Zydeco Revelators

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Zydeco Revelators • Autoproduit

Avouons que la pochette de ce disque à de quoi laisser sceptique et dubitatif. Je m’étais déjà fait avoir avec Ernest James Zydeco, un groupe de Kansas City, que j’ai ignoré pendant des lustres en raison de pochettes fantaisistes, peu sérieuses, à la limite de la bouffonnerie. Jusqu’à ce qu’un beau jour je mette mes préjugés de côté pour découvrir trois albums stratosphériques. Preuve que les a priori ne sont jamais bons.

Alors Zydeco Revelators est un groupe basé entre New York et le New Jersey, région peu réputée et peu propice pour le Zydeco. Rien de choquant à priori, on a déjà vu de bons groupes de Zydeco externes à la Louisiane et au Texas (Captain Leroy, Ernest James Zydeco ou Bonne Musique Zydeco en sont les parfaits exemples). Et puis ces cinq hurluberlus ont des bouilles quand même sympatoches, alors pourquoi pas ? Cela change de tous ces artistes aux égos surdimensionnés qui se prennent trop au sérieux, font des gueules d’enterrement et se montrent aussi aimables qu’une porte de prison.

La première écoute permet de délivrer un constat édifiant : le répertoire de ces énergumène sonne carré et cohérent. Les textes sortent de l’ordinaire. Si les plaisanteries, le second degré sont bien présents, avec son air de comique troupier Phil Passantino nous décharge avec son timbre moqueur une critique sociale amusante de notre quotidien.

Enregistré au Seaside Lounge Recording Studios à Brooklyn, endroit qui aura vu passer Sharon Jones, les sessions se sont déroulées sous la houlette de Jon Altschuler, un ingé-son qui avait collaboré à l’album « Homeland » de Laurie Anderson. Si en ouverture « Ancient Bright Light », un instrumental à la guitare de 40 secondes oscillant entre Folk et Americana risque de surprendre, ce petit interlude permet de mettre en place une agréable mélodie qui va servir en quelque sorte de fil rouge. « Let’s Have Adventures » lance véritablement les hostilités, sous couvert d’une mélodie Pop, l’accordéon à bouton marque son empreinte, une trace dans laquelle la guitare de Lawrence Ochs s’engouffre avec délicatesse. S’ensuit « Zydeco Outta Control » sur une ligne mélodique presque similaire mais un tempo plus enjoué qui devient vite obsédant. Le chant de Phil Passantino ne cesse d’être relancé par les chœurs. Changement de ton avec « Don’t Know How To Dance » qui se révèle entre ballade californienne alternative et Zydeco Slow Down. Le timbre se fait plus sérieux tandis que la guitare tisse de subtiles nappes.

Changement de cap avec « Stargazing In Henderson » qui fait office de valse lente, le chant décalé de Passantino nous renvoyant vers Colin Hay (Men At Work). Place à un morceau dansant avec « Zydeco Around The World » avec une ligne colorée évoquant un curieux métissage passant par la Louisiane et la new wave australe. « Zydeco Séance » tient lieu et place de Zydeco alternatif. Si le rythme étrange surprend, la mélodie reste imparable portée par l’accordéon diatonique. « Sick And Tired » une combinaison de valse et de two-step fait figure de valse nostalgique, le chant de Phil Passantino prend une connotation cajun valant le détour. Le quintet parvient à tisser un patchwork d’influences fantasque : le dansant « Best Kinda Dreams » tient aussi bien du créole, du zydeco trail que du reggae. La voix légèrement parodique fait encore une fois merveille sur « Miss Breaux Bridge », un étonnant mélange de tonk rockin’ et de two step. Nos Révélateurs de Zydeco s’offrent une expédition vers un curieux cocktail comprenant rythmes Pop et Zydeco gallo-celtique. Rien d’étonnant à cela, le groupe a traversé l’Atlantique pour se produire en Irlande et filmer une petite vidéo en brin déjantée. Les new-yorkais terminent leur galette sans titre avec « Palm Trees In New Orléans », encore une fois une insolite combinaison de zydeco Pop, de valse et de saccades nouvelle-orléanaises.

Si les deux dernières pistes laissent une moins bonne impression, peut- être sont-elles trop modernes et trop singulières, il n’en est pas moins vrais que ce groupe parviendrait à faire danser n’importe quel unijambiste sous le Manhattan Bridge, celui qui traverse l’East River. Pas de quoi s’étonner, nous dansons bien nous autres sur le Pont d’Avignon ! Ce premier opus rafraichissant apporte un gros bol d’air. Si les musiciens ne se prennent pas trop au sérieux, ils distillent sans en avoir l’air un répertoire harmonieux souvent festif. Mais ces fêtards sont aussi capables d’apporter des nuances, un petit grain mélancolique ou une pincée de vague à l’âme comme l’exige le répertoire louisianais. Si le groupe casse quelques codes au passage, chaque membre pourrait probablement jouer dans un groupe de vedette : la section rythmique se montre carrée, le frotteur n’en rajoute pas, la guitare est capable de fulgurances bien senties et le chanteur se révèle excellent à l’accordéon diatonique. Phil Passantino reste le seul pourvoyeur du groupe en matière d’écriture. Seuls « Don’t Know How To Dance » et « Sick And Tired » (sans lien avec le titre de Chris Kenner) sont accrédités à Keith Richards. Une excellente surprise qui nous éloigne de la morosité ambiante. Enfin pour conclure, signalons que l’accordéon placé tout en haut de la pochette ne laisse aucun doute, nous avons bien à faire à un vrai disque de Zydeco.

Distributors worldwide : CD Baby, iTunes, Amazon, and GooglePlay.

https://www.reverbnation.com/zydecorevelators

Le Kingbee

 

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