reprenons le cours de notre voyage avec “Bheurkina Moan” deuxième instrumental qui nous transporte cette fois en Afrique. L’évocation du blues du Mali et de Ali Farka Touré avec ses guitares qui se répondent.

Retour dans le delta du Mississippi avec “O’ babe” version poignante du classique de Jimmy Reed. La saturation des guitares est bien employée et le son global se rapproche des vieux enregistrements des disques Vee-Jay, fleuron du blues de l’après guerre. Eh bien non vous ne rêvez pas vous écoutez toujours le même disque, la rythmique se veut résolument moderne mais le discours est identique. L’habillage change dans cet instrumental très tendance (R.L Burnside ou Junior Kimbrough), a noter l’excellent canevas de basse de Guy qui rappelle ici le bassiste groovy qui n’a jamais cessé d’être.
Retour au blues chanté avec “Sugar Mama”, belle mélodie et la voix se fait caressante avec l’accompagnement de guitare toujours aussi fidèle aux racines de cette musique. Il faut bien écouter les paroles et s’imprégner ainsi de l’univers musical de Guy Roel. Deuxième surprise de taille le morceau “Spirits” est une évocation moderne du blues hanté par les classiques. Sur une rythmique groove a souhait vous reconnaîtrez les voix samplées de légende du blues et tout cela de façon très naturelle et inspirée: Une vraie réussite, Messieurs les D.J rangez Moby et Passez “Spirits” de Guy Roel, effet garanti!
L’album se clôture sur un dernier instrumental signé Guy “Geistslide” une fin tout en douceur pour aller faire de beaux rêves après 6’16 de bohneur.

Bref acheter ce disque à la FNAC (sur commande) ou auprès de Guy lui-même : guyroel@aol.com. Surtout ne loupez pas le bohnomme si par chance il se produit près de chez vous.

visitez le site de Guy Roel

chronique réalisé par Jipes le 18/10/2001

 

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