Gérard Tartarini en consultation

Sur la page d’accueil de son site web, il aime à rappeler qu’il est un musicien autodidacte et qu’il compose depuis une trentaine d’années.
Gérard Tartarini et son complice Thomas Laurent forment le duo atypique “Bluesy Train”. Docteur Blues se devait d’examiner leur cas…

Salut Gérard ! Explique-nous brièvement ton parcours, tes débuts ? vis-tu de ta musique ?
Mon adolescence c’était les 70’s, en vrac: les Beatles, les Stones, Pink Floyd, Led Zeppelin, Crosby-Still-Nash&Young, Black Sabbath, Deep Purple, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Alice Cooper…
Une voisine m’a un jour prêté la guitare espagnole qui était accrochée à son mur, j’ai gratouillé, des copains m’ont donné des grilles d’accords, ma Mère m’a payé une ou deux partoches avec la mention des accords et je me suis mis à bosser, à me faire les doigts. Je n’ai jamais pris de cours (aujourd’hui je le regrette un peu, quoique…). Je me suis mis à composer assez vite. Bien sûr au début c’était plutôt Hardos, puis la technique s’améliorant petit à petit j’ai fait des morceaux plus construits,j’ai composé de plus en plus Folk. J’écrivais des poêmes depuis à peu près l’âge de 12 ou 13 ans, j’y adaptais mes compos dessus.

J’ai été Papa très jeune (en 1976 à 19 ans), je suis rentré dans la vie active de suite pour assumer. De 76 à à 82 j’étais éclairagiste/roddie pour un groupe de pôtes (Grime, du rock progressif style Yes, Genesis, Gentle Giant… mais des compos perso chantées en >français…tiens?!). Au cours de cette période j’ai eu ma première expérience de travail en groupe, à l’occasion du départ à l’armée d’un membre du groupe, nous avons créé Canyon (country-blues -rock). J’ai pu y jouer une bonne partie de mes compos. Au retour du “militaire”, j’ai monté un duo avec un autre pôte et nous faisions les premières parties de Grime, ça commençait à marcher gentillement jusqu’au jour où le pôte m’a laissé choir,dommage. Ensuite a suivi une longue période où j’ai travaillé à la maison.
Le Blues est venu à moi vers 1985, sous la forme de disques prêtés par un copain ou empruntés à la discothèque d’entreprise. Je crois me souvenir que l’un des premiers disques devait être un BB KING (je ne me rappelle plus du titre). J’ai eu aussi l’occasion de lire un recueil de poêmes de d’auteurs noirs américains. J’ai, je pense, eu une sorte de déclic, je me suis mis à composer du Blues à partir de ce moment là.

Je suis musicien amateur, je joue pendant mes loisirs. J’avoue que si je pouvais en vivre je le ferais si la chance m’en était donnée. Mais bon, je ne me fais pas trop d’illusions, le principal est de se faire plaisir et de faire plaisir.

Tes choix côté matos ? quelle est l’histoire de ton fameux banjo…
Je joue avec une guitare MARTIN modèle DM, j’y ai fait monter un capteur piezzo pour l’amplifier, mais je préfère de loin le son naturel, je joue avec des cordes médium (13-56) pour avoir le son.

J’ai aussi une guitare Art&Lutherie (c’est canadien) électro-acoustique, je l’utilise en Open de Mi pour jouer au bottleneck, j’y mets les mêmes cordes que sur la MARTIN.

Ah! le Banjo. Il s’agit d’un banjo 6 cordes, donc je n’ai pas eu à me fouler pour en jouer, puisqu’il se joue comme une guitare, j’avoue que j’ai un petit côté faignant… Je l’ai sauvé d’une mort certaine, il partait à la poubelle, je l’ai remis en état moi même et il y a quelques années je l’ai donné à réviser à un luthier, il m’a mis une peau (animale) neuve et refait le chevalet. C’est un instrument attachant et original, j’ai toujours du plaisir à le jouer. Mon ami Roland MALINES, m’a dit qu’il s’agissait d’un “banjo français” et que Django REINAHRT a commencé sur ce type d’instrument alors qu’il faisait ses armes de jeune musicien en accompagnant les autres avant de devenir soliste.

Quelle est ton approche du blues, parle-nous de tes influences…
Mon approche? Je m’inspire principalement de Blues acoustique, sans vraiment savoir de que l’artiste je m’inspire, c’est sûr que je “pique” des plans à droite ou à gauche, en tout cas j’y mets toujours ma “touche perso”. J’apprécie beaucoup le Blues acoustique d’avant guerre, toutefois sans dédaigner le Chicago-Blues, le Blues-Rock etc…

Quel regard portes-tu sur la scène blues française, te sens-tu différent ?
Avant pour moi, la scène Blues française se bornait à Bill DERAIME, Paul PERSONNE ou Patrick VERBEKE, comme bon nombre de gens. J’ai fait plus ample connaissance avec la scène Blues Française par le biais d’internet et plus particulièrement de La Gazette de Greenwood. Cela m’a permis de rencontrer et de connaître les Hoodoomen, les Bloosers (des pôtes du val d’oise), récemment Thomas des Bluetones. J’ai aussi découvert le Blues en allant à Cognac, j’ai pleuré en écoutant Guy DAVIS, j’ai boeuffé avec Gaye ADEGBALOLA, Elmore D, Fruteland JAKSON avec qui j’ai sympathisé, Roland MALINES et son frêre René, Olivier De LATAILLADE……. j’en oublie plein.
Mais surtout j’ai fait la connaissance , d’abort par E-mail interposés, avec plein de passionnés (tu en fais partie), et on se rencontre parfois à Cognac, ou dans des soirée Blues, c’est vraiment un monde sympa comme tout.

