Roland Johnson, Imagine this !

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Roland Johnson • Imagine this (Blue Lotus Recordings)
Attention : chef d’œuvre ! Les superlatifs me manquent…
Roland Johnson, c’est avant tout une voix de velours, exceptionnelle par son grain, sa texture, son timbre, une voix chaude, sensuelle et habitée qui allie souplesse et puissance, parfaitement maitrisée en toutes circonstances. Roland Johnson, c’est aussi la classe à l’état pur, c’est un séducteur qui est toujours habillé avec élégance et qui dégage un charisme impressionnant sur scène même s’il est moins démonstratif qu’un Charles Bradley. Il nous propose sur ce CD « Imagine this » de la soul cuivrée à l’ancienne qui rappelle immanquablement le label STAX et Otis Redding.

Je pense que si on faisait écouter les morceaux de ce CD à l’aveugle, beaucoup penseraient qu’il s’agit d’Otis Redding ! Ce qui est le plus incroyable, c’est que ce CD n’est que son premier véritable CD alors qu’à l’image d’un Charles Bradley, Roland Johnson (même si je ne connais pas son âge) apparait plus comme un vétéran que comme un jeune espoir. Certes, il a bien sorti précédemment quelques démos anecdotiques faites à la maison avec de petits moyens mais qui ne reflétaient pas sa véritable valeur. Ce nouveau CD « Imagine this » répare donc une anomalie pour le moins incompréhensible.

Comment un artiste d’une telle qualité a-t’il pu rester aussi longtemps dans l’ombre, sans enregistrer et sans sortir de son fief de Saint Louis, Missouri ?

Mais, il faut bien reconnaitre que la ville de Saint Louis reste sous médiatisée et mal connue, beaucoup moins populaire (en particulier en France) que La Nouvelle Orléans, Memphis ou Chicago. Peut-être que le National blues museum ouvert en avril 2016 dans le centre de Saint Louis pourra y changer quelque chose ?

Car il ne faut pas s’y tromper, Roland Johnson n’a rien d’un débutant. C’est un chanteur très expérimenté et très actif, qui a l’habitude des grandes scènes des nombreux festivals blues & soul de Saint Louis, qui se produit deux fois par semaine depuis de nombreuses années au Beale on Broadway, club emblématique de Saint Louis. Il fréquente aussi régulièrement les autres clubs de la ville. Roland Johnson est d’ailleurs une star locale très appréciée et très respectée. Mais, curieusement, il n’en sort que très rarement (une programmation au festival « Seven nights to blues » à Saint André dans le nord de la France en janvier 2008 où la programmation est toujours pointue – bravo à eux) demeurant l’un des secrets les mieux gardés de Saint Louis (il y en a encore quelques autres comme Kim Massie, Marty Abdullah ou Renee Smith) mais sans doute plus pour longtemps ! Car ce CD « Imagine this » devrait lui permettre d’acquérir une dimension nationale et internationale. On peut imaginer qu’il sera dans les mois et les années à venir programmé dans les plus grands festivals de soul et de blues des deux côtés de l’océan Atlantique. Car ce CD est une vraie merveille, une pépite contenant dix titres qui sont tous des compositions originales qui ont le potentiel pour devenir de futurs standards.

On y trouve des titres courts (à l’ancienne) mais très efficaces, pas de solos interminables, des musiciens toujours au service de la musique et de la voix de Roland Johnson. Les morceaux parlent essentiellement d’amour et de relations homme / femme. Le titre d’ouverture très cuivré et très rythmé « Can’t get enough » (of your love) est d’ailleurs parfaitement représentatif, il ne dure que 2’41’’ mais d’une intensité remarquable. Il donne des fourmis dans les jambes ! « Sweet little nothings » et le titre éponyme « imagine this » sont de la même veine, rythmés et cuivrés. On découvre ensuite des ballades réussies (« mother », « Ain’t that loving you » et « Someone to love ») et surtout deux fantastiques duos avec la chanteuse Renee Smith (« promised land » et « Yours and mine »), une véritable rencontre au sommet de deux voix d’exception. C’est juste superbe !

Au niveau des musiciens, il faut noter l’omniprésence de Paul Niehaus (basse, batterie, keyboards, guitare) et Kevin O’Connor (batterie, keyboards, guitare, saxophone baryton). La section de cuivres est composée de Kellie Everett et David Gomez (saxophones). On retrouve Devon Cahill, Little Rachel et Jackie Teuber dans les chœurs, l’excellent Ethan Leinwand au piano sur deux titres et Phil Westmoreland sur un titre à la guitare. Au final, cela donne un cd intemporel à écouter absolument et à ranger à côté de ceux d’Otis Redding, Wilson Pickett, Sam & Dave et Eddie Floyd.

Aucune faute de goût à déplorer, la production est vraiment parfaite et je tiens à ce sujet à féliciter en particulier Paul Niehaus (co producteur du CD avec Kevin O’Connor et Roland Johnson) dont le rôle est primordial dans la qualité de ce CD. Le seul reproche que j’aurais à formuler concerne la photo de la pochette qui est floue. Je ne comprends pas le choix de cette photo, il y aurait eu sans doute beaucoup mieux à faire.

Si le CD de Roland Johnson risque d’être difficile à trouver dans les FNAC, ne vous inquitez pas, il est disponible sur internet :

https://itunes.apple.com/us/album/imagine-this/id1121447693

 

Jocelyn Richez

 

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