The Ol’ Bry

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The Ol’ Bry – We Don’t Care
Les Ol’Bry viennent de Seine et Marne et ont commencé leur aventure il y a près de deux ans. Au départ, le groupe s’est fait brièvement connaître sous le nom des Bryoles (contraction mêlant les origines créoles des deux fondateurs, Thierry et Eddie Gazel, le père et le fils, et leur terre d’adoption la Brie). Ce nom de scène étant déjà pris, le groupe s’est transformé en Ol’ Bry.

Ce nouvel opus se démarque quelque peu du catalogue Rock Paradise. Effectivement, si le Rockab est toujours présent, le répertoire du groupe s’oriente vers un sympathique mélange de Rhythm and Blues, de Doo-Wop et de Rock n Roll. Enregistré au Studio Fortunela de Tourne en Brie, sous la houlette de Mister Jull, « We Don’t Care » nous propose 14 titres (dont un caché).

L’album ouvre les débats avec « Cry To Me », chanson du songwriter Bert Berns popularisée en 1962 par Solomon Burke. C’est d’ailleurs la version du soulman prédicateur de Philadelphie qui semble avoir retenu l’attention du groupe et non celles qu’en firent Betty Harris, les Stones ou les Pretty Things. « Let Me Dance », composition du groupe est un rock n roll sixties avec un bon passage de sax. Le groupe enchaîne avec « My Girl » ?uvre de Smokey Robinson composée pour les Temptations. Le single original grimpera à la première place des charts durant le Noël 64.

« Carolina », une composition de Stéphane Gazel (le tonton qui intervient à la guitare sur quelques titres), est une pièce rock assez trouble qui fait référence à une dénommée Carolina (Ne me demandez pas de qui il s’agit). Il ne fallait pas manquer de culot pour s’attaquer à « Reet Petite », premier succès du flamboyant Jackie Wilson après son départ des Dominoes. Le jeune Eddie n’a visiblement peur de rien et se sort à merveille de ce traquenard. « She Don’t Care », troisième compo du groupe, est une ballade slow qu’on croirait sortie tout droit des studios de Norman Petty. « Cute & Pretty », un titre rock, nous dévoile les vicissitudes d’un jeune gars en quête d’une voiture et d’une « fiancée », accessoires indispensables pour aller à la Party où il est invité.

Les Ol’ Bry parviennent à donner une coloration New Orleans au « Number Nine Train » de Tarheel Slim. Si ce single enregistré en 1959 pour le label Fury demeure une pièce appréciée de groupes de rockab, l’apport du saxophone et d’une tonalité éloignée de l’originale permet au morceau de s’écarter de la copie servile. Même chose avec le « Rainin’ In My Heart » de Slim Harpo, les quelques pointes de sax favorisent une piste différente de l’original.

« Ghost Highway », composition du band, dévoile un surfing hillbilly qui montre bien que le groupe ne reste pas figé dans un répertoire. « Bim Bam » hit de Sam Butera, ancien sax de Louis Prima, nous renvoie en plein paysage rhythm and blues. Changement d’orientation avec « North Side Gal », un titre de JD McPherson, est livré ici dans une version rockandrollesque moins roots que l’original. « Take My Shoes », dernière compo du père et du fils, est un bon rock rageur à mi chemin entre les Inmates et Creedence.

En titre caché, les Ol’Bry rendent hommage à Gene Chandler et au doo-wop avec une reprise a capella du célèbre « Duke Of Earl ». Ce single permit en son temps à la firme Vee Jay de dépasser le million d’exemplaires vendus.

Une bonne mise en place, des musiciens complémentaires, un répertoire éclectique et sincère et un jeune chanteur d’à peine vingt deux ans qui sert d’attelage au traîneau font de ce premier jet un disque réussi.

Disponible sur le site du groupe et chez Rock Paradise (42 rue Duranton Paris – Métro Boucicaut)

http://www.theolbry.com/crbst_2.html

Le Kingbee

 

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A propos kingbee

Le kingbee, le sobriquet choisi par ce chroniqueur rend hommage à ses premières influences, également très porté sur le cajun, le zydeco, le gros son seventies... Il ne déteste pas la Soul sudiste. Le kingbee a tâté il y a bien longtemps une carrière de musicien qui n'a jamais décollé...

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