Shaggy Dogs, la meute s’étoffe et frappe fort !

Shaggy Dogs le 28/01/2016 au New Morning
Les Disques

Shaggy Dogs • All Inclusive
Bienheureux les possesseurs des 7 opus des Shaggy Dogs, enfants non conventionnels de la scène rock française. Ces heureux possesseurs de ces albums sont à même de se rendre compte de l’évolution des trois survivants de la formation initiale auxquels se sont joints au fil des ans et des albums Guillermo à la batterie et aujourd’hui pour ce sept!ème album Ben aux claviers.
Oui, vous avez bien lu. Piano et orgue font leur entrée officielle au sein de la formation. Et cela se sent tout au long de ce septième album.


Nous disions que ceux (et celles soyons inclusifs !) qui depuis maintenant un peu moins de vingt ans disposent des 7 albums peuvent être heureux car ils peuvent mesurer l’évolution de ce groupe teigneux et généreux. Du groupe initial qui fournissait un pub rock référencé (et aux nombreuses révérences aux maîtres du genres : Pirates, Dr Feelgood, Inmates, Nine Below Zero,…) et compact parfois pris sur le vif où les riffs saignants de Jacker, les courts soli d’harmo de Red, la section rythmique métronomique envoyaient du bois, se dessine progressivement un groupe qui conservant ses références, s’ouvre à d’autres influences toujours rock mais différentes Peut-être les participations d’autres membres de groupes invités en guests au fil des albums ont ouvert de nouveaux horizons à nos chiens fous (nous avons ici le souvenir d’un Make a choice swamp stonien en diable sur l’album no Covers). La production musicale sur plusieurs albums d’Al Scott a dû jouer aussi car on ne confie pas ses enregistrements à une oreille reconnue dans le milieu musical sans avoir quelques retours sur son travail collectif.

Une autre étape semble avoir été franchie avec ce septième album. Tout compris en terme de titre et de manifeste. Comme d’habitude, nos compères ont quasiment tout fait eux-mêmes. Ils ont confié la production musicale à Gary Bromham qui a déjà produit des albums de Nine below zero (on est dans notre élément) mais aussi de U2 ou de Bjork.
Revenons plus en détails sur ce septième album. Un beau jour dans la boite au lettre nous trouvons une enveloppe avec au dos l’adresse d’une personne et un petit sticker d’amnisty International.
Dans nos relations peu de membres d’AI mais quand même le contenu nous étonne C’est le dernier né de la série des Shaggy Dogs All Inclusive ! A la première écoute, nous sommes un peu désarçonnés ils sont cinq dorénavant et le petit nouveau n’est pas là pour la figuration !
Au bout de quinze secondes sur le premier morceau, les bases sont posées Orgue et piano à tour de rôle se mettent au diapason des autres instruments pour donner un morceau phare de l’album, Blues Steady où la construction basée sur clavier guitare fait mouche. A peine le temps de reprendre son souffle et sur Facebook Fury, Ben, le pianiste repart sur un boogie d’enfer pour essayer de délivrer les auditeurs de l’emprise Facebook;
Déjà bien secoués, nous nous retrouvons avec El dia de los muertos où les accents hispanisants nous ramènent plus de vingt cinq ans en arrière avec Willy Deville et ne dépareraient pas à coté de compos du dandy new yorkais.

Shaggy Dogs le 28/01/2016 au New Morning

le 28/01/2016 au New Morning – photo Miss Béa

 

Shaggy Dogs le 28/01/2016 au New Morning

Le 28/01/2016 au New Morning- photo Miss Béa

Si la salsa du spanish harlem est reposante nous sommes vite repris sur No Second Round dans un bon vieux rhythm and blues (en toute lettre pour ne pas confondre avec le moderne RNB). Suit Tired of It all où nous ne savons s’il faut admirer les super solis de guitare de Jacker ou les paroles de Laurent Bourdier qui officie encore sur cet album avec des lyrics qui mettent bien l’accent sur les maux de notre société en mettant des mots qui sonnent justes avec les musiques du groupe.
Retour à un jump rock échevelé (c’est bien le moins !) sur Watch Out. Et on attaque le très dansant Swingin’ High and Low où chacun y va à fond et qui devrait entrainer du monde à remuer du popotin (pour le moins) en public ; Chill Out arrive cool et nous nous laissons embarquer par la rythmique mi tempo, une nappe d’orgue, un riff de Jacker à la guitare et un break ou sonne l’harmo de Red et nous nous retrouvons à nouveau sur le mid tempo qui conclue ce morceau tout en retenu.
Arrive alors une intro que nous avons déjà entendu et viennent les paroles hommage à Link Wray, et Jacker se livre en quatre minutes à un medley réjouissant de riffs acid surf comme seul le compositeur de Rumble savait en balancer. En passant cet hommage à Link wray nous montre que nos ébouriffés ont d’autres références que celles du pub rock cités plus haut. Ils s’étaient déjà livrés à des hommages à Lee Dorsey ou à André Williams dans leur précédents albums, histoires de démontrer qu’ils restent définitivement difficiles à mettre dans une case.
Pas le temps de reprendre son souffle car nous revoici sur le dance floor pour un enchainement New York City puis Get Along de bonne qualité. Vient un Time to Go qui sonne comme l’ultime morceau d’un concert live. Mais c’est à un rappel que se livrent nos Shaggy Dogs avec une vibrante reprise de Mo Mo Do Yakamo des ….Dr. Feelgood et la boucle est bouclée !
L’auditeur reste pantois à coté de sa platine comme le spectateur le sera au pied de la scène.

Cet album est quasiment conçu comme la setlist d’un concert (au moins celle d’un set, soyons exigeant demandons en plus si nous ne pouvons pas demander l’impossible !) et nous désarçonne à la première écoute tant le son compact que nous avions l’habitude de reconnaître dans les productions précédentes semble aujourd’hui plus ouvert. Cela permet à chaque instrumentiste de se faire mieux entendre tout en donnant une inflexion plus aérée fort bien venue. Est-ce dû au producteur Gary Bromham ou est-ce l’introduction des claviers qui obligent nos compères à ouvrir leur rock à plus de rhythm & blues, qu’importe ? Ils ont toujours refusé les étiquettes et joué ce qu’ils voulaient.
Alors prenez la fusée Shaggy Dogs dès le 20 avril, jour de sortie de leur album. N’oubliez pas quand ils passent près de chez vous d’aller les voir. Des dates sont déjà programmées pour cet été ;

Profitez-en : tout est compris !

shaggy-dogs.com

facebook.com/shaggydogs

Serge Sabatié et photos Miss Béa

 

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