RESISTANCE : à Paris comme à New York, Chicago ou L.A !

Chronique de Bars et Café philo

RESISTANCE : à Paris comme à New York, Chicago ou L.A !
Ecrire ces temps ci sur la musique afro américaine est de plus en plus difficile tant la situation aux Etats Unis nous sidére. Que l’agent orange dénoncé aux Grammy Award soit à la tête de la première puissance du monde nous laisse abasourdis, sidérés et penchés un peu plus tous les jours sur les dernières nouvelles avanies d’Outer Atlantic Ocean. Un temps nous avons pu trouver drôle de prétendre que comme dans les années d’après guerre (vous savez celle que l’on a nommé la deuxième) nous pourrions accueillir tous les musiciens qui fuiraient leur pays.

Mais la réalité nous rattrape sans cesse. La société civile américaine nous montre le chemin à savoir la résistance. Résistance en érigeant des villes sanctuaires pour les émigrés. Résistance en ouvrant le pays et les aéroports aux ressortissants de pays soit disant musulmans (en réalité de pays où la Trumperie n’a pas d’intérêts économiques). Résistance lorsque des intervenants main stream lors de ces Grammy disent qu’il est temps que les artistes se mettent au travail.

Mais les meilleures résistances sont celles menées et clamées depuis des années par des artistes qui souvent n’occupent pas le haut de l’affiche médiatique. Nous n’en citerons ici que quelques uns très emblématiques. Et tout ceci est parfaitement subjectif puisque puisé au sein de notre discothèque !

Commençons par un poète afro américain déjanté et considéré par quelques rappeurs comme une de leur référence. Gil Scott-Heron, l’auteur de The revolution will not be televised ou de Winter in America aurait très certainement beaucoup à dire sur la condition des noirs américains aujourd’hui. Celui qui dénonçaient les ravages de l’alcool ou de la drogue (même s’il en usait et abusait) dans la communauté afro-américaine aurait certainement bien des choses à nous dire sur cet hiver qui plombe les USA depuis quelques mois. En tout cas certains ne s’y trompent pas et comme Gary Clark Jr. reprennent ses textes.

Deux autres sont blancs et depuis très longtemps engagés contre les pires aspects de la société blanche américaine. Nous ne nous étendrons pas ici sur leur vie et leur engagement.

Steve Earle qui depuis des années parsème ses couvertures de disques d’étoiles rouges, et de textes engagés voire provocateurs, qui a intitulé un de ses albums The Revolution Starts Now, a également combattu les idéologies anti immigrés et anti musulmans, portait lors de sa dernière apparition à Paris un badge de soutien à Bernie Sanders et ne manquera certainement pas d’évoquer prochainement ce que peut lui inspirer une telle situation.

En attendant lisez Ses deux bouquins traduits en français sous les titres de Les roses du pardon et Je ne quitterai pas ce monde en vie (Editions L’Ecailler). Cela peut aider à mieux comprendre pourquoi l’Amérique des délaissés ne se déplace pas pour des élections.

Tiens, encore un autre rocker songwriter qui dénonce et lui aussi depuis longtemps la situation sociale aux USA. Il s’agit de Willie Nile, ami de Bruce Springsteen avec lequel il a chanté sur scène et qui déjà en 1992 après l’élection de Bush père et durant la première guerre du golfe clamait Hard Time in America.

Et pour finir, évoquons Jeneda et Clayton Benally ces native american pratiquant un tribal rock quand ce n’est pas carrément du punk rock. Après des albums tels qu’Anthology of Résistance ou Silence is a Weapon sous le nom de Blackfire, ils poursuivent leur carrière sous celui de Sihasin et ont sorti un album Never Surrender qui démontre au delà du silence qu’il ne faut jamais baisser les bras.

Allez pour finir nous ne saurions trop vous conseiller de lire Howard Zinn Histoire populaire des Etats Unis (éditions Agone) ou à tout le moins de voir ou revoir le film d’Olivier Azam et Daniel Mermet Histoire populaire américaine du pain et des roses réalisé à partir du bouquin d’H Zinn.

Alors mettez vous, vous aussi, à former votre médiathèque de la Résistance à la Terumperie et après cela, anticipons et préparons ensemble nos propres résistances, car l’avenir chez nous aussi s’annonce sombre !

Serge Sabatié

 

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