Steve Ferguson & the Midwest Creole Ensemble: Jack Salmon & Derby Sauce.

Default Icon

En réécoutant l’excellent album « Johnny be bad » de Johnny Johnson (ex. pianiste de Chuck Berry) sorti en 1991, je me suis intéressé de plus près au guitariste Steve Ferguson. Omni-présent sur l’album, je n’avais pas fait gaffe à lui à l’époque, plus attentif que j’étais aux stars invitées comme Eric Clapton et Keith Richard … oui je sais c’est nul. Mais comme disait ma mère : faute avouée, à moitié pardonnée.

Grossière erreur … car ses interventions, loin des canons auxquels nous sommes habitués en matière de guitare blues, n’en sont pas moins pleines d’intelligence, d’originalité, de sensibilité bref … de goût.

S’en suivit un petit tour sur les sites Bleus que vous connaissez : … rien. Je me suis dit alors que j’avais dû rêver. Mais il faut dire que son style est un peu hybride … ceci explique peut-être cela … J’insiste tout de même, et me voilà parti sur google.
J’apprend qu’il était le co-fondateur du mythique NRBQ (New Rythm’n’Blues Quartet) vers la fin des années 60. Il réapparaît après 20 ans d’absence sur l’album de Johnny Johnson comme coproducteur, cocompositeur, cochanteur et guitariste. Et la section rythmique sur l’album c’est devinez qui ? celle du NRBQ.

J’apprends qu’à la suite il a enregistré deux albums sous le nom « Steve Ferguson & the Midwest Creole Ensemble ».

Le premier en 1993, « Jack Salmon & Derby Sauce » est décrit comme un savant mélange de Blues à la sauce New Orleans, de Rock et de « R&B/Funk gumbo » … bref de quoi faire saliver abondamment l’amateur de cuisine, de gumbo, de gombo et de musiques épicées que je suis.

Le second en 1996, « Mama U-Seapa » est marqué par les mêmes influences mais en plus chaud et avec des critiques encore plus enthousiastes. Avec en prime sur « Mama U-Seapa » les musiciens du Q déjà présent sur « Johnny be bad » et Johnny Johnson lui-même.

Ne reculant devant aucun sacrifice, je commande ces deux galette sur A ? ? ? ?N.com car à la F ? ?C ils n’avaient jamais entendu parlé. Manque de bol, je n’ai recu que « Jack Salmon and Derby Sauce », car le tant désiré « Mama U-Seapa » est épuisé.

Jack Salmon & Derby Sauce.

Steve Ferguson est un guitariste hybride, entre le Blues (il a surement écouté Clarence G. Brown un jour) et la country. Il est original comme peut l’être Amos Garett, un autre adepte de la Telecaster. Le style est sobre, mais très efficace, et la complémentarité avec la rythmique, section de cuivre incluse est exemplaire. Les cuivres, puisqu’on en parle, ne sont jamais envahissants, pas plus que la six corde. Car le garçon est aussi et surtout un arrangeur vraiment inspiré. Des voix, façon gospel, viennent parfois compléter le tableau. On a même droit parfois à une ritournelle à la flûte doublée au violon qui vous rappellent l’Ecosse ou l’Irlande. Le tout sur des rythmiques R&B, Funky, un Diddley Beat bien enlevé, un blues façon New Orleans très coloré ou une valse lente. Bref tout cela sent bon le Gumbo et l’écrevisse, et n’allez surtout pas croire que l’alchimie de Steve Ferguson soit faite de mélanges artificiels ou contre nature.

En résumé, si votre amour du Blues ne vous a pas fait poussé des œillères, si vous aimez les musiciens qui « décloisonnent » le blues (le terme est à la mode), vous pouvez aller interroger votre disquaire préféré (ou votre moteur de recherche).

Sinon essayez quand même : soit vous perdrez vos œillères, soit vous aurez perdu 140 F (je vous laisse convertir) et vous pourrez toujours m’insulter pour vous consoler, je ne vous en voudrais pas.

Papa Gombo

 

les 5 derniers articles de papagombo

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?