Soudain l’été dernier! (Suite).

Chroniques de concert

Rag Mama Rag a donc balancé deux sets à faire danser, guincher et trépigner toutes les marmottes du coin et les randonneurs des alpages qui pourtant s’était bien cramés les mollets durant la journée. A la différence de Fred Brousse le concert était programmé sous la halle de la place des tilleuls et non sur la scène mobile. Donc dans un cadre beaucoup plus intime puisque le public se trouve devant l’estrade ou se produise les musiciens à la différence de la scène qui plantée en bout de place fait que les gens hésitent à se rapprocher.

Charles Pasi l’année précédente avit été aussi obligé de cameloter pour que tout le monde se rapproche à la manière d’un bonimenteur de marché essayant de fourguer ses épluches légumes. Mais bon ça fait partie du deal de voir comment le mec sur les planches s’en sort dans ces circonstances. Hé le Charlie on sait que ça il sait faire…voir en redemande!
Bien sur c’est plus petit et pas question de se la jouer mur de Jéricho au niveau des amplis jusqu’aux nids planqés dans les poutrelles mais au moins si il flotte on est à l’abri.
Donc entre Missisipi Blues, Ragtime et Country Folk tout y est passé comme la National, le Dobro, l’Henderson accoustique et la mandoline entre les pognes de Ashley Dow ainsi que Washboard, harmo et percus entre celles de Deborah. Au voix bien sur chacun s’y collait et ça le faisait grave…tout ça bien sur avec à la main une bière du Mont-Blanc que les mecs du coin dans laquelle on peut plonger un dés de Génépi ou de Marc de Savoie en guise de remonte pentes. Autour quel pied de voir les gosses danser les mirettes comme des soucoupes devant les bancs tirés pour les parents. A la manière d’un parapente qui se faisait des loopings au dessus de la base de loisirs il a pas fallut longtemps pour voir se pointer et tournoyer les premiers danseurs telles ces anglaises rousses comme des escalopes virants merguez entre les coups de soleil de la journée et ceux qu’elles descendaient au comptoir des bars encadrants la place. C’est bien connu en haute montagne il est important de bien s’hydrater…non?
Faut dire que pour commencer « Your Cheatin’Heart » de Hank Williams nous avait été balancé dans une version à chialer suivi dans le désordre par du Robert Johnson, un instru diabolique, Lightin’Hoptkins et quelques autres merveilles qui ont tout doucement fait remplir, jubiler et délirer la halle mais aussi autour à l’image de cette vieille anglaise qui se mit à danser autour de la fontaine publique avec son homme le style old school pantalon de lin, chemisette de joueur de polo et bacchante en guidon de vélo…SO BRITISH…la classe! Surtout que cela se passait à coté du bar à Bikers ou elle se fit tirer…..le portrait à cheval sur une Harley accroché aux épaules d’un tatoué pété de rire. Entre « Born To Be Wild » et « Miss Marpple ».
Ce qui fait que quand on arriva à la fin du set on se serait cru à Dublin…une sacrée gageure pour des anglais et que cela annonçait un deuxième round d’enfer pour le soir.
Bingo!
Le bouche à oreilles avait fonctionné.
Ils commencèrent par un instrumental ragtime à décorner les chamois ce qui s’avéra nécessaire pour digérer l’omelette aux girolles, le saucisson aux noix et le reblochon fermier. Ensuite Robert Johnson revint nous parler du coeur de certaines femmes ou Deborah à l’harmo démontra ce que beaucoup ont tendance à oublier en croyant savoir…je parle pas de technique mais de Feeling…donc en croyant savoir en jouer c’est à dire se mettre au service de la chanson. Ensuite « Waiting For My Girl » une compo originale encore basée sur un tempo Rag fit un vrai tabac avec ses parties de National et de washboard. Un morceau Country précéda une version de Dust My Boom » digne des orages de montagne qui allaient péter quelques jours plus tard. A l’Ukulélé et aux cuillers, à la Weissenborn et à la steel tout ce beau monde nous mena à une version poignante de « Hard Blues Killing Floor », à bruler le dur sur « fried Train » en s’arrètant pour siroter un petit Jack en compagnie de Lightin’ sur « Blues in the bottle » pour finir sur un instru qui fit déborder la piste de danseurs avant d’enfiler « Driftin’and driftin », « Boogie all night long », « How long » superbe slow blues et « River Valley » une de leurs plus belles compositions.
Les gens ne voulaient plus partir et c’est sur un chant de travail à cappela qu’ils renvoyèrent tout le monde dans le coin.
KO debout mais dansant.
Quand je remontais vers le chalet après avoir croisé ma vieille anglaise qui sirotait une coupe de champagne qu’ils…son Lord Jim de mari et leurs nouveaux amis..gardaient au frais dans l’eau du bassin de la fontaine, je suis sur que les étoiles se l’étaient elles aussi sacrément donnés vu comme elles brillaient.
Beau concert, bel endroit, beaux musiciens et belles personnes.
Belle fin de nuit.
Bye.
Paco dit le Dahut des comptoirs.

 

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