Rainer Ptacek : l’illustre inconnu…

Anthologie

Illustre inconnu du blues, virtuose de la slide : voilà comment l’on pourrait définir Rainer Ptacek. Comment, ce nom ne vous dit rien ? C’est normal et parfaitement injuste ! Rainer, c’est pas du blues…
Voilà ce que vous diront la plupart des puristes. Et pourtant…Né en 1951, Rainer Ptacek immigre aux Etats-Unis avec sa famille à l’âge de 6 ans.

Dans les années 70, il s’installe à Tucson, Arizona, où il mène dès lors une vie paisible entre sa famille et son boulot de réparateur de guitares. Juste de quoi lui permettre de vivre sa passion, la musique, et le blues bien sûr, sous l’influence des grands noms, dont JB Lenoir.

Après s’être cassé le petit doigt, Rainer s’oriente exclusivement vers la slide guitare, mais enrichit considérablement cette technique en jouant certaines notes derrière le slide (voire en faisant des accords avec le slide…). Ses premiers enregistrements sont surtout électriques, notamment lorsqu’il joue dans le cadre du trio « Das Combo » ou avec d’autres musiciens de Tucson, avec « Giant Worm ». Ce dernier groupe constitue une véritable pépinière des fleurons de l’americana made in Tucson (« Giant Sand », « Calexico », Howe Gelb…).

Mais c’est en solo, avec sa vieille National Duolian ou sa vieille Dobro, que Rainer démontre le mieux son talent, talent apprecié d’ailleurs d’illustres connaisseurs comme Bill Gibbons (« ZZ Top ») ou Robert Plant (« Led Zeppelin »). Avec une totale liberté, il interprète compositions personnelles, reprises (J.B. Lenoir, Billie Holiday, Greg Brown, Willie Nelson, ou plus surprenantes, Stewie Wonder ou George Harrison…), met en musique la poésie noire américaine (Langston Hughes). Le tout, toujours dans un esprit d’inspiration plus ou moins proche du blues.

Son jeu de slide, agrémenté parfois de boucles réalisées « live » à l’aide de pédales delay, semble simple, voire simpliciste, mais recèle en réalité une richesse incroyable. J’ai eu la chance de le voir jouer à Paris, ce fut une expérience véritablement incroyable.

Rainer a eu la mauvaise idée de mourir d’une tumeur au cerveau en 1997.

C’est vrai, Rainer c’est pas du blues…c’était le futur du blues.

Discographie

Les disques de Rainer ne sont pas faciles à trouver en France, mais peuvent être commandés en ligne sur le site du label allemand Glitterhouse (avec plusieurs échantillons à écouter en ligne également).

  • « Live at Performance center » : s’il ne faut choisir qu’un seul disque. L’album résume à la fois son talent de musicien solo, de guitariste slide, et l’intensité de ses concerts.
  • « Worried Spirits » est sans doute son disque le plus « roots », le plus blues.
  • « Nocturnes » est un recueil d’instrumentaux enregistrés dans une chapelle perdue en plein désert : le résultat est suprenant et magnifique…de l’ambient-blues ?
  • « Alpaca Lips » est d’une diversité étonnante
  • « Texas Tapes » est un album électrique enregistré avec le soutien d’un célèbre guitariste barbu du Texas. Franchement, je n’apprécie pas trop ce son très années 80, mais les trois dernières pistes, acoustiques et solo, sont encore une fois superbes.
  • « Barefoot Rock » constitue son 1er album officiel, avec le trio « Das Combo » : une belle énergie blues-rock, voire blues-punk…
  • « The Farm » fut enregistré quelques mois avant sa mort. Très malade, mais nullement diminué dans son jeu, Rainer signe là son testament musical, éminament émouvant, mais peut-être à réserver déjà aux amateurs.

    Vleb

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