Sur un air de mélodica : Paul Oscher

Les Disques

Paul Oscher « Alone With The Blues » (Electro-Fi 3384)
Ce CD de 68 minutes, composés de 17 plages dont 7 compositions est une pure merveille de simplicité. Les sessions regroupées ici ont eu lieu en divers endroits (Toronto 2001, en Floride 1999, NYC 99 et la reprise de Mississippi John Hurt date de 1993). Electro-Fi a, comme c’est devenu son habitude, sorti la bonne pioche avec cette galette.

Paul Oscher est natif de Brooklyn. Il a été harmoniciste dans l’orchestre de Muddy Waters de 1967 à 71. Paul n’avait jusqu’à présent sorti que 3 albums, sous son nom. Mais il a participé à l’enregistrement de nombreuses vedettes parmi lesquelles John Lee Hooker, Earl Hooker, Louisiana Red, Jimmy Rodgers, Victoria Spivey, Big Mama Thornton entre autre. Il a même participé au disque de Big Bill Morganfiled « Risin’ on » tout un symbole.

Pour cette galette, Oscher se met au chant, aux harmonicas, au piano (Otis Spann fut son mentor) à la guitare, et même à l’accordéon sur un titre. Si Paul évolue seul sur 12 titres, le disque n’est en rien monotone, car en bon multi instrumentiste qu’il est, il arrive à nous captiver. On retrouve pour l’accompagner du beau monde : Kurt Strange à la basse, Cam Robb aux baguettes, Ted Attorino à la guitare, David Maxwell au piano sur 2 plages et Calvin Jones et Willie Smith sur le même titre. Ici, pas d’esbroufe ! Le CD va à l’essentiel dans une formule minimaliste. Paul ne force pas sur sa voix, souvent traînante, et s’avère excellent à la slide, tant qu’il est vrai qu’il a bénéficié de la présence de Waters.

On découvre au fil de l’écoute du CD quelques reprises intemporelles, dont « That’s alright » version Rodgers, qui nous fait hérisser les poils. J’apprécie particulièrement un morceau de MJ Hurt où Paul officie à l’accordéon, et un morceau de Leroy Carr pendant lequel Paul est seul aux ivoires. Il se dégage de cet opus une authenticité et une grande homogénéité, mais c’est dans la pratique des différents harmonicas (diatonique, chromatique et overblow) que je suis agréablement surpris. La cerise sur le gâteau arrive avec l’utilisation sur 2 titres d’un melodica. Très rare dans le Blues, cet instrument à vent, inventé par Hohner en 1959, pourrait se définir comme un harmonica à touches, il dispose d’une embouchure et est polyphonique. Le principal utilisateur de ce curieux engin est le jazzman Jack Dejohnette.

Bref un disque simple qui va à contre courant de la production et des modes actuelles. Andrew Galloway, président du label nous livre quelques informations supplémentaires dans le livret intérieur.

• trouver le disque  « Alone with the Blues »

Le Kingbee

 

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