Teddy Paige & The Jesters

Anthologie

The Jesters – Cadillac Men – The Sun Masters – Big Beat
Attention, il ne s’agit pas ici de la formation de doo-wop originaire d’Harlem fondée par Lenny McKay, mais d’un groupe de blancs-becs originaires de Memphis, connu pour avoir mis en boîte quatre titres pour le légendaire label Sun. Il faut dire qu’on retrouvait en son sein l’un des rejeton de Sam Phillips, le guitariste chanteur Jerry Phillips. Si le jeune Jerry était un honnête guitariste avec un nom relativement porteur, la véritable âme du groupe était le charismatique Teddy Paige (harmonica, chant, guitare), connu aussi sous le nom de Count McDonald ou d’Edward La Paglia. Légèrement plus âgé que ces jeunes équipiers, Paige était le chef de file de cette jeune formation, orientée depuis vers une conjugaison de blues patiné au rock n’roll local et aux tendances mod et garage naissantes. En dehors des deux musiciens précités, le groupe s’articulait aussi autour de Jim Dickinson (basse, claviers), Eddie Robertson (batterie), Billy Wulfers (guitare rythmique). En dehors des 2 titres figurant sur le Sun 400 et de 2 autres figurant sur la compilation « The Best of Sun Rockabilly vol 2 », les 9 autres titres proposés ici demeuraient jusqu’alors inédits.

Pour compléter efficacement ce CD, le compilateur a placé un titre des Jesters mis en boîte avec Jimmy Day & the Knights et aussi 4 des Escapades. Ces 3 groupes sont tous natifs des environs de Memphis. Tommy Minga, désirant échapper quelque peu à l’emprise de Paige, partira fonder The Escapades en compagnie de Dale Roark (basse) Ronny Williamson (drums) Bernie Kisper (guitare) Ron Gorden (claviers et futur Bar-Kays). Cette formation s’appuyait sur les compositions de Minga et laissait musicalement la part belle à l’organiste Ron Gorden, contrairement aux Jespers chez lesquels le son plus sauvage était plus orienté vers le roots et le garage. Les Escapades ne graveront que trois microsillons chez Arbet, XL et Verve. Superbe compilation de garage/blues/mods où l’accent est mis sur les compositions ; sur les 18 plages du disque on ne retrouve que trois reprises : « Heartbreak Hotel », « My Babe » de Willie Dixon et « Boppin’ the Blues » de Carl Perkins. Mention à « The Big Hurt » un garage à la Standells et au déjanté « « Jim Dandy and Sweet Sixteen ». Une compilation qui fait renaître l’esprit du rock de Memphis du milieu des années 60 et qui se situe à mi chemin entre The Sonics, The Standells, The Shadows of the Knight et les Raiders de Paul Revere.

Le Kingbee

PS : Teddy Paige est encore en activité. Après avoir été producteur et accompagnateur de David Allan Coe pour l’album « Penitentiary Blues » (SSS Int) publié en 1969, on retrouve sa trace à la Nouvelle Orléans et à Los Angeles au milieu des seventies. En 78, son nom réapparaît lors d’un suicide collectif … il faut dire que le garçon est réputé ingérable et incernable. Durant les années 90, on retrouve Paige dans les environs de Nottingham, il fait des recherches sur la légende de Robin des Bois, certains prétendent même qu’il est devenu Robin ! En 2000, il se fait remarquer par Liam Watson qui l’enregistre comme session man pour les studios Toe-Rag. En 2002, Teddy fait reparler de lui, la presse anglaise indique qu’il est interné en institut psy pour avoir agressé un homme avec … une épée. Quand il parvient à échapper à ses périodes paranoïaques, Paige se plonge dans l’histoire du moyen âge et se passionne aussi pour la fabrication d’instruments moyenâgeux. En 2007, Teddy enregistrait au sein des New Jesters un CD 2 titres intitulé « London Cherry ». Il ne semble pas qu’il ait voulu poursuivre cette aventure musicale, accaparé par son intérêt pour une époque du temps jadis.

 

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