There’ll Come Times, Betty…

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Betty Everett « It’s In His Kiss »
The very best of the Vee-Jay years
(Charly SNAP226 CD)
Betty Everett n’a jamais eu le succès que sa voix jeune, douce et amère aurait dû lui procurer. Il faut reconnaître que la suppression des classements R n B dans le fameux Billboard, entre 1963 et 1965, n’aura pas permis à certains artistes noirs de cette époque, de recueillir les oboles de leurs créations.
Betty voit le jour en 1939 dans le Mississippi. Comme un grand nombre de ses collègues, elle fait ses gammes sur les bancs des églises en chantant du Gospel.

Malgré le désaccord de ses parents, elle rejoint Chicago en 1957 et arrive à se faire remarquer par Willie Dixon et intègre son orchestre pour quelques mois. C’est ensuite Magic Sam qui lui permet d’enregistrer trois microsillons sur la marque Cobra entre 1957 et 1959, dont l’excellent « I’ll weep no more » (Cobra5031). Ike Turner qu’elle rencontre dans ces mêmes studios, l’emmène dans le Missouri, mais Betty met rapidement fin à cette collaboration.
En 1960, elle change de registre en se lançant dans la Soul ; c’est grâce à Carl Jones, qui en dehors d’un bar, dirige le petit label CJ, qu’elle grave six faces entre 1960 et 1961 (en compagnie des Daylighters, d’Earl Hooker et d’Ike Perkins). La même année, elle enregistre un microsillon pour Renée, dont le titre « Your Love Is Important To Me » est aussitôt repris par le One-Der-Full, label qui va lui permettre de signer pour Vee-Jay Records en 1963. Après un premier microsillon d’essai, elle montre dès 1963 qu’elle peut rentrer dans les charts avec « You’re No Good », mais c’est véritablement l’année suivante qu’elle fait un carton avec « The Shoop Shoop Song » (It’s In His Kiss). La chanteuse Cher donnera une seconde jeunesse à ce titre endiablé en 1990, ce qui aura le mérite de faire connaître le nom d’Everett à un public plus jeune. Par la suite, Betty va enregistrer quelques Duos (très à la mode à cette époque) avec Jerry Butler. Ils ont le même âge, travaillent pour la même compagnie et la voix de baryton et le sens de la ballade romantique de Butler ajoutés à la voix de Betty s’imbriquent parfaitement. Ils connaissent une belle réussite sur une reprise d’une adaptation des Everly Brothers « Let It Be Me ». En France, c’est Gilbert Bécaud qui chantait cette plage sous le titre « Je t’appartiens ». Betty et Jerry connaissent encore le succès avec « Smile », une reprise à l’eau de rose d’une chanson écrite par Charlie Chaplin pour son film Les Temps Modernes.
Mais Betty éprouve des scrupules à faire carrière dans la chanson. Les bancs de l’église où elle chantait enfant lui ont toujours manqué. En 1966, elle enregistre ses dernières face pour Vee-Jay avec « The Shoes Won’t Fit » et « Trouble Over The Weekend » (Vee-Jay 716). Peu de temps après, le label fondé en 1953 par Vivian (Vee) Carter et Jimmy (Jay) Bracken est acculé à la faillite.

Le label ABC, souvent rapide à flairer les bonnes affaires, mais hélas réputé aussi pour enterrer l’originalité et le pouvoir de création de certains artistes, se précipite pour faire signer Betty. Le succès n’est guère au rendez vous, l’envie de chanter de Betty diminuant petit à petit. En 1968 Betty quitte ABC et rejoint MCA/Uni. Elle retrouve le chemin du succès grâce à la collaboration d’Eugène Record des Chi-Lites ; Betty cosigne « There’ll Come Times » en 1969 qui parvient sur la deuxième marche des charts. L’année suivante, elle rejoint Calvin Carter, son ancien directeur artistique de Vee-Jay, chez Fantasy ; malgré deux succès arrangés par Donny Hathaway, on préfère que Betty aille travailler avec Willie Mitchell. Oubliant ses racines, se tournant trop vers une musique Pop peu intéressante, malgré les conseils de Mitchell, Betty connaît encore de la réussite avec « Sweet Dan » et la participation de Johnny Guitar Watson en 1973. En 1977, « True Love » enregistré par United Artist est le dernier succès commercial de Betty Everett. Betty retourne à ses premiers émois chanter le Gospel de son enfance, laissant sa carrière musicale de coté. Elle décède à son domicile à Beloit, dans le Wisconsin en août 2001.

The very best of the Vee-Jay years : C’est avec une grande joie que nous pouvons entendre la voix de Betty Everett sur cette compilation Charly ; les disques de Betty étant épuisés ou peu faciles à trouver. Le livret intérieur de sept pages n’apporte pas grand-chose de nouveau, on apprend juste que Betty a commencé le Gospel avec The Travellers Rest Baptist Choir. On retrouve dans cette galette presque la totalité de ses enregistrements pour la firme de la banlieue de Chicago. Deux titres du label One-Der-Full sont rajoutés, ainsi que sept duos en compagnie de Jerry Butler. Manque à l’appel « By My Side » (VJ513), « Can I Get To Know You » (599), « Since I Don’t Have You » (VJ676), « I Don’t Hurt Anymore » (VJ699), et « Fever » (VJ691) une superbe reprise de 1965. Par rapport à la discographie officielle d’Everett on constate cinq erreurs de dates pour les titres 5-7-14-27-29. Mais l’ensemble donne un aperçu très correct du talent de cette excellente chanteuse, durant sa période Vee – Jay. En dehors de Butler, on peut reconnaître sur certains titres les harmonies vocales des Dells, les baguettes de Maurice White (futur Earth Wind & Fire), Al Smith à la basse et la guitare de Billy Butler.

Une galette qui devrait ravir les amateurs de Soul Chicagoanne.

Le Kingbee

Sources Sebastian Danchin (Encyclopédie de la Soul) – Marc Taylor (A Touch Of Classic Soul)

 

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