Mon regard? J’ai la nette impression que le Blues Français est devenu un autre courant (autre qu’anglo-saxon). Je m’explique, quand on écoute les Hoodoomen, les Bloosers, Franck ASH, le Loup Blanc, Malted Milk et tant d’autres… Quand on s’aperçoit que des artistes de renoms de Blues américains qui écoutent ces artistes français, les apprécient et sont agréablement surpris par le feeling et la qualité des prestations. Pour moi, ça veut dire que maintenant le Blues n’est plus l’apanage des américains ou des anglais, les européens (français, belges, italiens, allemands…), le Blues est devenu un feeling planétaire. On peut avoir le Blues ailleurs qu’au fin fond du Mississippi ou de Chicago.

Je ne me sens pas spécialement différent… Je fais du Blues, mais pas seulement et je tiens surtout à écrire mes textes en français. J’ai repris à mon compte une phrase d’un grand Bluesman (j’ai oublié son nom), il disait en substance ” le Blues est une affaire de feeling et que quelque soit le langage c’est avant tout l’émotion qui doit passer…”

Je crois que ta route a croisé pas mal de musiciens, quel est to meilleur souvenir ? qu’est-ce qui te reviens immédiatement en mémoire ?
D’avoir fait la connaissance de Fruteland JAKSON, un personnage attachant et lors de son concert à CAEN l’an passé, il m’a donné l’accolade et m’a offert un livre sur les pochettes des disques de Blues.

Tu joues blues et autour du blues, tu composes en français, sans entrer dans la polémique, as-tu des idées bien arrêtées sur les médias ou les programmateurs français ? Penses-tu que d’une certaine façon ils freinent la création des auteurs de blues d’aujourd’hui ?
Tous les médias Blues en France sont faits par des passionnés, et ça je le respecte beaucoup, bon il y a des fois où j’ai un peu l’impression que certains érudits (très peu heureusement)ont du mal à accepter le fait qu’il est possible de chanter le Blues en Français, en plus en acoustique, du coup peut-être que ça freine les programmateurs qui doivent penser que l’acoustique c’est “mou” ou “gnan-gnan”.

Comment en arrive-t on à se produire en première partie de Bill Deraime ?
C’est un ami de Cergy, qui gère les studios municipaux de répétitions, il croit en nous depuis qu’il nous connait, il nous a déjà permis de faire la première partie de Franck ASH. Il a parlé de nous pour cet événement. Quelle joie et surtout quelle fierté. Moi qui apprécie Bill DERAIME depuis “Plus la peine de frimer”, ça me fait tout drôle…

tu peux nous rappeler la date de cet événement :
Vendredi 23 mai 2003 dans la salle “l’OBSERVATOIRE” à Cergy On pourra bientôt réserver dans les FNAC

Aujourd’hui avec qui joues-tu ? parles nous de ton (tes) compagnon(s) de route…
Je joue depuis début 1998 avec Thomas LAURENT, un jeune harmoniciste de talent. Il a découvert l’harmonica en écoutant un chorus de MILTEAU dans une chanson de RENAUD. IL a ensuite acheté la méthode Milteau et travaillé tout seul. Faut dire qu’il a des aptitudes, il a fait 15 ans de saxophone classique et son père est prof de piano. Au début il mettait de l’harmo partout, la fougue de la jeunesse, maintenant c’est un musicien subtil en constante évolution. Quand je >pense au chemin qu’il a fait depuis 1998. Il souhaite devenir professionnel, il a pris des cours à l’école ATLA à Paris en 2001/2002, en fin d’année la direction de l’école lui a demandé d’ouvrir une classe d’harmo et d’y être prof…Moi ça m’épate!

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Pas grand chose, en ce moment on a des difficultés à trouver des dates de concert.
Sinon, on aimerait bien pouvoir enfin enregistrer notre premier cd.

Tu as le mot de la fin … : (une histoire drôle, un scoop, etc…)
Et bien je citerai juste un passage d’un de mes morceaux, car il résume assez bien mon état d’esprit :
“j’ai jamais mis les pieds dans l’Mississippi,
Pourtant j’l’entends résonner par ici.
Au bord de la seine il fait des fois gris,
On y ressent parfois de l’ennui…”

Merci Gérard et bonne route pour la suite…

Merci à toi Doc!
Ok! Jerome
Gérard TARTARINI
BLUESY TRAIN
bluesytrain.free.fr

 

les 5 derniers articles de Jérôme Travers

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?