The Swindlers, Rattlesnake

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The Swindlers • Rattlesnake (Crazy Times Records CTR-CD120)
Premier bébé pour The Swindlers, formation lyonnaise conjuguant R&B fifties, Rockab et Rock n Roll. Nous devons cette publication au label catalan Crazy Times Records de l’indéboulonnable Pierre Maman, un producteur authentique qui se bat contre vent et marée afin de faire perdurer l’esprit des fifties. Et c’est justement vers un répertoire vieux d’un demi-siècle que les Swindlers nous expédient à grand coups de bottes au cul.

Le visuel fait clairement référence aux petits combos de la fin des années 50. « Rattlesnake », traduisible par Serpent à Sonnettes, aurait plutôt tendance à faire danser le quidam que de le faire fuir à toute jambe. Articulé sous la forme d’un quatuor classique (une chanteuse, une guitare, une contrebasse et une batterie) le groupe ne reste pas statique et propose une belle variation de genres. Enregistré à l’Electrophonic Recordings, un studio à l’ancienne privilégiant une sonorité vintage, par Eric Bessenay le batteur du groupe (on n’est jamais mieux servi que par soit même) l’album retranscrit une ambiance orientée vers la festivité, le Rock n Roll tout en prenant soin de s’aménager quelques moments d’ambigüité.
Ce premier bébé confectionné avec amour propose quatre originaux de bonne facture : un Rock n roll « Don’t Come Around », un R&B Rockin’ « All Night Along » avec une guitare sobre mais capable de fulgurance dévastatrice, un rumble avec « Rattlesnake » dans lequel la gratte prend des airs de Duane Eddy et enfin un Raw Blues avec harmonica à la sonorité primitive, une pièce évoquant RL Burnside, Jr. Kimbrough ou les productions Fat Possum.
Au rayon des reprises, le groupe divise son répertoire en deux catégories distinctes : des morceaux connus voir archi rabâchés comme « My Babe » et des inusités souvent judicieux. Explorons donc ces différentes pistes en commençant par la première série: La formation a probablement voulu se faire un petit plaisir en reprenant « My Babe », standard de Willie Dixon popularisé par Little Walter en 1955. Cette variante issue d’un vieux spiritual « This Train », a été reprise un nombre incalculable de fois et avouons qu’aujourd’hui le titre ne fait plus recette. Autre titre bien connu « I’d Rather Go Blind », gros succès d’Etta James en 67, avouons que Tamara Avedian se sort de cette superbe ballade sans trop d’embûches. Si certains auditeurs resteront attachés à la version d’Etta James ou celles de Clarence Carter, Spencer Wiggins, Bettye Swann, Barbara Lynn ou bien encore de Leela James (plus récente), convenons que le titre vient à point marquant une rupture pleine de douceurs. Autre morceau faisant figure de grand classique avec « Dust My Broom » ici accrédité à Robert Johnson. Le titre a connu de multiples démarques (Leroy Carr, Kokomo Arnold, Robert Johnson et enfin Elmore James en 51 pour les disques Trumpet revendiquent la chanson). La guitare de Stéphane Gazel diffuse de bons coups de slide, la section rythmique se posant comme gardienne du temple alors que le timbre de la chanteuse s’oriente sur une touche un brin Revival. Quatrième et dernier gros morceau avec « Burning Love », une composition du countryman Dennis Linde enregistrée pour la première fois par Arthur Alexander mais popularisée quelques mois plus tard par Elvis. Le morceau, comme beaucoup de titres chantés par Le King, a été repris à maintes reprises et Tamara ne s’en sort pas trop mal encore une fois. En tous cas, la jeune chanteuse nous offre une interprétation largement supérieure à celles données par certains grosses vedettes (Travis Tritt, La Toya Jackson, Billy Swan ou bien encore Amanda Lear qui massacrait allègrement le morceau il y a peu).
Terminons par les réjouissances : bonne reprise de « Wham Bam Jam » du non moins excellent Ronnie Dawson, avec un solo de gratte bien senti. Encore un titre issu du répertoire d’Etta James, « Nobody Loves You Like Me » permet à la chanteuse de placer d’agréables variations. Le tempo s’accélère avec « Hit Git And Split », un black rock n roll de Young Jessie. Encore une fois la guitare s’offre de superbes envolées qui n’ont presque rien à envier à celles de Mickey Baker. Autre bonne pioche (qui aurait pu figurer plus haut) avec « I’m A Little Mixed Up », œuvre de Betty James mise en boite par le label new-yorkais Cee-Jay et revendue à Chess. Koko Taylor popularisera la chanson quelques années plus tard. Les Escrocs parviennent à faire le pont entre Chicago et la Louisiane, le groupe reléguant bien loin les versions de Sue Foley et de Diane Krall. Le groupe s’attaque à « Proud And Humble » d’Imelda May diluant tous les parfums Hillbilly pour une version plus orientée sur le Revival.

Terminons cet éventail par le meilleur « It’s Your Voodoo Working », une tuerie de Charles Sheffield gravée par Excello. Peut-être l’un des meilleurs titres de Voodoo Soul jamais enregistré. L’interprétation des Swindlers nous parait largement un cran au dessus de celle d’Imelda May polluée de claviers intempestifs.
Pour résumer : rythmes dynamiques, alternance des tempos, répertoire éclectique respectueux des originaux, une guitare qui se fait tour à tour enjôleuse, aérienne et qui dévaste tout sur son passage quand le besoin s’en fait sentir, une production sans surenchère, une chanteuse qui a la sagesse de ne pas pousser sa voix (certains puristes lui reprocheront son timbre trop blanc), une slappin’contrebasse gardienne du temple font de ce serpent à sonnettes un crotale facile à domestiquer. Signalons que Stephane Gazel n’est autre que le frère du contrebassiste Thierry des Ol’Bry, groupe bien connu des amateurs de Rock n Roll parisiens. Seul reproche, ne pas avoir mis « Away », l’excellent blues à la Fat Possum, en second morceau ou au milieu de disque. The Swindlers viennent grossir les rangs des formations françaises se vouant au registre Rock n Roll/R&B fifties dans la lignée de Roy Thompson ou Nico Duportal.

Une heureuse surprise !

Page facebook : https://www.facebook.com/The-Swindlers

Cd disponible ici

Le Kingbee

 

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