Sharon Jones

Les Disques

Sharon Jones & The Dap-Kings – I Learned The Hard Way – Daptone Records
Tour à tour camionneuse, convoyeuse de fonds, gardienne de prison à Rikers et maintenant Diva en Soul Vintage, Sharon Jones a parcouru beaucoup de chemin depuis son premier cd mis en boite en 2002. Ce 4e album a fait quelques gros titres et couvertures chez certains de nos confrères de la presse écrite. Bénéficiant d’une production bien équilibrée, cet opus enregistré sur un Ampex 8 pistes par Gabriel Roth (Bosco Mann) à la House of Soul, l’antre du label, sonne vraiment vintage.
Le chant est bouillonnant, souvent survolté mais toujours maîtrisé, l’accompagnement est un atout et les Dap-Kings commencent à emmagasiner pas mal d’expérience. Les arrangements sont globalement bien léchés, les lignes mélodiques sont soignées et bien ficelées, on ne trouve que des originaux (sauf peut être « Window Shopping ») ; il y aurait donc tout pour nous rendre heureux. Mais c’est une impression mitigée qui prédomine après de nombreuses écoutes. Premier point négatif, la durée, le disque n’atteint pas les 40 minutes ce qui fait un peu court ; ce qui achoppe aussi ce sont 3 titres faiblards par rapport à l’ensemble, soit le quart de l’album : « The Game Gets Old » en ouverture est digne d’un générique d’une fadaise hollywoodienne (surtout le début) avec des « violonades » qui n’en finissent pas ; autre pièce peu convaincante, « The Reason » est embouteillé de cuivres et de violons, la voix de Sharon Jones ne peut même pas sauver le titre puisqu’il s’agit d’un instrumental placé au milieu, on ne sait trop pourquoi ; « I’ll Still Be True » souffre de l’attaque trop précoce des cuivres et d’une pluie de cordes inutiles. Certains leitmotiv et refrains qui s’annonçaient comme des bourrasques finissent par retomber en eau, et le caractère dépouillé de superflu et sans touche funk de la majorité des titres ne peut rattraper cette impression.
Au niveau des textes, Sharon Jones semble radoter, ressasser des sujets qui en deviendraient presque caricaturaux : l’Amour, l’ex qu’elle ne regrette pas, le mauvais mec … On a également du mal à comprendre pourquoi un morceau comme « Mama Don’t Like My Man », une véritable pépite de gospel soul, se retrouve brocardé tout à la fin du cd, choix artistique assez discutable. Trois morceaux trop faiblards empêchent ce cd d’empocher une note maximale. A titre personnel, je me demande même s’il ne s’agit pas de l’album le moins captivant de cette formation. On peut se demander si à trop vouloir façonner cet album ne lui a pas été préjudiciable.
Cette galette se situe largement au dessus de la production actuelle mais n’atteint pas le charme du dernier Naomi Shelton publié par le même label.

http://www.myspace.com/sharonjonesandthedapkings

Le Kingbee

 

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