Un trimestre de concerts

Nuit des Musiques Américaines (14 janvier) :
Excellente initiative de Michel Rémond et du Centre Caussimon de Tremblay que ce plateau varié ayant pour toile de fond divers courants musicaux de la musique américaine. La formation Linda Jacob & the Roadriders ouvrait le bal ; ce quatuor représentatif de ce que l’on appelle la New Country est principalement porté par la voix claire et souple de Linda, celle-ci étant bien épaulée par le guitariste Alain Lustif, probablement adepte d’Albert Lee, du « showbassman » Phil Laiss et du batteur David Adrian.


Linda Jacob


Ola Onubulé

En seconde partie, c’est le Duo Rag Mama Rag qui nous offrait un aperçu de Country Blues. Constitué des époux Ashley et Deborah Dow, cette doublette anglaise nous a proposé un Blues du meilleur effet, Ash est solide au chant et parfait aux guitares, parfaitement épaulé par l’harmonica, la planche et les cuillères de Madame. Leur show est de plus saupoudré d’un humour imparable. La partie centrale de la soirée était confiée au Gospel par l’intermédiaire du Caraïbart Gospel Club, dont on a pu apprécier l’entrée sur les passerelles surplombant le Hall d’entrée. La suite allait cependant être un peu moins stimulante, l’abscence d’un orchestre et l’utilisation d’une bande son donnant un aspect quelque peu formaté à l’ensemble. Mais vestimentairemant et vocalement parlant ces 15 demoiselles ont offert un spectacle agréable. En avant dernière partie, c’était au tour de la Soul de faire son apparition avec Ola Onubulé. Autant le dire sans préambule, de Soul il n’y eut point, Ola nous gratifiant d’un show de Nu Soul qui sembla surprendre une partie des spectateurs. Peu porté sur ce domaine si particulier, j’ai curieusement pris beaucoup de plaisir. Onubulé est un très bon chanteur, propre dans les aigus (il possède une diction impeccable qui lui permet de faire du doublage de films et de documentaires divers), bon showman, capable d’impliquer le public. Le dernier chapitre était consacré au Zydeco avec la venue du David Rolland Zydeco Band, formation créée de toute pièce pour l’occasion. Malgré une batterie à contre temps, le répertoire offert était alléchant, l’humour et l’accent de Rolland sont excellents, l’accordéon diatonique idem. A noter l’apport au frottoir de notre confrère Phil Sauret comme toujours très bon. Donc une bonne soirée bien qu’un peu tardive, puisque celle-ci commença à 20 Heures pour s’achever vers 02H30.

One Way (12 février) : The Hoodoomen
Le Doc a déjà eu l’occasion d’évoquer ce concert et la sortie du disque des Hoodoo (voir archives de février). Je ne vois pas grand-chose à rajouter, si ce n’est qu’en début de carrière, cette formation normande était un quatuor capable de prestations scéniques souvent très lumineuses. Il serait peut être bienvenu pour elle de revenir au concept qui faisait sa force. Attention, ce n’est nullement le talent des nouveaux musiciens que je mets en doute, mais il me semble que le chiffre 4 était la meilleure combinaison du groupe, ce chiffre permettait à Pascal Fouquet de placer ses phrasés de guitare si personnels et … si remarquables. Je préfère une certaine simplicité à une cacophonie festive.


Bernard Sellam, Awek

AWEK :
Le lendemain au même endroit c’était le trio toulousain, devenu quatuor, qui se produisait. Le Doc a déjà parlé du dernier disque de ce groupe (voir déc 2005 Flamenco Dancer). Je partage son avis au sujet de cette galette, je n’avais par contre pas vu Awek en concert depuis de longs mois. On va faire court : Quelle Claque ! Cette formation emmenée par Bernard Sellam très présent à la guitare et surpuissant au chant n’a rien à envier à certaines formations US. A l’image de leur dernier disque, ces quatre garçons réussissent à aborder le Blues en nous faisant parcourir le Texas, L’Illinois, la Louisiane, la Californie et aussi le Rock. L’apport de Stephane Bertolino pratiquant un phrasé saturé sur Golden est une heureuse trouvaille, le son qu’il réussit à sortir est époustouflant, la section rythmique impeccable. Ce groupe me semble largement sous- estimé (comme certains de leurs collègues) par un grand nombre de programmateurs. A bon entendeur !

Beauvais – Festival de Blues sur zinc (10 mars) :
Un voyage éclair dans l’Oise pour assister aux concerts de Fred Chapellier et du trio Mercy sous le chapiteau du Magic Mirror. J’avais été agréablement surpris à l’époque par le choix du CLCB, tant ces deux formations se tiennent un peu en marge du Blues tendance se pratiquant depuis quelques années. Alors Fred Chapellier c’est d’abord une section rythmique fidèle (Pat Machenaud aux fûts, Abder Benachour à la basse) et implacable, suivi d’un jeune et nouveau claviériste avec Damien, dont j’espère pouvoir reparler prochainement. Nous avons également le plaisir de revoir Lorenzo Sanchez en seconde guitare. Fred et son Band nous offrent un répertoire mêlant anciennes et nouvelles chansons de leur dernier opus.


Lorenzo Sanchez


le trio Mercy

Mercy prenait la suite nous permettant de parcourir les rives d’une Louisiane moderne, avec un Swamp très Rock et très novateur. Ce trio a déjà été chroniqué sur ce même site, je considère qu’il y a actuellement peu d’équivalent à ce Trio de Swamp Blues Power, d’ailleurs il semble que Jean Paul Avellaneda et son band, soient suivis par de nombreux décisionnaires américains.

