Philippe Grancher à l’Issy Blues Club – 10 février 2005

Les concerts

Ce 10 février au soir, la salle se remplit tranquillement et l’humeur est joyeuse. Dans les coulisses, Philippe Grancher est affable, amical. On blague tranquillement et il me présente ses deux acolytes : Clément Duventru son féroce Batteur. « Il joue avec moi depuis 25 ans…il vient des Caraïbes pour ça ! ». Clément, le regard doux, acquiesce en souriant. Il me présente Kim Yarbrough, un « Putain » de Bassiste new-yorkais, ancien bassiste de Screamin’ Jay Hawkins et de Bernard Allison, la classe quoi !

Sur le papier ça a l’air impressionnant mais ils ont l’air tellement tranquille que je me dis (à tort) que Philippe est un gars gentil qui aime bien mettre ses collègues en valeur… Si c’est le cas, la présentation ne se limite pas là car, nous attendions un virtuose et pour le coup, s’en sont trois et de classe qui se livrent à nous ce soir-là.
Philippe, après une courte présentation arrive tranquillement sur le plateau suivit de ses deux experts. Clément a écouté les consignes et il n’a amené qu’une batterie élémentaire sans toms. (La salle est petite et si les décibels se déchaînent…) Philippe leur tourne le dos. Le plateau est petit et le piano est tourné vers les coulisses de manière à ce que le pianiste soit plus au milieu et vu de nous tous. Qu’a cela ne tienne : Philippe a fait mettre un miroir sur le dos d’un baffle de la sono et surveille du coin de l’oeil ses compères.
Et ça y est c’est parti : le Phil Grancher trio va faire deux sets melting pot de standards et de compositions originales. C’est là un florilège du meilleur du blues avec quelques visites dans le Boogie Woogie et quelques hommages.
Les doigts courent et dès le premier morceau on se demande lequel des trois regarder d’abord. Ce sont trois virtuoses qui excellent particulièrement dans leur art. Philippe a un très solide bagage au piano et il nous régale d’un remarquable toucher extrêmement fluide. Ça parait si facile quand c’est lui qui sert les plats !
De suite Kim donne le la de son talent. Il possède un jeu particulièrement original, allant chercher régulièrement quelques notes du pouce de la main gauche, passant sans rupture du slap au taping et autres techniques particulières. Son jeu est extrêmement fourni et fluide. La richesse du jeu est remarquablement arrondie avec le phrasé fourni et sensible de Philippe.
Clément assure dans un premier temps et prend ses mesures avec une batterie réduite au minimum. Il assure grave, c’est sur !
Les morceaux s’enchaînent entrecoupés de courts commentaires et puis le ton monte. Philippe fait intervenir deux crossroadiens : Antony à la gratte et Michel à l’Harmo. En excellent pro, il les avait briefé à la pause. Il dirige de main de maître, lance et relance. Le son d’Alexandre est parfait est les lumières de Jérémie sont « tout à fait dans le ton »!
Philippe tricote les morceaux, sa voix chaude de baryton produit son charme. Le Pleyel offre tout ce qu’il a et Philippe en tire le maximum.
Puis Kim, seul en scène, nous régale d’un morceau solo surprenant de créativité et de qualité de jeu. Il nous sert une cathédrale du blues. Philippe revient et nous déclare « C’est le meilleur bassiste de blues en France ! » On ne connaît pas tous les autres mais on veut bien le croire.
Clément se la donne sur sa batterie minimale et je regrette d’avoir fait passer la consigne. Pourtant en quelques mesures il est parti et se joue des peaux et des baguettes. Qu’importe la limite quand la dextérité et la créativité sont là…
Philippe reprend la main et nous emporte à nous faire chanter et ça marche. Son jeu est chaud et vertueux autant que vertigineux. Il a du talent le bougre et tout ça comme si de rien n’était, le coude droit posé sur la cuisse pendant que l’autre tape la mesure. Le fourbe, ça parait si simple, si évident qu’on se demande si, après tout, c’est pas ça le talent !
Il faut bien une fin, et on la redoute tous dans ses moments là. Après quelques rappels, le trio infernal conclue enfin. Je ne parts pas sans acheter son dernier CD…
Et vous savez qui joue avec lui dessus… comme seconde guitare…?… Fred Chapellier himself !!!
Et bien les amis, le monde du talent est un petit monde où tous se retrouvent, et nous, on a eu la chance d’avoir été sur leur passage !!!
Surtout surveillez ces noms qui sont passés au CROSSROAD ! Ces lascards se connaissent tous ! Serait-ce la même tribu du diable ?

à bientôt,

Jean-Marc SAURET
CROSSROAD – L’Issy Blues Club Voir aussi :
– les photos du concert sur le site de l’Issy Blues Club
– le site de Philippe Grancher

 

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