Visite à la Fondation Cartier

Anthologie

La fondation Cartier a entrepris une entorse à ses habituelles occupations axées sur l’Art Contemporain. Du 22 Juin au 28 Octobre 2007, la Fondation expose sur le thème du Rock’ n’ Roll 39-59, louable initiative surtout au vu de la qualité de l’exposition et du cadre.
Le Rock’n’ Roll va faire son apparition sur les écrans de la télévision américaine dès 1956. On peut dire que même si quelques musiciens étaient déjà apparus auparavant, Elvis Presley fût le déclencheur du mouvement, provoquant une véritable révolution musicale et sociologique de la civilisation US. L’exposition propose un parcours initiatique au travers de différents genres musicaux qui vont engendrer le Rock, détaillant ainsi des formes comme le Gospel, Le R&B, le Blues, le Hillbilly et les grands ensembles de Jazz. Bien sûr l’expo s’appuie sur l’histoire de quelques individus, figures marquantes du Rockabilly et plus tard du Rock. Mais c’est un voyage sonore et visuel d’une grande envergure qui est proposé au visiteur.



A l’extérieur de l’enceinte, des points d’écoutes sont disponibles permettant ainsi aux visiteurs de prendre la température de l’endroit. Une fois rentré dans la petite salle du rez-de-chaussée, on passe devant la salle cinématographique. Je conseille aux visiteurs de voir l’excellent film de Pamela Page et Patrick Montgomery « Rock’ n’ Roll The Early days » (1984) en dernier, contrairement à la plupart des gens. Le film ne dure que 55 minutes et passe en boucle.
Dans la Grande Salle on pourra apprécier les photographies d’Alfred Wertheimer souvent inédites. Ce photographe engagé par RCA a suivi le début de carrière d’Elvis ; les tableaux en noir et blanc restituent l’évolution de la jeune star dans sa vie quotidienne jusqu’à la scène. C’est ensuite divers objets de la culture musicale de l’époque qui sont proposés : de magnifiques juke-box Wurlitzer série 1800 retraçant la période 45 à 56 (on y retrouve tous les standards d’un Rockabilly naissant mais aussi des disques de Western Swing, Old Time et Country en passant par des microsillons de R&B, allant des Midnighters aux Coasters, Ruth Brown et Five Royales), diverses radios, des microphones Astatic (VDH), une radio Fada Bullet, divers pick-ups, photographies, affichettes d’époque, revues et fanzines jusqu’à une Cadillac.
On peut également rentrer dans la reconstitution du studio que Norman Petty avait monté à Clovis (Nouveau Mexique), là où Buddy Holly enregistra « Peggy Sue » et « That’ll be the Day ». On retrouve aux murs des photos rares de William Eggleston. Un petit conseil, prenez votre temps vous pourrez y écouter sur des enceintes d’origine des sessions d’enregistrements rappelant parfaitement l’atmosphère des studios d’enregistrements de moult petits labels indépendants qui ont contribué à lancer le Rock’ n’ Roll. Attention, à l’intérieur du studio on en prend plein… … les oreilles ! On peut y découvrir les sessions de « Heartbreaker », « The Right Time » (Ray Charles), « She Knows How to Rock » (Little Richard), « Great Ball of Fire » (Jerry Lee Lewis). En sortant du studio, ce sont encore des photographies qui restituent le visage de la jeunesse américaine en pleine mutation.



Au sous- sol du bâtiment, c’est une reconstitution chronologique qui est proposée, relatant mois après mois les évènements marquants du Rock’ n’ Roll. On nous propose de superbes vitrines, relatant les mutations politiques et sociales du pays, des affiches de concerts (notamment celle du concert d’Elvis à Jacksonville, deux exemplaires seulement au monde), des pochettes de disques, des vêtements ou objets ayant appartenu à certaines vedettes, enfin tout ou presque de ce qui a marqué le début du Rockabilly. Mention aux petits écrans retraçant certains concerts selon les thèmes des vitrines.
A l’étage, le visiteur pourra jeter un œil à la boutique. On y trouve des livres axés sur la musique et bien sûr l’Art Contemporain, des disques, des tee-shirts et divers accessoires. On ne pourra que recommander l’excellent livre « Rock’n’ Roll 39-59 » (éditions Barral – 432 pages et environ 400 reproductions).

La salle de cinéma :
C’est un film document de 1984 qui est proposé en version originale sous titrée. Le choix de la Fondation s’est porté judicieusement sur « Rock’ n’ Roll : The Early Days » dans lequel Pamela Page et Pat Montgomery retracent aux travers de certains musiciens, certaines images, faits historiques, politiques et sociaux les grands traits du Rock. C’est cependant un visage sans concession envers la société américaine et l’industrie du disque que nous proposent les auteurs du film. On pourra y apprécier les images contrastantes entre Fats Domino et Pat Boone, The Treniers en concert, l’accident d’avion dont seront victimes Buddy, Ritchie Valens et le Big Bopper dans l’Iowa, la chute regrettable de l’animateur radio Alan Freed, sans oublier le rôle de narrateur tenu par l’acteur John Heard qui nous propose parfois un regard cynique sur l’industrie du disque et certaines vedettes. Un film qui se laisse dévorer et qui pourra même plaire aux enfants.
A noter que la cinémathèque dispose également sur les côtés de deux belles vitrines, avec des affiches, des pochettes et des vinyles et surtout une Stratophone (1953) de Carl Perkins, la Martin D18 d’Elvis (1942) et une Gibson ayant appartenue à Buddy Holly.
Une exposition que l’on ne peut que recommander activement.

Remerciements au personnel et à Madame Hélène Cahuzac (Attachée de Presse) pour leur disponibilité et leur accueil.

Le Kingbee

Fondation Cartier
261, boulevard Raspail 75014 Paris
Métro Denfert-Rochereau ou Raspail

 

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