Centre Caussimon – Tremblay (11mars) :
Fred Chapellier : Tiens, le même combo qu’hier… la salle est comble, le son me parait meilleur que la veille. La formation nous offre un Blues Rock de haute envergure, on pourra apprécier notamment un nouveau titre « Mr Roy », le public semble ravi. Fred n’a cependant pas besoin d’être plus démonstratif, il n’a rien à se prouver, ni au public. Souhaitons qu’il ne tombe pas, comme tant de ses jeunes collègues, dans les mailles de l’esbroufe.


John Nemeth

En seconde partie, c’était les Rockets, accompagnateurs attitrés d’Anson Funderburgh et de Sam Myers, qui étaient chargés d’épauler Junior Watson et John Nemeth. Si la prestation des Rockets avec John Street aux claviers, Wes Starr (un accompagnateur qui en a mené plus d’un à la baguette dont Dick Rivers) à la batterie, et du nouveau Eric Mat Przygocki (un ancien Nick Curran) à la contrebasse ou à la basse électrique m’a totalement convaincu, Jr Watson n’a pas réussi à me faire oublier les prestations d’Anson et surtout le chant de John Nemeth ainsi que sa prestation à l’harmonica n’ont eu sur moi qu’un effet …assoupissant. Le chant est maniéré et ne peut faire que penser à William Clark et autres consorts du West Coast et Jump à la mode. De plus, le phrasé d’harmonica de Mr Nemeth me parait très court et très limité. Il faut avouer que je partage l’avis du Doc au sujet de cette mode West Coast qui existe maintenant depuis 3 ou 4 ans. Je signale que le show proposé par Jr Watson & Co a enthousiasmé fortement la grande majorité des spectateurs, mais pour bien apprécier il convient certainement d’être Fan.


Kenny Neal


Darnell

Le Méridien (23 mars) : Kenny Neal Blues Band :
Kenny Neal était en représentation au Méridien pour quelques jours. Pour l’occasion il était accompagné d’une partie de la tribu Neal (on retrouvait Frederick aux claviers, Darnell à la basse et Bryan aux drums) et de l’harmoniciste Billy Branch. Les 3 premiers morceaux seront l’œuvre de Kenny associé à Billy avant que les 3 frères ne les rejoignent. Le répertoire proposé varie entre Swamp, Chicago Blues et Blues Texan. Billy a un jeu qui rappelle parfois Little Walter, il est en général bien meilleur sur scène que sur disque, surtout il évolue très souvent avec de bons guitaristes. Les 3 petits frères Neal sont au top, la musique bien en place, on donnera pour l’occasion une mention au bassiste Darnell. En fin de set Kenny et Billy ont proposé un duel à l’harmonica, Excellent ! De plus Kenny Neal est très facilement abordable. Une bonne soirée.


Mem Shannon

L’Espace B (24 mars) :
Bluesiana (première partie) – Mem Shannon
C’est grâce à notre confrère Nicolas Teurnier et son association que ce spectacle a pu voir le jour. (Voir archives mars). Je n’avais jusqu’à présent jamais vu Monsieur Shannon en concert ; il faut dire que ses passages en France sont rares. Autant le dire tout de suite, après Awek, Mercy, Troisième grosse claque du trimestre. Le dernier disque de Shannon figure dans mon Top 2 des nouveautés 2005.
Mais avant, c’était la formation Bluesiana qui avait l’honneur d’ouvrir. Ce quatuor m’avait laissé un bon souvenir lors d’une visite (voir archives mars 2005). Mais là, les conditions étaient différentes : salle comble et première partie d’une grosse pointure. Si les musiciens se sont révélés fort convenables, Chas au chant m’a laissé une impression mitigée. Peut être ce qu’on appelle le Trac. J’avais préféré leur précédente prestation. Et puis vint l’arrivée de celui que tout le monde attendait ; Mr Mem Shannon accompagné par les musiciens américains avec lesquels il tourne habituellement chez lui. D’entrée, c’est la Gifle ! Shannon vient très rarement en Europe, mais ses concerts sont presque toujours des réussites. Dès le premier morceau le ton est mis : voix profonde et souple (Mem se plaindra du climat humide, il est en France depuis quelques jours) jeu de guitare incisif, inventif et fluide, textes sortant de l’ordinaire, bonne humeur et complicité évidente avec des musiciens rompus au Groove et au Funk. On retrouve parmi The Membership : Robert « Rhock » Dabon aux claviers, Jeff Hebert aux baguettes, Angelo Nocentelli (frère de Leo) à la basse et enfin le saxophoniste qui participe aux tournées, Tim Green. Ca pète du feu de Dieu, Mem va nous offrir un mélange de ces 4 premiers albums auquel il rajoute 5 titres de son dernier CD « I’m From Phunkville » dont la reprise des Beatles « Eleanor Rigby ». Les morceaux Live de ces 5 plages confirment l’impression du disque, il y a plus de recherche, de velouté et de liant. Franchement Mem et ses musiciens étaient proches de l’apothéose ce soir. Je profite de cet espace pour remercier toutes les personnes qui ont pu faire de ce concert une réalité. Il est tout de même dommage qu’un artiste de la qualité de Shannon n’ait pas trouvé mieux que 3 petites dates en France. Merci à ce « Grand Monsieur » d’avoir relevé le défi. Pour terminer, l’Espace B de Christian Legras aura revécu une de ses plus belle plage, digne du temps de feu Le Cristal.

Le Kingbee

 

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