Ray Cashman « Rough & Tumble South »

Les Disques

Ray Cashman – Rough & Tumble South – D Bomb Records
Ray Cashman n’est pas une découverte (son troisième album avec Jimbo Mathus « Texassippi Stomp“ s’était vu nominé en 2007 dans la catégorie album blues traditionnel aux Grammy Awards !) Mais, pour la première fois son dernier album est disponible et distribué en France. Ce Sud confus et joyeux que nous administre Cashman dans son cinquième opus est à la hauteur du personnage.
Vivant actuellement au Tennessee, Ray Cashman a pas mal bourlingué dans sa vie entre sportif de haut niveau, 3 ans d’armée, des tas de boulots dont charpentier à l’heure actuelle et une passion affichée dès son enfance pour la musique que pratiquaient de vieux bluesmen noirs que Cashman ne cessait de fréquenter dans son Texas natal.
Tout ceci permet de mieux comprendre les diverses influences que l’on retrouve dans cet album. D’entrée avec le très stonien (période Exile on…) Food Song, le mariage voix guitare n’est pas sans nous ramener dans les moiteurs des compos d’un Link Wray par exemple. Mais d’autres influences sudistes sont présentes : americana (Turn the key), blues rugueux (Devil & I, Nobody but You, Skin) que ne renieraient pas des Kenny Brown ou autres participants aux différents Hill Country Picnic tenus ces dernières années, country (Simple Life, Mudbugs) où l’on appréciera la participation d’Ollie Oshea au fiddle.
Soutenu par John Estes (qui n’a rien d’un endormi à la basse et au clavier sur Moving Fast) et Adam Verone (à la batterie que nous avions pu voir à la suite du précédent Muddy Roots Europe, à Paris en juin 2012) Cashman peut ainsi tricoter à l’aise aussi bien à la slide (Hollcomb Roll) qu’au banjo.

 


Photo:Miss Béa

 

A l’image d’autres artistes actuels du Sud profond (N.M.A. et autres filiations des grands noms du Hill Country), Ray Cashman mérite d’être enfin découvert par un public plus large. Rough & Tumble South après Texassippi Stomp (2007) et Snake Feast (2010) élargit les diverses approches de Cashman et devrait contribuer à mieux le faire connaître.

Le digipack est à l’image du contenu. Véritable petit patchwork photo de ce sud réel et mystifié où la photo intérieure est révélatrice. L’on y voit écrit à côté d’un diable rouge tenant une faux, sur une affiche plantée en plein champ probablement à l’entrée d’un patelin « Allez à l’église ou le Diable viendra vous prendre ! ”

Ah oui ! La distribution de cet album est assurée par Nayati Dreams

Serge Sabatié

 

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